SCÈNE XIX
MARTINEAU, LOUISE, puis CASIMIR et MADAME DELAUNAY puis BOISGARNIER.
MARTINEAU, allant h Louise.
Louise !
LOUISE
J’ai été fort étonnée, quand le bruit a couru que vous étiez devenuungrand homme; j’ai été encore plus étonnée lorsque ma tonte m’a fait entendre que vous ne m’aimiez plus, et que ce mariage annoncé à nos parents, à nos amis, ne se ferait pas. J’ai profité d’un moment où ma tante était sortie, et je suis venue avec Annette vous demander si tout cela était vrai.
MARTINEAU, ému.
Mademoiselle...
LOUISE, tranquillement.
Attendez... je n’ai pas fini... Ma tante a eu bien raison de vous dire que, pour être contenus, mes sentiments n’en étaient pas moins d’une violence... Ils éclatent aujourd’hui, mes sentiments... Je vousaime, monsieur, oui, je vous aime!
’ Boisgarnier, Casimir, Martineau,
** Casimir, Boisgarnier, Martineau.
MARTINEAU
Ma chère Louise!
LOUISE
Attendez, je n’ai pas fini... Si vous saviez mes rêves, mes espérances... Notre bonheur, je ne pensais qu’à cela... Depuis trois mois je travaille à de grandes tapisseries pour notre chambre... J’ai déjà fait les deux fenêtres avec des lambrequins et un baldaquin pour le lit... je n’ai plus à faire que deux fauteuils...
MARTINEAU, arcc amour.
Oh! un seul suffira.
LOUISE
Je me disais : Nous appellerons nos deux premiers petits
! garçons Marcel et Fernand, et nos deux premières petites illes Louise et Gabriclle...
MARTINEAU
Nos deux premiers petits garçons ! Nos deux premières petites filles !...
LOUISE
Attendez... je n’ai pas fini... Ma perruche... vous savez, ma petite perruche verte... eh bien, en secret, je lui ai appris votre nom... elle le dit très-bien... (imitant ta perruche.) Bonjour, Alfred... Alfred, mon ami... Vous voyez bien qu’il faut que nous nous mariions... ou je suis condamnée à rester fille... (Sonnant.) à moins que je ne trouve un autre Alfred.
MARTINEAU
Oh! non, Louise, ma chère Louise I... Ne cherchez pas d’autre Alfred, je vous aime toujours, et ce mariage se fera!...
CASIMIR, entrant par le fond *.
Mademoiselle, voici madame Delaunay. (n sort parta droite,
madame Delaunay entre par te fond.)
LOUISE, allant à sa tante **.
Oh! ma tante!
MADAME DELAUNAY, A Louiso.
Quant à toi, Louise, je te pardonne... Depuis longtemps je connaissais la violence des sentiments que tu t’efforçais de contenir... Cepeudant ce mariage ne se fera pas.
Oh! madame...
• MADAME DELAUNAY, à Marliaean.
Le refus ne viendra pas de moi... il viendra de vous...
■ Martineau, Louise, Casimir. •
“ Martineau, madame Dcluiinay, Louise.