X. — LA HIÉRARCHIE ECCLÉSIASTIQUE
Sangnier et ses amis croient qu’aujourd’hui plus que jamais, leur action sur le terrain civique doit se faire sous le contrôle et non sous la direction immédiate de la hiérarchie sacrée, c’est-à-dire “sans engager la responsabilité de celle-ci. Ils savent que cette conduite est d’ailleurs conforme aux principes catholiques.
Mais cela veut-il dire qu’ils entendent vivre mignorés de leurs Evêques ? — Non, bien au conpure: ils veulent en être connus et comme Sillonnistes et comme catholiques :
Comme Sillonnistes, ils ont sans doute une action “temporelle à exercer,mais cette action a une réper- -cussion religieuse très réelle, (1) c’est un fait. Si donc ils doivent prendre eux-mêmes l’initiative des réunions publiques ou privées par lesquelles ils cherchent à atteindre l’opinion pour réaliser le travail d'éducation civique destiné à rendre possible la République démocratique, — ils souhaitent ‘ardemment que leurs groupes soient en contact très suivi avec des prêtres approuvés par l’autorité ecclésiastique. Dans bien des diocèses, les
(x) Cette répercussion religieuse a été signalée dans divers ndroits du présent ouvrage et notamment au chapitre 1v.
prêtres non seulement donnent des soins sp tuels individuels aux Sillonnistes: me s'occupent des groupes eux-mêmes tant compléter l'instruction religieuse de leurs me bres, que pour veiller à la pureté de la doctrin dans l’étude de toutes les questions où le temp touche au spirituel. Ces prêtres ont # l’influence qu'ils veulent; quand ils s’occup d’un groupe pendant quelque temps ils en devi nent l’âme. Quand ils manquent, leur absence laisse un grand vide : au lieu du commen vivant que le prêtre ferait de l'Évangile au com mencement de la réunion, on doit se contenter la simple lecture d’un livre d’évangile annot c’est à la simple lecture d’un bon livre égaleme qu’on se trouve réduit par tout ce qui est prop | ment entretien ‘spirituel, et c’est déjà une gr: lacune ; mais il peut arriver pis encore : en
tains endroits, par scrupule religieux, les bres d’un cercle n’osent pas même faire cette l ture en commun, craignant d’empiéter sur.
domaine réservé à l’action sacerdotale, et cela va pas sans détriment pour la vie chrétienne
le groupe. Aussi, partout où ils sont privés
“lui feront pas; elle lui appartient et c’est son Mévêque seul qui peut dire ce qu’elle doit être. (1) ) Comme catholiques surtout, les Sillonnistes ne veulent pas être ignorés de leurs évêques. Catholiques avant même que d’être Français, (2) 1ls L font passer en première ligne leur devoir d’en- Miants de l’Église. S'ils ont refusé de suivre comme chefs sur le terrain religieux des laïques “qu'aucune consécration divine n’imposait à leur confiance, c’est précisément parce qu’ils croient, comme l’Église l'enseigne et comme leur Président l’a tant de fois répété, que l’unité religieuse ne peut se faire qu’autour des seuls Pasteurs. Ils ne disent pas : « De l’Action libérale, de l'Action rançaise, du Sillon et de tous les autres groupe-
» (x) Il y a quelques années, des prêtres ont quitté certains groupes sillonnistes ; mais je tiens à rappeler ici que les diffcultés qui ont occasionné leur départ ont été connexes avec une crise que le Sillon traversait alors et dont ces prêtres ’étaient nullement la cause. Sans cette crise qui a tout compliqué, je crois fermement que les difficultés auxquelles j'ai fait allusion auraient été facilement aplanies. (Note de l’Auteur.} (2) C£, p. 89 :t sur. : Catholiques avant tout.
ments on devrait faire une fédération … que ». — Non; cela au contraire, c’est la mo
l’unité catholique, car les groupements existe à cause de leurs différences, et ces différen font que les groupements en tant que gro ments, ne peuvent que s’opposer. Mais si est catholique, peu importe qu’on soit royali républicain ou bonapartiste, on est fils de l'Ég et l’on combat sous les ordres de son Évêq Dans l’union des catholiques autour des teurs, les groupements dont la raison est d’ordr spirituel — tels les tiers-ordres et les confréries peuvent rester formés cela se conçoit; mais groupements dont la raison est d’ordre tempo doivent disparaître en arrivant sur le terrain. l’union catholique et livrer leurs individus a chefs ecclésiastiques qui les grouperont com ils l’entendront.
C’est pourquoi, dans le dernier Congrès natio nal comme dans les précédents, la recommant tion du Sillon à tous les camarades était de p
non comme Sillonnistes, ce qui supposerait
tendances particulières ; mais comme bons cat}