‹ Le socialisme devant le vieux monde, ou, Le vivant devant les mortsChapitre 38 sur 60 · JOUIS · texte numérisé non relu

JOUIS

Cette doctrine de nivellement politique, l'Église n'a jamais cessé de la professer; — je dis professer ce qui s'entend du langage et non de l'action — Quel chapelet de citations j'enfilerais si vous n'aviez hâte d'en finir. Quel ravage dans le peuple si H. Cousin n'était là!

Ûeuxième chef, — Atteinle k la famille et e^ûtation h lu débauche.

Si quelqu'un vient en moî et ne haït pas son père, sa mère, 8a famille, ses enfants, ses frères, ses soeurs, et héme sa vie, il ne peut être mon disciple. (st luc, xiv, ^6.)

Ces paroles out été prononcées par le Maître. Beaucoup ont été justement considérés comme ennemis de la famille, qui n'avaient certes rien écrit de semblable.

Et pour les décidera cet acte abominable, Jésus leur fait de fabuleuses promesses.

Quiconque aura quitté sa maison, ou ses frères, oa ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses champs a cause de mon nom, il en recevra ce^it fois autant et héritera la vie étemelle. (St Matth., xix, 29.].

Rien n'est sacré pour lui. Il rencontre un homme et lui dit ; < Suis-moi. i> Celui-ci lui répond : « Seigneur, permets que j'aille auparavant ensevelir mon père. » C'était un devoir. Que dit le Christ ?

Jésus lui dit : Laisse les morts ensevelie leurs morts. (Luc, IX, 59, 60.)

Prêchant d'exemple, il apostropha un jour, sa malheureuse mère en ces termes :

Femme qu'y a-t-il de commun entre toi et moi !

Un autre jour, sa mère et ses frères arrivèrent , et, se tenant dehors, ils l'envoyèrent chercher.

Et on lui dit : Voilà ta mère et tes frères qui sont là dehors, qui te demandent.

Mais il répondit : Qui est ma mère en qui sont mes frères ?

Et jetant les yeux sur ceux qui étaient autour de lui, il dit .- Voila ma mère et voila mes frères. (St Marc, III, 34 à 34.)

Si vous voulez connaître ceux qui étaient autour de lui» rien de plus facile.

Des Scribes et des Pharisiens, personnages éminemment honorables, déposent unanimement que cet homme firéquentait la plus mauvaise société.

Jésus étant établi dans les maisons de Lévi, fils d'AIphée,pluûeurspéagers et gens da mauvaise vie se mirent aussi a table avec Jésus et ses disciples. (Marc, ii, 15.)

Tous les péagers et gens de mauvaise vie s'approchaient de Jésus pour 1 entendre.

Et les pharisiens et les scribes en murmuraient et disaient i Cet homme reçoit les gens de mauvaise vie et mange avec eux. (Luc, XV, %.)

Ah ! citoyen procureur, combien d'accusés dont le passé fouillé avec le ferme désir de les trouver en faute a

fourni contre eux des charges aggravantes et qui cependant avaient ^ane existence moins enigmatique que celle de ce Jésus.

Ua homuM qui n'a pas le son et qui se livra à des prodigalités ruineuses comme de se faire répandre de Thuile odoriférante sur les pieds! (Voyez S. Luc, vii, 37 à 50.)

n va sans façon loger chez une nommée Marthe et Vinstruetian nous le représente retenant auprès de lui la sœur de cette inconnue, une demoiselle Marie, au lieu de la laisser vaquer aux soins du ménage. Cette Marie, MB tmMit ùêÊise à êes piêdt^ Je n'invoite paSy je copie, et savez-vous ce que répond notre Jésus quand Marthe prie cette fainéante de l'aider à servir.

Marthe, Marthe, lui dit-il, tu te mets en peina et tu t'embarrasses de plusieurs choses.

Mais une seule chose est nécessaire; or, Marie a choisi la honne part, qui ne lui sera point 6tée.

Quelle est cette chose nécessaire t et que fout-il entendre par cette bonne part qui ne lui sera point ôtée ?

O temps ! 6 mœurs !

Mais que dis*je ! Savez-vous par qui loi était versée cette huile odoriférante qui avait été apportée dans un vase d*albÀtre ? — Par — une ^ femme — de la ville qui

— AVAIT — ÉTÉ —DE— MAUVAISE — VIE. (Luc. VU. 37.)

