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Le silo et le pâturage [microforme]

“ Nos hivers sont si longs ; sept mois les bêtes à l’étable.” Voilà ce que nous répond souvent notre cultivateur quand nous lui conseillons d’avoir plus de bétail. Il lui faut bourrer ses granges et les faire grandes: il s'arrête et se décourage devant sa tâche.

Si nous pouvions venir quelque peu à son secours.

ie Je sais, messieurs de l'association, qu’en exerçant votre industrie,

% votre Motto est, en résumé, celui-ci. ‘“ Multiplier le bétail, en amé- Viorer la race, la conserver par une noeurriture toujours saine et abondante.

Nous avons constaté les bons résultats obtenus par votre associaton et nous avons tous hâte que l’exemple que vous donnez se propage de proche en proche pour semer partout le confort et la pros-

rité.

Ph observations aujourd’hui n'auront peut-être rien de nouveau ur la plupart d’entre vous. Vous êtes au courant de la question ont je veux m'occuper un moment avec vous. Mais nos auditeurs

ne sont pas seulement ceux que peut contenir cette salle, Quelqu'un

profitera peut-être de ce que nous avons déjà appris nous-mêmes.

Je me propose ‘de discuter avec vous la manière dont nous pouvons, au moyen de cette plante, bienfait du ciel, trésor de l’agriculture, le

” blé d'inde, le maïs, continuer pour ainsi dire et prolonger jusque dans nos longs hivers, ces hivers dont on se plaint, nos gras patu-

; rages de l'été : mettre de côté, en réserve, pour tout l'hiver, de la

à bonne herbe verte quisera consommée par nos bestiaux tout comme

si elle venait d'être fauchée : qui donnera au beurre d’hiver la saveur

du beurre de l'été, du heurre de l'herbe,

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Tout cela en diminuant les travaux de la ferme de ce qu’ils sont aujourd’hui ; en étendant la superficie laissée en paturage, mais réduisant celle consacrée aux céréales.

Vous avez tous cultivé le blé d'inde en vert, pour sa tige et ses feuilles comme fourrage. À

Quand il appréhende une année sèche, quand il prévoit que son paturage va lui manquer, vous savez que le bon laitier qui ne veut pas voir ses vaches tarir tout-à-coup et rentrer maigrcs à l'automne dans son étable, s’empresse, aussitôt les jours de gelée passés de semer son morceau de blé d'inde en vert.

I choisit un bon morceau, fertile, fumé et labouré à l'automne, il le laboure de nouveau profondément et en travers au printemps, le passe au bouleverseur, le herse, le roule, trace des sillons à la charrue double à trente pouces de distance, puis sème son maïs à un minot de l’arpent.

Il plâtrera aussitôt que levé et une ou deux fois plus tard. IL tiendra le champ bien sarclé jusqu’à ce que ies plantes couvrent. tout le sol.

Aussi voyez s’il a une récolte. On croirait qu’un cavalier peut. s’y cacher tout monté. Quelques plantes ont onze et douze pieds, la moyenne, huit pieds.

C’est un champ comme celui-là que je vais tantôt vous proposer d’engranger d’une certaine façon qui s’appelle l’ensilage. Si la récolte a été assez bonne un arpent nourrira sept bêtes durant six mois d'hiver. Voilà que celui-ci serait sérieusement entamé. Aux Etats- Unis on a nourri avec le produit d’un arpent quatre bêtes durant une année. A part le maïs, laquelle de nos autres récoltes pourrait en faire autant ? Betteraves, carottes, trèfles, tout est distancé.

Mais n’anticipons pas: retournons un moment à notre intelligent. laitier.

Vous faites bien le beurre et le fromage vous, messieurs de l’association, mais voyez donc comme lui sait faire le lait.

Quan 4 l'herbe se fane, que le soleil chauffe ses paturages, que la grise ou la caille ne remplit pas sa chaudière auiant que d'habitude malgré les efforts consciencieux de Josephte, il va à son champ de maïs vert, en porte libéralement à son troupeau. Il agira de la sorte tant que son pue ne se conduira pas mieux, et il se rendra même ainsi jusqu’à l'hiver s’il le faut, et son bétail prendra l’étable gras, en bon ordre et en lait. Il n’aura pas à dépenser tout ce qu’il vaut ou tout ce qu’il a pour rendre la chair à des bêtes qui l'ont perdues au mauvais paturage. Elles seront moins dures d'entretien et sa grange toute ronde ne leur passera pas dans le ventre.

Mais voici que notre homme va avoir ses tribulations. Son champ de maïs vert lui a donné, il est vrai, entière satisfaction tout l’été. I1 a vu les tiges s’allonger démesurément et faire parler d’elles dans l'endroit. Il a attendu que les premières gelées blanchissent le bout des feuilles supérieures pour abattre la récolte, du moins et qui lui en restait après avoir été toute la dernière partie de l'été au

secours au paturage. :

La voilà sa récolte bien liée en longues bottes. Comment va t-il

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la conserver? Voilà la question. Il ne peut mettre au fenil, ça va

chauffer. Mettre en quintaux dehors r’est livrer la récolte aux

mulots et aux rats des champs, et après les dégels, le maïs va

en dans la glace et on ne pourra avoir la partie inférieure que ien détériorée et au printemps encore.

Il se décide pourtant, il met en faisseaux dehors, non loin de son étable. L'hiver s’avance.

Tout comme il craignait, les mulcts font ravage et le pied des bottines est de dix-huit pouces dans la glace. Il tranche à la hache

our les porter à la grange. Un jour de grand froid, voulant utiliser e temps pendant lequel il ne veut pas se risquer dehors avec ses sn A il passe par le coupe-paille une bonne partie de cette récolte.

Le maïs est là, tranché dans la grange où il fait froid comme. dans une grange. Cela n'empêche que son maïs en tas ainsi tranché chauffe de la belle façon, et 1l a beau l’étendre à six ou huit pouces d'épaisseur par tout l’espace à sa disposition dans sa grange; ila beau en être prodigue avec ses bêtes, Il ne peut tenir tête à la fermentation et il perd une partie de sa récolte.

Voilà le moment, n'est-ce pas, où nous pouvons être utile à ce brave laitier et lui conseiller à lui aussi le silo. Alors, il doublera l'étendue de son morceau en maïs vert. Il en aura pour l'été et pour l'hiver. S'il a vingt-quatre vaches, il en fera quatre arpents pour sa provision d'hiver et une certaine étendue en sus pour l'été comme supplément au paturage s’il en est besoin.

E, la construction d’un silo n’est pas la mer à boire. Parlons-en de suite et pour le profit de notre laitier et pour tous ceux que ça pourra intéresser.

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