SCÈNE
SAINTE-AIIARANTIJE.
Vous ne l’êtes pas, cela suffit. Un homme comme vous, marié et pas par moi... je ne me serais jamais consolé...
MARTINEAU
Il faudra pourtant bien que vous vous en consoliez.
SAINTE-AMARANTHE, tirant son carnet.
J’ai apporté sur moi des échantillons choisis... inutile de dire que je ne vous parierai que de ce que j’ai de mieux. J’ai là un assortiment complet de vertus bourgeoises... tout ce qu’il y a de plus solide comme vertus bourgeoises. Mais monsieur a le droit d’aspirer à mieux que cela, je lui proposerai tout de suite quelque chose qui est plus à la mode...
MARTINEAU
Ah I il y a quelque chose qui est plus à la mode que les vertus bourgeoises?
SAINTE-AMARANTHE
Assurément, monsieur.... Mais laissons de côté la bourgeoisie... et arrivons à la plus haute noblesse.
MARTINEAU
A la noblesse ?
SAINTE-AMARANTHE, tirant de sa poche nn paquet de photographies.
Non, ce n’est pas ça, la noblesse... c’est la série des veuves de province... de cinquante à soixante ans... Tenez, j’ai là sur moi une comtesse moldave... Elle m’a parlé de vous.
MARTINEAU, dallé.
Une comtesse!... unecomtesse!... C’est beaucoup.
SAINTE-AMARANTHE
Nullement. Un homme comme vous a le droit de prendre les choses d’un peu haut.
MARTINEAU
D’un peu haut?... C’est une plaisanterie, cela...
SAINTE-AMARANTHE, 86 fouillant.
Où diable ai-je fourré ma comtesse?... (Trouvant la carie.) Ah! la voici!... (La lui présentant.) La comtesse monte à cheval comme un ange... et elle joue la comédie... comme la première figurante venue... Voici la carte.
MARTINEAU, la prenant.
Son adresse?
SAINTE-AMARANTIIE.
Non pas... sa photographie. « Turquet operavit !... »