Elle lui arrosait les pieds de ses larmes — et leê essuyatt avec ses cheveux. — Elle lui baisait les pieds! ! ! ! Proh pudorllîl et elle les oignait avec cette hinle.

Vous voyez que cette fâcheuse prodigalité était la moindre des choses qu'on eût à lui reprocher. — Pudet dicere\

Mais que fiait Jésus? S'adressant à l'amphytrion^ un rien qui vaille , nommé Simon : < Vois-tu cette femme ?

lui dit-il, je suis entré dans ta maison, et tu ne m'^aa

point donné de baiser ; mais elle, depuis qu'elle est entrée, n*a cessé de me baiser les pieds.» (Ibid, 45.) Citoyen procureur, Luc, Mathieu, Marc et Jean, en témoignent! — Ayons le courage d'aller jusqu'au bout. — c Tu n'as point oint ma tète d'huile; mais elle a oint mes pieds d'une huile odoriférante. C'est pourquoi je te dis que ses péchés, qui sont en grand nombre, lui seront pardonnes ; et c'est a cause de gela qu'elle a beaucoup aimé. » — Quelle morale !... Puis il dit à la femme : c Tes péchés te sont pardonnes. » — Quelle économie ! (Ibid, 46, 47, 48.)

Il a tenu ce que son enfance avait promis,

Vvl jour que sa mère et le mari de celle-ci se rendaient

à uoe fête, Tenfant s'esquive ; les parents reviennent toute hâte au logis... pas plus d'enfant que sur la main ! Ils furent trois jours à le trouva. Et quand la pauvre mère lui dit EYec une doueeor hors de propos : Mon enfant, pourquoi as-tu agi ai'isi avec nousr — Pourquoi me CHERCHIBZ-Yous? rép<Hid le charmant sujet (Lue U. 41 à 49.)

Il tient dans l'Eglise des discours sacrilèges.Transportës d'une sainte colère les honnêtes gens, le mènent hors de la ville jusque sm* le sommet d'une montagne pour le précipiter, dit la chronique; mais, pat!... « il passa par le milieu d'eux et s'en alla. » Commençant cette vie iè vagabondage qui devait se dénouer sur la croix.

On le perd de ?ue pendant de longues années. Le citoyen voyage! Et a^ec quoi? lion Dieu! il avait un genre de vie des plus économique?. On nous raconte comme une chose aes plus naturelles que, passant par des blés avec ses disciples, ceux-ci < arrachaient des épis, et les froissant entre leurs mains^ ILS LES MANGEAIENT. » Or, cette belle action ayant lieu^le jour du' sabbat, voici qu'ils discutent à perte de vue sur la question de savoir s'il était permis de travailler en un tel jour; mais s'il est permis de vokr en campagne... Est-ce que les communistes agitent de pareilles futilités! (Luc, vi, 1 et suiv.)

Du reste, il avoue n'avoir pas où reposer sa tête.. (Luc, IX, 58.)

Citoyens, vous savez qu'il est mort entre deux voleurs, vous convieuibrez qu'il ne l'avait pas volé, ayant toujours mis dans ses relations le sans-façon que voici :

Jésus étant arrivé près de Bêthpluigé et de Bethanie, vers la montagne qu'on appelle des Oliviers, il envoya deux de ses disciples.

Bt leur dit : Allez à la bourgade qui est devant vous, et quand vous y serez entrés, vous trouverez un ànon attaché, quepersonne n'a jamais monté; détachez-le et me l'amenez. (Luc. xlX, 29, 30.)

Détachez-Ie et me l'amenez !

Bt si quelqu'un vous demande pourquoi vous le détachez, vous l«i oirez : Parce que le Seigneur en a besoin. (Md.^ 31.)

Parce que le Seigneur en a besoin !

Et ceux (lui étaient envoyés s'en allèrent et trouvèrent comme il leur avait dit.

Bt comme ils détachaient l'ânon, ceux à oui il appartenait leur dirent : Pourquoi détachez-vous cet ànonr

La question était bien: natui^eHe.

2&6 Et ils répondirent : Le Seigneur en a besoin. Le Seigneur en a besoin !

Ils ramenèrent donc i Jésus, et ayant mis leurs Tètementssur l'ftnon, fls firent monter Jésus dessus.

