‹ Le socialisme contemporainChapitre 5 sur 68 · ORIGINE DU SOGIAUSMB COLLECTIVISTE ET DU SOCIALISME ANARCHISTE · texte numérisé non relu

ORIGINE DU SOGIAUSMB COLLECTIVISTE ET DU SOCIALISME ANARCHISTE

Quelques institutions socialistes ou communistes isolées, quelques erreurs socialistes de sectaires qui n'ont fait que passer, des théories socialistes ou communistes exposées dans un traité philosophique ou dans un roman, enfin la conspiration communiste de Baboeuf pendant la grande Révolution, voilà à peu près tout ce que nous rencontrons avant notre siècle en fait de socialisme.

L'élan de charité qui porta les premiers chrétiens à déposer ce qu'ils possédaient aux pieds des apôtres,

LE SOCULISHE CONTEMPORAIN. 1

pour soulager leurs frères, n'a rien de commun avec les doctrines socialistes.

Le socialisme organisé , tel que nous le voyons sous nos yeux, appartient à notre siècle. 11 est Tombre de sa civilisation, il est la conséquence de son état moral et de son système économique.

Le socialisme contemporain ne veut pas seulement modifier l'organisation économique actuelle ; il veut le renversement complet de la société , pour établir sur ses ruines je ne sais quoi qu'il n'est pas parvenu à définir. Pour qu'un tel système pût se produire, il fallait avant tout qu'il se trouvât des hommes qui ne croyaient pas à une base sociale établie par Dieu. Il fallait aussi que ces hommes fussent persuadés que la transformation rôvée par eux est possible aux seules forces humaines. Il fallait enfin qu'il fût possible de trouver une armée à mettre au service du système.

Notre siècle vint offrir ces conditions. D'une part, il tenta de bonne heure de chasser Dieu de la société ; d'autre part, les transformations matérielles vraiment prodigieuses opérées par les inventions modernes amenèrent beaucoup d'hommes à ne plus douter de rien; comme les géants de la Fable, ils ne reculèrent plus devant lé projet d'escalader le ciel. La plus grande difficulté consistait pour eux à trouver l'armée qu'on devait mener à l'assaut de l'édifice social. Cette armée , la production capitaliste ou l'industrie moderne se chargea de la former; c'était l'armée du prolétariat, d'un prolétariat mécontent et fatalement condamné à augmenter sans cesse.

Les théories communistes, socialistes et anarchistes se succédèrent depuis le premier quart de ce siècle en France et en Angleterre, en môme temps que de nombreux essais pratiques furent tentés en Amérique.

C'est surtout en France que nous trouvons les pionniers du socialisme et de Tanarchisme. Il suffit de nommer Saint-Simon, Fourier, Gabet, Louis Blanc, Proudhon , Pierre Leroux. La Révolution avait préparé le terrain. Déjà en 1847 Parisis, le grand èvéque de Langres , écrivait : « Le communisme est vivant dans les entrailles de la France ; chaque jour on sent qu4l se développe , qu'il passe de Tobscurité des théories dans la région des faits ^ »

La presse s'est occupée récemment avec quelque étonnement d'un essai pratique de socialisme collectiviste qu'un jeune socialiste français allait tenter en Amérique. Si notre temps n'oubliait pas si vite, on se serait rappelé que de nombreux essais communistes et socialistes ont été faits dans l'Amérique du Nord depuis 1825. Semler^ en énumère plus de quarante, qui ont tous fini par échouer.

Dans les théories antisociales qui parurent successivement en France, un observateur attentif pouvait entrevoir les deux systèmes de révolution sociale, en face desquels nous nous trouvons aujourd'hui : le système moins violent et plus dangereux que nous appelons le

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