‹ Le socialisme contemporainChapitre 60 sur 68 · SUEDE £T NORVEGE · texte numérisé non relu

SUEDE £T NORVEGE

la découverte d'un complot à Varsovie. Soixante personnes sont arrêtées.

Au mois de septembre 1892, la presse parle encore une fois d'un complot contre la vie de Tempereur et d'un grand nombre d'arrestations à Varsovie.

Nous terminons ici cette lugubre statistique. Elle jette une lueur effrayante sur la nature du nihilisme et sur la situation de la société russe. Elle nous dispense de passer en revue les procès nihilistes , qui sont tout aussi étranges par les procédés de la justice que par le grand nombre des accusés, par l'audace des coiyurés que par les sinistres mystères qu'ils révèlent. Ces procès ont continué en 1893.

XllI. — Suède et Norvège.

Socialisme,

La Suède , qui a peu d'industrie , peu de grandes villes , et dont presque tous les habitants possèdent quelque propriété , semblait devoir être et rester fermée au socialisme ; elle est cependant aussi atteinte du mal social : elle l'est moins que le Danemark , ou plutôt que Copenhague.

Un homme d'une activité et d'une ténacité dignes d'une meilleure cause est parvenu, dans les dernières années , à donner une certaine importance au socialisme suédois : c'est l'agitateur Auguste Palm. Il est tailleur de profession; le métier de tailleur a, de tout temps, peuplé les rangs des utopistes mécontents.

11 sera utile à nos lecteurs de connaître les pérégrina-

lions du tailleur Palm , pour se rendre compte de ce que l'on peut mettre d'énergie au service de la révolution sociale. Palm se forma en Allemagne. Il revint de là vers la fin de l'année 1881 , et s'établit d'abord à Malmœ , où il rassembla quelques débris épars d'une période antérieure de propagande socialiste. De Malmœ, il se rendit sans hésiter à Stockholm : il fut d'abord mal accueilli dans la capitale , où tout local lui fut refusé pour une réunion. Sans se déconcerter, Palm assembla environ mille ouvriers dans une forêt. Il fit si bien que la corporation des menuisiers s'empressa de lui offrir, pour ses conférences, la salle où elle avait coutume de réunir ses membres. Après Stockholm, ce fut le tour de Gothenbourg, où le tailleur socialiste parvint à faire ses conférences dans un temple de méthodistes, qu'il loua pour quelque temps. La police de Gothenbourg fut moins hospitalière que les méthodistes; Palm dut retourner à Malmœ, où il fonda un journal de propagande : Folksviija {Le Vœu du peuple]- Ce fut en 1882, au printemps. Les ressources n'étaient pas suffisantes, la publication du journal dut subir une interruption , et plus que jamais Palm se livra à la propagande ambulante. Il parcourut tout le pays. En 140 jours, il tint 79 réunions, et vendit par milliers les premiers numéros de son journal. Des cercles de propagande furent organisés à Calmar, Carlskrona, Helsinghorg, Stockholm, Oscarkamm et Orebro. Néanmoins , le succès ne répondit pas partout à ses etiovl^' D'après le Sozialdemokrat de Zurich, les principaux obstacles vinrent de la police et de ce que , dans le lan-

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