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Citoyen procureur, vous allez vous croire chez Nlcolet.
Ce saint Ambroise a sur la banque des idées toutes particulières. Vous v«nez de voir ce qu'il pause du prêt à intérêt, opération par&itement légale cependant. £h bien! ces gens-là sont à ce point dépourvus d'idées financières, qu'ils font une obligation <te prêter à ceux qi.i ne pourront jamais rendre. Qai s'est jamais avisé de combiner le prêt gratuit avec le placement à fonds perdu? C'est à faire mourir de rire un homme d'affaires.
Prêtez même à ceux de qui vous n'espérez pas recouvrer ce que vous avez perdu. Vous donnez peu sur la terre et vous re«cevrez beaucoup dans le ciel. Craignez-vous d'avoir affaire à un mauvais dâùtear dans la personne de JésusChrist? L'Evangile est votre caution. Si quelqua riche de ce monde s'offrait pour garantir la solvabilité de celui qui veut emprunter de vous, vous vous empresseriez aussitôt de compter les espèces. Eh bien ! INeo loi-fnême se porte garant ppur-tous ks incugeots^ et
voas hésitez un instant, et vous cherchez encore une caution plus riche ! (S. Ambr., I, de 7V>6., 46.)
Voilà une variété toute nouvelle de chantage ! La même indigence d'idées pratiques se remarque chez tous ces utopistes.
Cependant, ne tous y trompez pas, vous ne connaissez yis encore les vrais coupables. Saint Âmbroise, saint Grégoire de Nysse, saint Bernard et leurs pareils ne sont que des instruments; le vrai coupable est celui qui a posé les principes que ceux-ci n'ont fait que développer ; le vrai coupable est celui qui a dit :
Donne à celui qui te demande et ne te détourne point de celui qui veut emprunter de toi. (S. Malt., Y. i%.)
Et si vous ne prêtez qu'à ceux de qui vous espérez de recevoir, quel gré vous en saurait-on? (S. Luc, VI, 34.)
Le vrai coupable, c'est donc notre seigneur Jésus- "amsT.
Après cela, comme il n'y a point de folles nouvelles *ous le soleil, je ne vois pas pourquoi nous ne ferions |as remonter l'enquête jusqu au delà du 24 février. Je (rendrai donc la liberté de vous faire remarquer qu'un ivre fort ancien, la Bible^ professe la même opinion sur le prêt à intérêt.
Quand ton frère sera devenu pauvre, et qu'il te tendra ses nains tremblantes, tu le soutiendras, même i étranger et l'habfknt, afin qu'il vive avec toi.
Tu ne prendras point de profit de lui ni d'intérêt ; mais tu craindras ton Dieu, et ton frère vivra avec toi.
Tu ne lui donneras i>oint ton aigent à intérêt, et tu ne lui donneras point de tes vivres pour en tirer de profit. (Lévitiq. XXV, 36, 36, 37.)
Si ces gens-là étaient oracles de sagesse, comme quel* ques-uns le disent, et non de folie, comme vous l'admet' trez, il nous faudrait regarder cette institution si éminemment philanthropique des monts-de-piété conmie un monument d'iniquité.. Les monts-de-pitié ne sont-ils pas désignés clairement dans le passage suivant :
Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain, tu le lui rendras avant que le soleil soit couché.
Car c'est sa seule couverture, c'est son vêtement pour couvrir sa peau. Où coucherait-il ? S'il arrive donc qu'il crie : A moi ! je l'entendrai, car je suis miséricordieux. (BxLd. xxri. 26, 27.)
C'est ainsi» qu*on enseigne l'uigratitude au peuple. Vous savez sans doute, et^^sinon, je me fais un plaisir de vous l'apprendre, que les Hébreux célébraient de sept
en sept ans une année solennelle, Tannée de relAche, comme on l'appelait à juste titre ; car jugez vous-même de quel relâchement d'idées financières une telle institution témoigne.
Et c'est ici....
C'est Dieu qui parle : Vous n'ignorez pas que la manie de ces anarchistes est de parler au nom de Dieu et du peuple qu'ils ont osé identifier dans cette maxime impie autant que fameuse: Vox,„ Mille pardons; la voix du peuple est la voix de Dieu.
Et c'est ici la manière de la célébrer : que teut créancier relâche ce qu'il aura prêté à son prochain, et qu*il ne l'exige point de son prochain ni de son frère quand on aura proclamé l'année de relâche à l'honneur de l'Etemel...
Afin qu'il n'y ait parmi toi auciin pauvre. (Deuteron. XV, 1 , 2, 1.)
A prêter un tel langage à Dieu, autant vaudrait tout de suite diviniser le citoyen Proudhon : Pater noster Proud» ^ hon^ sanctificetur nomen tuum, adveniat regnum tuum^ fiât voluntas tua. Panen nostrum quotidianum da nobis hodiè^ et libéra nos à malo. Amen !