Et voilà ce que c'est que la communauté ! — Tu as un ànon, je n'en ai pas, je le prends; nous sommes quittes!! — Oh ! avec quel admirable bon sens le public a vu de suite le fond de cette doctrine ! Que de profondeur, citoyen, dans le bon sens!! Et comme M. Cousin a raison quand U déclare que « le plus grand des philosophes ne tire pas des études de toute sa vie et n'a pas au nout du compte une croyance essentielle de plus que le paysan, que l'ouvrier un peu cultivé. »

Après cela vous ne vous étonnez plus qu'il ait donné ce conseil à ses disciples :

En quelaue maison que vous entriez, demeurez-y, mangeant et buvant de ce qu'on vous donnera. (Luc, X, 7.)

C'est toujpurs du communisme en action.

Vous ne vous étonnerez pas non plus si sa vie s'est écoulée dans des ti anses continuelles, et que les historiens nous le représentent toujours fuyant ou se cachant, montant des alibis et déclinant son identité.

Un des siens, Pierre, lui disant un jour : tu es le Christ de Dieu, t il leur défendit avec menace de le dire à personne. » (Luc. IX. 20, 21.)

Ils traversèrent une fois toute la Galilée, < et J(fsus ne voulut pas que personne le sût. (Marc. ix. 30.) Il avait ses raisons pour cela.

Lorsqu'enfln ses affaires se gâtent tout à fait, le voilà « saisi de frayeur et fort agité > (Marc xiv. 33.) « et il lui vint une sueur comme des grumeaux dé sang qui coulaient jusqu'à terre, » (Luc. xxii. 44.)

Vie et mort bien dignes de sa naissance ! si on croit ce qu'en raconte le Sepher toldos Jeschut^ et l'honorable synagogue certifie l'authenticité de ce livre ; le fils naturel du soldat Joseph Panther s'est montré digne d'une telle parenté.

J'oubliais de vous dire qu'il a réclamé, au mépris de la loi, l'impunité pour une fenmie adultère, et tout homme vertueux jugera qu'il n'en faut pas davantage pour motiver une accusation d'excitation à la débauche. Il avait de bonnes raisons sans doute pour réclamer l'indulgence en faveur de cet horrible délit.

Ces funestes maximes, ces pernicieux exemples n'ont point trouvé dans ses disiciples une terre ingrate. La

moisson a été ce que promettait la semence ; moisson d'infamie selon le rapport des personnages les plus considérables. C'est une chose notoire que, réunis sous le prétexte de pratiquer on ne sait quelle religion impie autant qu'absurde, ils se livraient au plus honteux libertinage. On les a universellement accusés de toutes les infamies imaginables, ce qui suffirait pour établir une étroite parenté entre eux et les socialistes de ce temps-ci.

Troisième cAf/. «- Affiliation i des sociétés secrètes.

Je ne mentionne le fait que pour mémoire. Il est certain qu'ils se réunissent la nuit dans les catacombes» D*honorables citoyens qui n'auraient en vue que la prospérité du commerce et le maintien de l'ordre ne chercheraient pas l'ombre et la solitude. On raconte plus d'une histoire mystérieuse d'enfants qui , attirés dans ces lieui de débauche, n'en seraient plus so'*tis... Mais, citoyen procureur, je craindrais de me faire l'écho de caloomies en répétant des faits qui, bien que vraisemblables, n'ont pas encore été constatés. Cependant il ne serait pas im-

Sossible que les insurgés de juin eussent reçu d'eux l'idée e mettre leur soumission au prix de deux heures de viol, ainsi qu'une multitude d'honnêtes gens certifient que ces brigands ont fait.

Quatrième chef. —Excitation à la haine contre une classe de citoyens.

Nous n'avons que l'embarras du choix dans un volumineux dossier.

Je vous livre les extraits suivants, dont l'authenticité est facile à constater :

Celui qui ne travaille pas ne doit pas manger. (Instruction relative à Saul, dit Paul.)

Avec l'exactitude d*un écho, le Pape saint Clément répète :

Ceux qui ne travaillent pas n'ont pas le droit de s'asseoir à la table commune. (Gonslit. apostoL, I, 7.)

H est bien clair pour qui sait lire, — et vous me comprenez, — que les fréquentes exhortations au travail adressées Sar saint Paul à ses correspondants ne sont qu'une fagon étournée de faire la critique de ceux qui ne travaillent pas et d'exciter contre ceux-ci la haine des travailleurs. En douteriez-vous ?

Le superflu des riches, dit saint Augustin^ est le nécessaire des pauvres; g*e8t la chose d'autbui qu'on possède quand on

roaaÉM LR SVPEfiFLU.

