TROIS VOIS CHEZ LES OUVRIERS DE FABRIQUE
Après les théories et les programmes, il importe de se rendre compte de l'esprit des ouvriers. — Courageuse expérience d'un candidat en théologie : M. Goehre se fait peuple pendant trois mois. — Excellence de celte méthode qui consiste non à enchaîner des raisonnements, mais à observer des faits; une expérience partielle n'est pas toutefois concluante. — M. Goehre à Chemnitz 161
I. Situation matérielle et économique des ouvriers de Chemnitz. — Influence prépondérante des conditions maté* riclles sur la vie morale. — Les salaires à la fabrique.
— Insuffisance des logements; promiscuité. — Les Schlafbursche . — Circonstances destructives de la famille. — Communisme réel 164
II. Le travail dans la fabrique. — Variété des tâches. — La journée de travail. — Discipline. — Gaieté à l'atelier.
— Les contremaîtres, le haut personnel 167
III. Agitation de la démocratie socialiste» — Comment est organisée la propagande. — Les réunions publiques. — Importance dos associations électorales \ formes parlementaires de ces assemblées. — Les unions de métiers.
— Les cabarets. — Les journaux comiques illustrés. — Les fêtes socialistes. — Propagande secrète à la fabrique :
les meneurs; terrorisme occulte 170
IV. Sentiments politiques et sociaux des ouvriers. — Causes générales qui rendent l'ouvrier prussien et saxon accessible aux arguments et à l'attrait de la propagande socialiste. — Les chefs suivis aveuglément, hien que leurs idées ne soient comprises que par une minorité infime,
et que les ouvriers désirent plus la propriété privée que la propriété collective, et donnent plus d'importance aux réformes pratiques qu'aux promesses révolutionnaires. — Malgré l'internationalisme officiel, hostilité contre les ouvriers étrangers. — Le militarisme. — Guillaume II favorablement jugé. — Plaine contre le prince de Bismarck. — La majorité ne songe nullement à une révolution sanglante 175
V. Culture et christianisme. — Le socialisme repose sur une nouvelle conception du monde. — Éducation faite parla littérature socialiste. — Marx, Darwin et Bûchner. — Bibliothèque d'un menuisier berlinois. — Confusion et insuffisance de cette demi-culture; opinions philosophiques et religieuses 182
VI. Mœurs et moralité des ouvriers. — Chez certains rêveurs le matérialisme aboutit à l'idéalisme. — La variété des mœurs lient au naturel plus qu'à la doctrine. — Opinion sur le vol. — L'alcoolisme. — Ouvriers viveurs. — Les salles de danse et la conclusion obligée. — Corruption précoce. — Mariages prolétaires. — Triste condition de la femme. — Les ouvriers entre eux* : solidarité politique; jalousie, rivalités. — Haine des riches. — Le travail musculaire seul estimé. — Bonnes et mauvaises qualités déterminées par les circonstances matérielles.. 189
Conclusion. — Le mouvement ouvrier n'est pas seulement d'ordre économique; il se rattache aux progrès de la science contemporaine; il a la force d'un élément. — Confiance de M. Goehre dans le socialisme chrétien. — Difficulté de ramener les ouvriers des villes au christianisme; ils ne s'en affranchissent que pour tomber dans le rêve insensé du socialisme 195