Vous me direz : Voilà un singulier système de crédit! et qui trouvera à emprunter quand viendra le moment de cette liquidation périodique? Ces gens-là sont bien fins, citoyen procureur, ils ont prévu le cas :
Prends garde à toi qu'il n'y ait cette pensée impie dans ton cœur, et que tu ne dises ; la septième année, qui est l'année de relâche, approche, et que ton œ.l, étant sans pitié envers ton frère qui est pauvre, pour ne lui rien donner, il ne crie contre toi à 1 Eternel, et qu'il n'y ait en toi du péché. (Deuteron. XV, 90.)
Si ces funestes doctrines avaient de profondes racines dans le passé, quand le chef de ces socialistes leur a donné une forme et une vie nouvelles, elles ont depuis porté des fruits abondants autant qu'amers. Jusqu'au quatorzième siècle tous les Conciles semblent s'être donné le met pour ébranler les fondements du crédit public et privé; voyez- les flétrissant à l'envi de Tépithète d'usurier le rentier honnête et l'obligeant prêteur.
Celui-là est un usurier, dit le Condlè de Reims, qui, outre le sort principal, exige ou accepte quelque chose d'appr^iabie en argent.
Le Concile d'Adge est plus bref, mais non moins ev Jdicite.
n y a œnse, dès qu'on répète plus qu*on n'a donné.
Le CoBciki d*ËlTiff , tenu en l'an 305, ne &*arrète poînf ea ai beau chemin ; non content de blâmer oelui qui fait ^oir aea fonds» il lance sur lui ranathème :
Un laïoue qui s'est rendu capable d*usure recevra, dit-il, son
SirdoUj s il promet de faire pénitence et de ne plus commettre 'exactions j mais, s'il persiste dans son iniquité, qu'il soit rejeté de l'église, qu'il soit excommunié. (CondL EliS., Can.'jtO.)
Et prenez garde, de trouver la peine excessive, car voira doute même serait on crime. Cela a été décidé par un Concile tenu en 1311, un Concile présidé par un Pape ; le pape Clément Y.
S*ll arrive à quelqu'un, dît le concile de Vienne, de tomber dans cette erreur, qu'on peut affirmer en conscience qu'il n'y a pas de péché à prêter i usure, nous décrétons qu'il soit puni comme hérétique.
Et à cette occasion, Bossnet fait cette déclaration :
Perwnme dans l^Eglise n'ajùmais rédmmé contre c(bs décreêê ; tas cao.^nAinB, on s'y bst soumis qommb on a toujoubs
FA^T hSSU CUOSB& BéSOLDBS PAE LA TBAOITION, PAA LES GONCILBS MâlU GÉIfiaAUX, BT PAE LES DkiaéTALBS »ES PAPBS AGGEPtAbS Vr AUTOEISÉBS DU CONSENTEMENT DE TOUTE L'ÉGLISE.
ÇA DONC TOUJOURS ÉTÉ L'ESPRIT DU CHRTSTIANISIME Dti^ CROIRE QUE LA DÉFENSE DE L'USURE PORTÉE PAR LA LOI ÉTAIT OBLIGATOIRE SOUS L'ÉVANGILE, ET QUE NOTRE SEIGNEUR AVAIT C(»^iaMÉ CETTE LOI. (Uk. eU. 5me prop.)
Bo88tt€t ! le grand BoMuiet, l'aigle de Meaux, lui aoati, malade de cette peste 1 !
S*U faat en croire la Bible, et qu'en penss^-vons? Dieu ratifiera la sentence des Concitea.
Etemel ! qui est-ce qui séjournera dans ton tabernacle? qui eât-ce qui habitera en la montagne de ta sainteté ? Celui qui ne donne point soa argent à uamee... (P^tim. xv
L'homme qui sera juste et qui fera ce qui est juste et droit,
Qui n'aura point prêté à usure, et qui n'aura point pris de surcroît...
Celui-là est juste; certainement il vivra,, dit le Seigneur, l'Etemel.
Qui prête à usure et qui prend du surcroît, vivra-t-il? Il ne vivra pas quand il a^ra commis ces abominations-li ; il mourra très oertainemenfce: son sang sera sur lui. (£secA.» xvui, 5, 8,
Ainsi, l'excommunialion et le supplice dans cette vie, la damnalion pendant TMernité, voua ce qoe mériteraient tant de républicains honnêtes. Sanete Pratêdhon^ miserere nobisl
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Mais les malheureux n ' se contentent pas de contracfer alliance avec M. ProucUion^ on les trouve mêlés à toutes les idées subversives de ce temps.
