OPPOSITION DE VOLLMAR
posés, et qui ne prit fin qu'au Congrès de Gotha en
Vollmar s'est posé en partisan de l'évolution lente. Avec une ironie méphistophélique, il a pris surtout à partie son ancien ami Bebel, il Ta tourné en ridicule, il le montre toujours prêt à déployer le drapeau du prophète, il le peint sous les traits d'« un extatique », doué d un optimisme imperturbable, plein de foi dans les livres sibyllins, toujours prêt à suivre des fantaisies et des feux follets, annonçant comme prochaine la société de l'avenir 1 , répétant sans cesse qu'une grande guerre européenne est imminente, et qu'après cette guerre, les peuples indignés de cette boucherie en masse, ruinés par la banqueroute générale, prendront en main leurs destinées et que, dans cette grande symphonie des peuples, la démocratie socialiste jouera le premier violon \ Vollmar blâme ce constant appel non précisément à la force, mais à l'impatience, au mécontentement des foules. One guerre selon lui amènerait au contraire une exaltation de la pensée nationale qui ne tournerait point au profit du socialisme. Que seraient d'ailleurs pour le parti un succès immédiat, une réalisation prématurée de ses buts? rien autre chose qu'un épisode de l'histoire d'Allemagne comme a été la Commune en 1871, avec les folies, la défaite et les représailles. Pour la politique intérieure , Vollmar recommande de même la prudence qui a toujours été si favorable au parti, la modération, le parlementarisme, les conquêtes partielles 3 . Il ne veut pas que le