£8t-ee clair? Conclusion : le vol est une tépaeation. Salvien ae le dissimule guère.

L'Ecriture dit d'abord : Fais honneur de tes biens au Seigmemr (dans la psEsœnvE dis PAimiBs). Pais elle ajoute : Hends' Isd ce que tit M dois. Ce qui signifie en d'autres termes: Si ta as de la piété, donne ce que tu possèdes, cmmme si c'était réei" iemenlàtoi ; si, au contraire, tu es impie, rends ce qni ne t'appartient pas. L*Bcriture a parfaitement exprimé et lafacuUé de dbnner et la nAgbssité db payer. En effet, elle dit à tout homme : Une «Buvre sainte t'est proposée, on fy convie d'abord par les voies de la persuasion^ mais ensuIte on t'y contraint PAR LA PORCE. DONNE DE BONNE GRACE , SINON RE VDS. (S^lvian., Cont. ovarH.f lib. 4.)

Est-il rien de plus capable de soulever les pauvres contre les riches que ce parallèle établi entre eux par saint Astère, évèque d*Âmasie.

Les uns, s*écrie-t-il, regorgent de ricbœses excessives et se wmpiissfwt de nourriture jusqu'à éprouver des naosées ; les antres pressés par la Caim et la disette, sont Uvrés à toutes les horreurs delà misère... étrange inégalité de condition entre des hommes que la nature a rendus tous égaux ! Ce renversement dé choses, ce désordre n'a d'autre source que Tavarioe. Cest elle qui condamne l'un à aller presque entièrement nu, tandis que rautre possède non-seulement de nombreax habits pour se couvrir, mais encore de la pourpre pour en décorer ses mors^ Ls pauvre n'a pas même une plancte^pour y poser son morceau de pain, lorsque le riche, plem de mollesse et de vanité, se r^ patt les yeux du brillant éclat rendu par une vaste table d'argent délicatement travaillée. Puisqu'il fait de si somptueux repas et qu'il usurpe si complètement toutes les autres jeuissaBces aela ^e, n'aurait il pas dû au moins convertir le prix d» ortte table en aliments pour les pauvres? .... Ton» ces maux n'oni qu'une seule cause : la soif du superflu^ l'inique convoitise du bien des pauvres. (S, Asterius, homil 3 advers, avarit»)

GcAendant saint Basile-le-graad s'applique à jeter de rhuife sur le feu.

Sienne résiste au pouvoir des richesses ; tout cède à cette tvranniOj tout tremble devant cette puissanœ. Plus on souirs de ses injustices, plus on doit craindre d'éprouver da nouveaux malheurs en raison môme de ceux qu'on a déjà endurés. Le riche, confiant dans son autorité, ne met aucune borne à son audace; il sème partout et moissonne ce qui ne lui appartient mliement. Si tu résistes, les coups t'aUeodent ; si tu réclames, tes.plaintos et tes griefe te seront imputés à crime; on te tra* duira en justice, on te traînera en prison, et il ne maDquer4'pa8 de calomniateurs pour mettre ta vie en péril. Tu n'as d'autre moyen d'échapper i ces persécutions que de te laisser dépouiller jusqu'au bout. (St. Basil, mag, in ditesceni.)

Que dtt6fl-vou0 d« ia perfidie de cette remarque que fait TeGclésiaflite :

Comme l'humilité est en abomination à Torgueil, ainsi le pau- Tre «t en horreur aux riches. (Ch. xiu, 22.)

Ëcoatez maintenant le maître :

Malheur à vous, riches... malheur à vous qui êtes rassasiés, parce que tous aurez faim ! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous vous lamenterez et vous pleurerez !

Le disciple pousse plus loin la fureur :

Çue le riche, s'écrie-t-iî, s'humilie dans sa bassesse, car il passera comme la fleur de Therbe.

Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment et qui vous tirent devant les tribunaux?

Ne sont-ce pas eux qui blasphèment le beau nom qui a été invoqué sur vous !

Vous riches, je viens maintenant à vous. Pleurez et jetez des cris à cause des malheurs qui vont tomber sur vous.

Vos richesses sont pourries et les vers ont mangé vos habits.

Votre or et votre argent se sont rouilles, et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous et dévorera votre chair comme un feu...

