‹ Le Singe de Nicolet, comédie en 1 acte, mêlée de chantsChapitre 32 sur 35 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

(l’aller elle? moi.'. (Allant s’asseoir an bnrean.) Des plumes, de l’encre... vite !

MARTINEAU

Tu vas me dire...

BOISGARNIER.

Tout ce que tu voudras... mais plus tard... Cent lignes avant tout... cent lignes sur ton successeur.

MARTINEAU

Mon successeur ?

BOISGARNIER.

Eh oui, le danseur à une jambe... Est-ce que tu n’en as pas entendu parler?... Tout le monde eu parle cependant.

MARTINEAU

Comment ! j’ai déjà un successeur , et ce successeur, c’est...

BOISGARNIER, so levant.

Certainement... Ne l’ai-je pas dit que ce qui faisait l’éternel succès du singe de Nicolet, c’était la rapidité vertigineuse avec laquelle il changeait de forme?

MARTINEAU

Je les ai lus, tes journaux. Personne ne parle de moi.

BOISGARNIER.

Eh bien ?

MARTINEAU

Rien, rien ! Pas une ligne sur moi, pas un mot 1

BOISGARNIER.

Et pourquoi, diable, veux-tu qu’on parle de loi ce soir ?... On en a parlé ce matin. Paris n’aime pas toujours parler de la mémo chose. Tu as eu ton jour... tu as été, lu n’es plus I Tu es fini !

MARTINEAU

Et loi qui me promettais de la célébrité...

BOISGARNIER.

Je t’en avais promis... tu en as eu... je t’en ai donné pour uu sou... Je ne pouvais pas t’en donner pour un million I

MARTINEAU

Et je le dis, moi !...

BOISGARNIER.

Tu me dis ?

‘ Doisgarnicr, Martineau.

MARTINEAU

Je te (lis que je ne suis pas fini... je te dis que je suis toujours ic singe... (Se roprenam.) l’homme à la mode.

DOISGARNIEn.

Je IIC crois pas, mon ami. (Entra Casimir parle fond.)

CASIMIR*

Dos lettres pour monsieur. (U lai donne de» lettres et sort.)

MARTINEAU, & Boisgarnier **.

Ah ! tu vas voir !

BOISGARNIER.

Nous allons voir 1

MARTINEAU, lisant la première lettre.

« Monsieur, je vous annonce que la comtesse... » (s’interrompant, h Boisgarnier.) llcitl t... line Comtesse !... (Continuant do

üro.) « Que la comtesse refuse énergiquement de devenir votre femme. »

BOISGARNIER.

La comtesse?...

MARTINEAU

Une comtesse moldave qui voulait m’épouser.

BOISGARNIER.

Maintenant elle ne veut plus... Je te disais bien... fini !

MARTINEAU, regardant l’autre lcltro.

Ab! je reconnais le cachet... c’est de la petite actrice... celle qui m’a dit : A ce soir...

BOISGARNIER.

Ah! il y a une petite actrice qui t’a dit...

MARTINEAU

Oui. (Lisant.) « Mossieu, ne venez pas ce soir, je vais voir le danseur à unefjambe, et puis, quand vous me rencontrerez, ne m’ôlez pas votre chapeau, je ne vous le rendrais pas... »

BOISGARNIER, riant.

Eh bien 1 te voilà brouillé avec l’actricel... Il fallait profiter de ton heure.

MARTINEAU, désespéré.

Je ne pouvais pas... il y avait là... un prince russe,., un homme superbe...

BOISGARNIER, accent russe.

Oh 1 alors, donc... s’il y avait déjà un Russe, mon cher...

‘ Boisgarnier, Casimir, Martineau.

" Boisgarnier, Martineau.

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