VII. — LES QUESTIONS MIXTES
Voici un exemple de cette méthode ; à Jules
fraternité, Marc Sangnier répondait victorieument :
M'adressant à tous les positivistes, à tous les matéstes, à tous les athées, les antichrétiens, je leur ande d’où leur vient cette idée que, d’une certaine on, les hommes se valent tous les uns les autres, brs que, cependant, la science nous les montre si disblables physiquement, intellectuellement et moraent ?
Mous les hommes. sont frères. Pourquoi cela ? Comnt avons-nous pu nous élever jusqu’à une idée si ge, je dirais volontiers, si peu expérimentale ? Cerins vieux philosophes, insinuent quelques-uns de nos ersaires, sont arrivés à concevoir quelque chose d’analogue à cette fraternité évangélique. Quant à moi, je le crois guère. Mais sans entrer dans un long débat, ment ne pas constater l'étrange conception que se ient de la liberté les républiques anciennes chez l'esclavage de la masse des prolétaires rendaït seule ible, l'épanouissement de la liberté de quelques ilégiés ?
on ; on aura beau chercher partout, questionner les loires de tous les peuples disparus ; on ne trouvera part rien de semblable à cette force si humaine et vine, à la fois, de la charité chrétienne, de cet
r se communiquant à tous parce que tous sont : LE SILLON. — 7
appelés à la même vie souveraine, puisque c* tous que le Christ s’est livré et à répandu son. Or, si vous considérez l'influence du christian dans la société, il est impossible de ne pas cons qu'il a adouci les mœurs barbares des premières ques ; il est impossible de ne pas voir que, s'il est fa de dire que le christianisme a supprimé radicaleme l'esclavage (le christianisme ne pouvait pas le ai parce qu’il n’est pas un parti social, ni une école," une organisation politique), le christianisme a cependa développé dans l’âme des chrétiens une telle fraterni morale que l'esclavage est devenu bientôt une imp bilité et que les sociétés chrétiennes l’ont rejeté de le sein comme un organisme vivant rejette un étranger qu’il ne saurait assimiler. » (x)
Les Sillonistes n’ont jamais réclamé | aucun monopole ou investiture qui
puisse obliger d’autres catholiques à
Fr
marcher avec eux.
Pour toutes les raisons qu’on vient de lire, k Sillonnistes estiment donc leur position légitime
ils croient faire œuvre utile pour le pays; le action sur le terrain des contingences civiles“
politiques leur semble avoir la plus heureus
(1) Marc Sangnier. Christianisme socialiste ; tract ro 9 mars 1905 ; p. 31 et 32.
VII. — LES QUESTIONS MIXTES 09 ercussion religieuse, et c’est ce qu’ils veulent, r la cité terrestre ne les intéresserait plus si e devait être fermée au Christ et à son Eglise,
“ur cœur s’efforcer d'agir toujours en vrais ptholiques, il ne leur est pas permis de placer leurs méthodes, si opportunes qu’elles leur
araissent, sur le même plan que la grande action
de l'Eglise, de demander des monopoles, ni de prétendre que tous les catholiques de France
oient obligés de travailler avec eux à l’instaura-
tion du régime républicain démocratique.
“ Dans l'ouvrage intitulé Le plus grand Sillon, Marc Sangnier a bien dépeint cet état d’esprit
i est celui de tous ses collaborateurs :
e Nous voyions, dit-il, dans le catholicisme non seunt une vérité religieuse théorique, mais une vie ue nous expérimentions chaque jour. La religion divine laquelle nous appartenions était bien ce que nous ions de plus cher au monde : nous y étions attachés par tradition et par routine, mais par les fibres * plus intimes et les plus vivantes de nous-mêmes, et ais nous ne nous sentions plus forts, plus résolus à ulever le poids du monde méchant et à donner nos
avec Jésus qui vit dans la retraite pr du humble pans et ss descend dans nos cœurs.
d'imposer à qui ee ce soit, au nom du cstholicuel conceptions démocratiques particulières auxquelles goûts et l'expérience devaient nous amener à nou arrêter, pas plus que nous ne repoussions la co ration de ceux qui, sans être assez heureux pour vi de la même vie religieuse que nous, voulaient cependar eux aussi, « aller au Vrai avec toute leur âme croyaient à la justice, dont le cœur était tourmenté pa un besoin de fraternité et auxquels nous étions tenté d'appliquer cette parole de Pascal : « Tu ne me che cherais pas si tu ne m'avais déjà trouvé. » (1) 4 Aussi, à un moment où le Sillon jouissait dell plus grande faveur auprès du Clergé de Franc . . . . ? no; ainsi qu’au Vatican, Marc Sangnier, en té gnant la plus vive reconnaissance pour les encou ragements du Pape et des Évêques, ajoutaït ce tte
déclaration expresse : “4
Le Sillon « ne saurait évidemment demander » “a Pape et aux Evêques « ni investiture, ni patronage off ciel, le terrain particulier sur lequel il travaille le’ U défend. » (2) Ne:
Le 11 septembre 1904, en présentant à Pie )