Le salaire des ouvriers qui ont noissonné vos champs et dont vous les avez frustrés, crie contre vous, et les cris de ces mois* sonneurs sont parvenus jusqu'aux oreilles du Dieu des armées.

Vous avez vécu dans les voluptés et dans les délices sur la teorre, et vous voua êtes engraiesés comme dea vicstimes préparées pour le jour du sacrifice.

Mdis vous, mes frères, attendez patiemment jusqu'à l'avènement du Seigneur. Vous voyez que le laboureur attend le premier fruit de la terre avec patience, jusqu'à o» qu'il reçoive du ciel la pluie de la première et de la dernière saison.

Vou» donc, de même attendra patiemment et afiformissez. vos cœurs, car l avènement du Seigneur est proche* (Extrait d'une petite Drochure publiée sous le titre d'EpUre catholique^ par le nommé Jacques, jeune homme très exalté et frère dn j^indpal accusé. (140 II 60, 7. IV 4 à 8.)

C'est comme qui dirait : sans-culottes, attendez pa-

oœ, la Lëgton-d*Honneur, promènerons des piques sur des tètea, etc., etc. (Pour la suite du programme de ces destructeurs de la famille, s'adresser à M. Victor Hugo, propagateur ardent du principe de la paternité, etc., etc.) Salvien a soin de noua avertir que

C'est aux riches indistincftement que Dieu s'adresse par la bouche de saint Jacques ; c'est à eux qu'il ordonne de pleurer

qu'il prédit de grands maux et qa'il destine le feu éternel. Et, pour leur mieux faire sentir la véritable cause de ses menaces, il ne leur parle ni d*homicide, ni d'adultère, ni d'impiétés sacrilèges, ni même d'aucun de ces vices énormes qui frappent Vème d'une mort éternelle, mais il les condamne pour leurs ricbesses ellesHmèn.es, pour leur injuste cupidité, pour leur soif insatiable dei'or. Il leur montre par là que ces ncheases suffisent, sans aucun autre crime, pour vouer Thomme à une é:ernelle damnation. (Juoi de plus évident? il ne dit pas au riche : tu seras torturé parce que tu es homicide; tu seras torturé parce que tu es adultère. Mais il fui dit : tu seras torturé par la raison seule que tu es riche, et que dés Ion tu uses mal ae tes richesses, ne comprenant pas que tu les as reçues pour les consacrer à des œuvres samtes. (Salvian, C<mt. aoarit^ l. 4.)

Vous devez être sufBisamment édifié. Passons donc à un dernier article.

Quatrième chef, — ^Excitation à la gu<îrre civile.

11 n*y a pas une des lignes précédentes qui ne puisse servir de fondement à ce chef d'accusation. Néanmoins le passage suivant n'est pas à dédaigner. Le pillage et le massacre y sont ouvertement annoncés et conseillés.

Sortez de Babylone, mon peuple....

11 est bien clair que cette grande ville» cette grande prostituée, cette reine des nations, comme il l'appelle, ne peut être que Paris.

Sortez de Babylone, de peur que, participant k ses péchés, vous n'ayez aussi part à ses plaies.

Ecoutez bien ceci :

Rendez-lui U pareille, rendez -lui le double de ce qu'elle vous a fait...

Autant nu'elle s'est enorgueillie et s'est plongée dans les délies, faiteS'iui souffrir autant de tourment et d'affliction.

C'est pourquoi ses plaies, la mortalité, le deuil et la famine viendront en un même jour» et elle sera consumée par le feu...

Et les puissants de la terre qui se sont souilléB et qui ont vécu dans les délices, se frapperont la poitrine quand ils verront la fhmée de son embrasement.

... Et ils diront : Hélas, hélas! la grande ville, ville paissante, comment ta condamnation est-elle venue en un moment?

Ces paroles , citoyen , sont du disciple blen-aimé du Maître, d'un homme qui passe parmi les siens pour un agneau.

Du reste, toutes les pièces saisies révèlent le dessein arrêté de pousser à la révolution par l'empirement universel. Ce projet que les partisans de la République honnête attribuent si justement aux démocrates socialistes d'empêcher la confiance de renaître , le commerce de

prendre , le crédit de se raffermir , est évidemment approuvé par eux , si même ce n*est à eux qu'on en doit at« tiibuer l'invention démoniaque.

Ainsi ce Jean , que je vous citais à l'instant, prédit la ruine du commerce ; et la prédire n'est-ce pas la consom* mer en partie?