N'est-ce point au Luxembourg qu*ont dû être recueillies les idées monstrueuses dont les citations soivaaftes portent l'empreinte ?
i'^ PIÈCE. — Leur Maître Mais, en ^i grave matière,
il convient de citer textuellement. Je recours donc au livre qui continue de se vendre, en dépit des décrets de ^Assemblée nationale, et, ouvrant l'Evangile selon Saint Matthieu, je transcrivis ce qui suit :
Le royaume des cieux est semblable i un père de famille qui sortit dès la pointe du jour, afin de louer des ouvriers pour travailler à sa vigne.
Et, ayant accord^ avec les ouvriers à un denier par jour, il les envoya à sa vigne.
Il sortit envinm vers la troffiièmft heure du jour, et il en vit é'autras qui étaient dans la place sans rien faire.
Auxquels il dit : Allez voua^n aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est raisonnable.
Et ils y allèrent. Il sortit encore environ la sixième et la neuvième heure^ et fit la môme chose.
Et, vers Tonzième heure, il sortit et il en trouva d'autre» qui étaient sans rien faire, auxquels il dit : Pourquoi vous teamzvous ici tout le jour sans rien faire ?
Et ils répondirent : Parce que personne ne nous a loués. Et il Teur dit : Allez vous*en aussi à. ma vigne, et vous recevrez ce qui sera raisonnable,
Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit â celui qui avait le soin de ses affaires ; Appelle les ouvriers et leur paie leur salaire, en commençant depuis les derniers jusqu'aux premiers.
Et ceux qui avaient été loués sur l'onzième heure étant venus, ils reçurent chacun un denier.
Or, quand les premiers furent venus, ils s'attendaient à recevoir davantage; mais ils reçurent chacun un denier.
Et, l'ayant reçu, ils murmuraient contre le père de famille,
Disant : Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, et tu les a égalés à nous, qui avons supporté la fatigue de tout le jour et la chaleur.
Mais il répondit à l'un d'eux et lui dit : Mon ami, je ne te fais point de tort; n'as-tu pas accordé avec mol i un aenier par jour?
Prends ce qui est à toi et t'en va ; mais je veux donner à ce dernier autant qu'à toi.
Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est à moi? Ton œil est-il malin de ce que je suis bon. (Matth. XX, 4. A 15.) - ^
Ainpi, qaelle que soit la durée de leur travail, tous les ouvriers reçoivent le même salaire.
Résumons : ci ÉGALrrÉ de salaire.
2® PIÈCE. — Parlant par parabole, l'un d*eux (Saûl, dit Paul), s'exprime ainsi :
Celui qui avait recueilli beaucoup de manne n'en profitait pas davaatage, et celui qui en avait recueilli peu n'en manquait pas,
ci. . . . ÉNOOUnAGBMBNT A LA PARESSE, GOHMB AU LUXEMBOURG.
La paresse est conseillée d'une fagon bien plus directe par le maître lui-môme ; j'ose dire même qu'elle est com-> mandée, bien plus, exaltée à l'égal d'une verta dans le passage suivant. Vous y verrez, en outre, une fois de plus, s'il est un seul de ces bons sentiments prêches aux masses par les économistes que ces fauteurs d'anarchie ne cherchent à étouffer. Ainsi, loin de se joindre à l'honorable M. Charles Dupin, pour convier les travailleurs aux jouissances cachées de la caisse d'épargne, voici comment Jésus-Christ les excite à cette fatale imprévoyance à laquelle ils ne sont déjà que trop enoleins.
La scène se passait sur une montagne, Jésus-Christ était assis, ses disciples l'entouraient et le peuple avait la simplicité de l'écouter.
Nul ne peut servir deux maîtres, leur disait-il... Vous ne pouves servir Dieu et Mammon.
C'est pourquoi je vous dis : Ne soyez point en souci pour votre vie de ce que vous mangerez ou que vous boirez; ni pour votre corps, de ce que vous serez vôtus. La vie n'est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plu» que le vêtement?
Regardez le 4 oiseaux de l'air ; car ils ne sèment ni ne moissonnent, ni n*amassent rien dans les sreniers, et notre Père céleste les nourrit. N'étes-vous pas beaucoup plus excellents qu'eux?
Et qui est-ce d'entre vous qui par son souci puisse ajouter une coudée à sa taille?
Et pour ce qui est du vêtement, pourquoi en ôtes-vous en souci? Apprenez comment les lys des champs croissent; ils ne travaillent ni ne filent.
Cependant je vous dis que Saloraon même, dans toute sa gloire, n'a point été vêtu comme l'un d'eux.
Si donc Dieu revêt ainsi l'herbe des champs, qui est aujourd'hui et qui demain sera jetée dans le four, ne vous revêtira-t il pas beaucoup plutôt, ô gens de petite foi?
Ne soyez donc point en souci, disant : Que mangerons-nous? que boirons-nous? ou de quoi serons-nous vêtus?
Car ce sont les païens qui recherchent toutes ces choses, et