‹ Le siège, la prise et le sac de Constantinople par les Turcs en 1453. Septième éditionChapitre 2 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

En dehors de quelques ouvrages sommaires, il n’existe pas de livre écrit en français donnant le récit détaillé du fameux siège de Constantinople par les Turcs en 1453, qui marqua l’agonie suprême de l'empire byzantin vieux de mille ans et plus. J’ai essayé de combler cette lacune en un moment où tout ce qui touche à l’antique héritage des successeurs de Constantin le Grand et à l’histoire de la péninsule des Balkans intéresse si vivement l'opinion publique. Sir Edwin Pears a publié en anglais, en 1903, un livre excellent sur ce grand événement. Je n'ai pu que le suivre pas à pas et le citer bien souvent. Je me suis surtout attaché à écrire la chronique pour ainsi dire journalière du siège, en reproduisant textuellement les principaux récits des témoins oculaires et des historiens contemporains ou presque contemporains les mieux informés. Je me bornerai à citer, parmi les plus importants de ces récits, ceux du Vénitien Barbaro, du cardinal Isidore, de l’archevêque Léonard de Mytilène, du Grec Critobule. Ces narrations parfois journalières de ces presque deux mois de siège, combinées avec celles des chroniqueurs byzan-

Il LE SIÈGE ET LA PRISE DE CONSTANTINOPLE

tins Phrantzès, Dukas et Chalkondylas, nous permettent aujourd'hui de suivre presque d'heure en heure les péripéties angoissantes de ce drame extraordinaire. J'ai consulté également les historiens turcs et slavons. Je crois que mon livre contient à peu près tout ce qu'on connaît actuellement de plus important sur cet événement si fameux.

La prise de Constantinople par les Turcs au mois de mai 1453 est un des plus grands faits de l’histoire du monde, qui a eu sur les destinées de l’Europe une influence prodigieuse. Il a donné la suprématie aux Turcs en Orient pour des siècles. Il a été pour la race hellénique ta catastrophe suprême jusqu’à la résurrection magnifiquement inaugurée dans la première moitié du siècle dernier, si brillamment parachevée en celuici. Cet événement a failli changer définitivement le cours de l’histoire. Il fut à tel point extraordinaire pour cent raisons diverses, aussi parce que ce fut le premier grand siège gagné par l'artillerie, arme très nouvelle à cette époque, que l’érudition a fait de cette date fatale des mois d'avril et de mai 1453 la date auguste qui clôt le moyen âge et marque le début des temps modernes.

Le siège de Constantinople a mis en relief le génie du très jeune sultan Mahomet, âgé de vingt-deux ans à peine, et la vaillance de ses magnifiques soldats. Mais il demeurera fameux surtout jusqu'aux siècles des siècles par le courage admirable des quelques milliers de braves, Grecs surtout, aussi auxiliaires italiens, qui défendirent jusqu’à leur dernier souffle, à travers des fatigues infinies, durant près de deux mois, contre un ennemi plus

de vingt fois supérieur en nombre, contre les premières

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