Les marchands pleureront, dit-il. parce que personne n'achè* lera plus leurs marchandises*

Hélas hélas! diront-ils, cette grande ville qui était vêtue de fin lin, de pourpre et d'écarlate, et qui était toute brillante d*or, de pierreries et de perles ; comment tant de richesses OLt-elles été détruites en un instant ?

Là même haine du commerce se remarque chez tous ces anarchistes. Rien de plus simple, puisque le commerce est le fondement de la prospârité des états.

Jésus leur avait donné l'exemple quand, traitant les marchands, les agents de change et les banquiers de voleurs, il se livrait contre eux à ces déplorables excès que les évangélistes racontent tous avec tant de complaisance et que saint Matthieu entre autres relate en ces termes :

Et Jésus entra dans le temple de Dieu, et il chassa tous ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; et il renversa les tables des changeurs et les sièges de ceux qui vendaient des pigeons.

Et il leur dit : Il est écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière ; mais vous en avez (ait une caverne de voleurs.

Quel scandale, citoyen! et quel émeutier !

Malheureusement, ils ne s'en tiennent pas à la théorie, et déjà ils ont frappé d'un coup funeste plus d'uae honorable industrie.

Ainsi le citoyen Démétrius, un honnête orfèvre qui se livre spécialement à la fabrication des petits temples de Diane, en argent, et qui emploie un grand nombre d'ouvriers, s^est vu sur le point de suspendre ses travaux parce que le nommé Paul (Paul est son nom de guerre, il s'appelle Saûl) allait partout discréditant sa marchandise, disant :

Que les dieux qui sont foits par la main des hommes ne sont pas des dieux.

Le citoyen Démétrius assembla ses ouvriers.

Vous savez, citoyens, leur dit-il, que tout notre gain vient de cet ouvrage.

Il y eut émeute à cette occasion. Les ouvriers de Démétrius, que les anarchistes n'estaient pas parvenus à em«

baucher, firent use mndfestaticm et se répanfirent dan la ville, poaesant ce cri dm répnbUcaina faonnèles : c Grande est la Diane des Epfarésiens ! > Voms trouiPereE des détails circonetaccîés sur cette afEaire au di. xix des Actes des Apôtres. Apôtres de la ruine eommerdale apparemment!

Enfin, ces monstruosités finissent dignement, finissant par des folies. Jean, d4)à cité, bit un lableaa beaucoup trop beau pour être vrai des splendeurs et des joies qui attendent les démocrates socialistes ouand Ja destruction* de la vieille société sera consommée. Cette peinture fantastique est évidenmieBt empruntée à Fourier, seulement on y renchérit sur lui.

Il y nira, e'éerieMl, im ciel nouveau et une terre aouveUe*

Allusion transparente aux cinq lunes et à la couronne boréale.

Et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni travail ; car ce qui était était auparavant sera passé.

Lisez : Le travail sera attrayant, ce qui évidemment équivaut à sa suppression.

Ensuite il décrit un extravagant phalanstère dont les murs sont de jaspe, les maisons d'or pur, et autres puérilités du même genre.

Enfin, dans ce séjour fabuleux, tout sora gratuit.

Que celui qui a soif vienne, et que celui qui voudra de Teau vivOiCD prenne gratuilonent.

Pardonnez-moi, citoyen procureur-général, d'avoir si longtemps fixé votre attention sur ce mélange dliorreufs et oe folies. Un mot seulement encore pour lequel je vous demande le secret. C'est une dénonciation ; dénonciation pieuse et dont je m'honore. Un de vos cal- Ugues, un homme qui en toute circonstance s'est montré partisan de la république sage, honnête et modérée, le révérend Athanase Coquerel — lui-même! — a'est Dût le propagateur ardent du livre — le plus révolutionnaire assurément qui ait été écrit — d'où la plupart des extraits

1SZ

ébahi! Il fait ce don fttneste à toas ceux ga'il marie. Encore un défenseur de la famille et de la propriétél

