Dei' Sozialdemokrat, 7 septembre
Il en fut de même desmesures de répression qui furent prises contre le socialisme révolutionnaire en 1885. . Un calme relatif suivit l'année 1885. Il doit être attribué, sans doute, en partie aux mesures de répression , mais deux autres causes y ont puissamment contribué. D'abord, la scission des socialistes autrichiens en anarchistes et en collectivistes modérés paralysa l'action de ces derniers. Puis un grand nombre d'adeptes du parti socialiste suivit avec intérêt les efforts faits par la législation pour amener ramélioration du sort des ouvriers. Ces efforts étaient dus principalement à l'initiative des conservateurs catholiques. La législation ouvrière réalisa en peu de temps des progrès importants ; pour plus d'une question elle devança même celle des autres pays. L'impression qui en résulta fut considérable dans la population ouvrière, malgré les menées des agitateurs socialistes, qui ne négligèrent rien pour prémunir les leurs. Ils publièrent dans le Sozialdemokrat de Zurich, au mois de janvier 1885 , un manifeste qui mérite d'être signalé. Qu'on en juge par les lignes suivantes * :
« Nous avons vu à l'œuvre les alliés de la réaction. Nous avons pu constater tout ce qu'il y a d'hypocrisie dans les phrases consacrées à leur sollicitude pour les intérêts du petit métier et de l'ouvrier industriel , ainsi que dans leurs tirades contre la corruption. L'obligation du livret de l'ouvrier est plus rigoureuse. La fixation légale de la journée normale de travail est entou-
1. H. Obei'winder, Sozialismus und Sozialpolitik , Berlin, p. 146.
rée de clauses qui rendent Taction de la loi complètement illusoire. Vingt-deux industries sont livrées à l'arbitraire de l'administration . Le congrès des métiers , que les cléricaux ont réuni à Briinn , fait entrevoir de nouvelles tentatives destinées à entraver le développement économique. Il y a là une preuve évidente de la stagnation intellectuelle de la bande réactionnaire... Il est du devoir de tous les nôtres de profiter de toutes les occasions pour organiser la résistance contre les partis réactionnaires et d'éclairer le peuple sur ses véritables intérêts... »
Ces conseils furent plus ou moins suivis; l'agitation socialiste, moins bruyante qu'autrefois, ne disparut pas. Diverses réunions et les procès socialistes qui se succédèrent vinrent montrer périodiquement que le socialisme n'était point mort. Si de nombreuses associations avaient été dissoutes et si d'autres avaient prononcé elles-mêmes leur dissolution, les socialistes trouvèrent moyen de se donner rendez-vous dans les sociétés de secours mutuel , principalement dans les sociétés de secours en cas de maladie ou d'invalidité. Ces sociétés s'étendaient à toute l'Autriche et comptaient plus de cent mille membres, parmi lesquels les socialistes étaient très nombreux.
En présence des mesures de répression, les socialistes d'Autriche , à l'exemple des socialistes d'Allemagne, éprouvèrent le besoin de s'unir et de s'organiser. Le 31 décembre 1888, on apprit qu'un meeting ou une réunion socialiste avait eu lieu à Hainfeld. Cette réunion eut toute l'importance d'un congrès. Elle fut
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habilement préparée. Tous les délégués socialistes furent personnellement invités , de sorte que la police ne put intervenir.
Le congrès de Hainfeld ne réunit pas moins de 67 délégués : 22 de Vienne , 5 de la Basse- Autriche , 5 de la Hau te- Autriche , i de Salzbourg, 6 de la Styrie, 2 de la Carinthie, 2 de la Garniole, 2 du Tyrol, dû de la Bohême, 10 de la Moravie, 1 de la Silésie, 1 de la Galicie. Outre ces délégués, 30 hôtes se trouvaient présents.
La composition du congrès a une signification qu'il est à peine besoin de relever; elle montre que le socialisme a envahi les diverses parties de T Autriche. Le rôle le plus important fut joué au congrès par le D^ Adler, un millionnaire de Vienne, d'origine juive. Des télégrammes et des adresses de félicitation vinrent de Schmichov, de Vordernberg, de Gabel, de Bucharest, de Wischau, de Rossitz, de Londres, de Paris, de Gotha, de Triest, de Deutsch-Liebau , de Reichenberg, de Zwittau , de Vienne , de Freudenthal , de Dombirn , de Boskowitz ^ . Le socialiste allemand Auer assistait au congrès à titre de correspondant des socialistes allemands.
Le congrès fit une déclaration de principes et prit des résolutions. La déclaration et les résolutions ressemblent à celles de presque tous les congrès socialistes. On réclama Tabrogation de toutes les lois d exception, le suffrage universel et direct, la gratuité de renseignement primaire et de renseignement supé-