Quant à ces affirenses citations, où les pères de TEglise se montrent si mal disposés envers les riches, la propriété et rnsure, je n'ai point tonjours en besDin de res puiser dans leurs volumineux travaux. Deux boinmes, dont je vous engage à noter les noms, m'ont facilité \k tache en les réunissant comme à plaisir dans deux petits livres publiés sous le règne de Taffreux despote dont la Firanoe a secoué le joug en lévrier, et sans crnsner lieu à aucune pounuite, oe qui porterait à croire que Loois- Miilippe nourrissait une haine secrète contre la flmilte el la propriété, et que les démocrales socialistes ne sonl que des orléanistes déguisés. Je livre le fait à votre appréâation ; pour moi, quand je vous aurai dit : l'un de ces livres a pour titre : Histoire des liées sociales (r) , «t d'autre Y Evangile devant k siècle (s) ; Tattleur du premier se nomme Yillegardelle , et l'auteur du second Simon Granger, j'aurai rempli mon devoir civique*

Tout ceci est donc pour vous faire remarquer que, si ces apôtres, ces docteurs, ces saints et ces martyrs, revenaient parmi nous et qu'ils osassent tenir un langage dont personne encore, depuis février, n'a égalé la violence, leur compte serait bon ! et depuis Jésus-€hrist jusqu'au plus hoBude des disciples, la seule chose qui leiur pendrait au nez, en l'absence si regrettable'de la peine de mort, ce serait la comparution devant les conseils de guerre et tout ce qui s'en suit.

Quant à nous, citoyens, si, au lieu de suivre l'exemple des cîtoyem honnêtes et modérés qui les lapidaient ou les crucifiaient quand il leur en tombait quelques-uns sous la main, nous avions prêté unéoreiUe crédule à leurs enseignements, cette crédulité attestant la méchanceté de nos CQSurs, nous ne devrions nous attendre à aucune pitié quand viendraient à nous frapper les lois préservatrices 4e la morale, de la propriété et de la faoûile , sous le coup desquelles nous nous serions volontairement placés. Mais le fait ayant eu lieu il y a dix*huit siècles, indé*pendamment de ce que les mo bernes adorent dans Jésufr- Ghrifit un Dieu, saluent des saints dans ses apôtres, et vénèrent dans les docteurs les pères mêmes de l'Eglise, la circonstance de l'éloignement fait qu'on peut raconter leurs vies, exposer leur doctrine sans encourir aucune pénalité. C'est le bénéfice acquis à l'historien des vieilles choses que je revendique au moment d'écrire la vie et de raconter la conspiration du tribun du peuple , Gracchus

Babeuf, mort pour régaliié; et cette longue exposition des doctrines chrétiennes n'avait d'autre but que de bien établir ma situation; mon droit, au besoin, en recourant ft un exemple.

L'exemple est des mieux choisis ; ou plutôt c'était le seul qui s ofiTilt à moi. Gracchus Babeuf n*eut que deux passions: l'amour des opprimés comme le Christ, la haine ne l'oppression comme les pères, que j*ai eu l'honneur de vous présenter.

Si, au lieu de nous précéder de cinquante ans dans la carrière révolutionnaire, Babeuf s'ofiErait maintenant pour nous conduire, en le suivant, nous serions sûrs d'arriver quelque part comme à Gayenne.

Mais nous ne pouvons nous rapprocher de lui qu'en soulevant un linceul sanglant. Il appartient à l'histoire, et lIIiSTOiRE BE LA GON8Pm4TioN BE Babeup est écrite pour raconter et wm pour prouver.

Vous me direz que l'histoire est une grande école de politique ; je ne le conteste pas.

Victor MEUNIER.

DB

(p) « Unité de commandement.

» Obéissance.

» Là sera la force comme là est le droit. » (Extrait de Tordre da )OQr, en date du 25 juin, par lequel le général Cavaignac est investi du -commandement des troupes.)

{q) « Prêt à rentrer au milieu des simples citoyens, je porterai au milieu de tous le souvenir civique de n'avoir, dans ces finrandes éprea- ▼es, repris à la liberté que ce que le salut de la République lui demandait lui-même. » (Ordre du jour du 26 juin.)

(b) a Paris, chez Capelle, fO, rue des Grès*Sorbonne. Prix: f fr. 25. --La 2* édition améliorée et augmentée de: ACCORD DES INTÉ- RÊTS DANS L'ASSOCIATION et besoins des communes, par Yille- GAKDELLE, Vient de paraître à la même librairie. Prix : 75 centimes.

GeUvre,dontJa l'* édition est épuisée, se réimprime sous ce titré: LA CHARITE CHRÉTIEiNNE, par Simon Oranger, avec pré/ace par YiLLEGARDELLE, chez Garni er, Palais-National. Prix: 75 centimes

DOCTRI>E

DE

L'UARMOMË UNIVERSELLE

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