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en forme, elle ne le féra pas » — écrit de Kérillis. De même l’assistance militaire que l'Angleterre pourrait prêter sur terre est insuffisante. « Mais souvenons-nous que Îa France joue sa vie sur le sol et qu’au point de vue terrestre, l'Angleterre est moin prête encore qu'elle ne l'était en 1914» écrit Paul Reynaud. Sur terre, le requin anglais ne peut pas mordre le tigre allemand. La politique extérieure française, comme d’ailleurs celle du front populaire doit tenir compte de ce fait politique décisif : les anciens vainqueurs de Versailles ne possèdent plus en Europe aucune ‘hégémonie : industrielle. politique, militaire. L'armement allemand, les plans quinquennaux soviétiques et l'essor pris par l’armée rouge ont radicalement changé les rapports de forces en Europe : les centres militaires et économiques les plus importants se sont transférés actuellement en Allemagne et en Union Soviétique. Etant donné la menace du bloc fasciste, une politique d’allances signifie pour la France plus qu’une simple addition des forces, elle est devenue la loi suprême de son existence. Pour se défendre, la France doit attirer à elle et envelopper tout le continent. Elle tend nécessairement à la constitution d’un grand bloc Occident-Orient. Le centre de gravité de cette politique se trouve ën Europe Orientale car l'URSS est le plus puissant adversaire du Troisième Reich et c’est sur elle que repose tout le système d’alliances de la France dans l'Est. Même les représentants de la droite doivent le reconnaitre: «La seule nalion orientale — écrit de Kérillis — capable de faire contrepoids à l'Allemagne c’est la Russie. L'alliance russe valorise donc toutes nos alliances continentales. Sans elle. nous perdrons tous les concours sur lesquels nous avons: le droit de compter pour prendre l'Allemagne de flanc ». L'alliance avec l'URSS offre à la France l’aide de l’armée. et de l'aviation les plus puissantes du monde, ce qui constitue le plus grand gage de sécurité militaire qu'on puisse
obtenir. Les frontières de la France à l'Est seront défen-.
dues depuis la Beresina jusqu’à l'Elbe: Mais PUnion S6-
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viétique.n est:pas seulement. un immenserésersoir de forces, Elle peut assurer à la France une plus grande hberté demouveménts dans. sa politique extérieure en faveur de la paix, et renforcer: la vigueur de l'offensive politique française parce que l'Etat Soviétique :défend activement la paix et résiste énergiquement aux tentatives des agresseurs italo-allemands. Tandis que l'Angleterre retient la France, l’Union Soviétique la stimule. Sr Rome entre dans le camp ennemi, sr Londres freine et si: la Société des Nations ne remplit pas son devoir — et:telle est la situation actuellée — la:France ne peut mener une politique active qu’en s'appuyant sur l'Union Soviétique. Cette nécessité. de la politique extérieure constitue une grande chance pour le socialisme français : c’est avec.un Etat révolutionnaire que la France.est:-liée à la wie et: à la mort.
En Europe,;: à :côté de::la lutte de «classe entre Etats dans lé domaine extérieur,:1l existe encore une lutte de classe:autour: de la:politique extérieure française dans le cadre national. L’Internationale de. la contre révolution agit presque automatiquement sur le sol français. Pendant la guerre d'Abyssinie, la droite française, par sa lutte contre les sanctions, a aidé Mussolini et par cela aussi Hitler qui a eu la possibilité de s'appuyer sur le: fascisme italien
sauvé et renforcé. Ensuite, elle a aidé Franco, aussi bien
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par voie directe que par l'obtention de la:« neutralité » française qui a facilité l'intervention allemande et :italienne. Le front d'Espagne est devenu le champ de collaboration des. fascismes allemand, : italien, français :et espagnol. L'activité du fascisme français en faveur de Franco a été un nouveau six février, un:nouveau « putsch » dans le domaine de la politique extérieure. Le soulèvement de Franco devait aussi-raviver le fascisme français et lui donner le signal du début de la revanche pour sa défaite électorale de 1936.
Îl y a:trois tendances de la politique étrangère de la droite française.
+ 2 La première demande uneentente de la France avec
= se
l'Italie et l'Allemagne et l'adhésion au bloc fasciste. Sous une forme plus modérée c'était en somme la politique de Laval. Jacques Doriot et les journalistes du type d’un Pierre Gaxotte et d’un Chateaubriand la prêchent d’une façon brutale. C’est une politique de catastrophe qui eût mis la France contre l'Angleterre et l’Union Soviétique et qui ne serait guère possible sans la victoire préalable de la contre-révolution. |
La deuxième conception voudrait, tout en maintenant coûte que coûte l'alliance avec les pays anglo-saxons, arriver en même temps à une entente avec l’Italie et lAIlemagne et exclure l’Europe Orientale et, surtout, l'Union Soviétique du réglement des grands problèmes européens.
La presse capitaliste, comme «lInformation» et la «Journée Industrielle » reflètent ce point de vue qui est soutenu par de grandes organisations patronales. Ce n'est pas simplement du pacifisme myope: il s’agit de stabiliser le fascisme au moyen d’une entente des puissances occidentales avec le bloc fasciste et de séparer les Démocraties de l’Union Soviétique. Si ce plan se réalisait, les puissances occidentales mises en état d’infériorité par les dictatures, perdraient peu à peu leur caractère démocratique ; de leur collaboration avec le fascisme naîtrait une sorte de synthèse réactionnaire qui affaibhrait le socialisme prolétarien dans toute l’Europe. Cette conception est tout à fait utopiste, car elle ne tient aucun compte non seulement de lantagonisme franco-allemand, mais aussi du conflit anglo-italien et elle prêche l'union au €apitalisme européen qui est profondément divisé. Elle ne peut vaincre qu’au cas où la réaction l’emporterait en France.
La troisième tendance proclame la nécessité de la résistance à l'agressivité des puissances fascistes, mais elle voudrait que la France ne cherche l’assistance que chez les Etats capitalistes d'Occident tout en éliminant l'Union Soviétique. ; |
Gette opinion est partagée par les éléments modérés
de la bourgeoisie qui comprennent l'impossibilité d’un accord avec Berlin et d’une union avec Rome, et qui aspirent à la création d’une entente occidentale — Paris- Londres-Washington — dans laquelle le capitalisme anglo-saxon jouerait le premier rôle. Mais il est à craindre que cette entente ne devienne une fusion du pacifisme démocratique passif et du pacifisme capitaliste des brasseurs d’affaires et, en se montrant trop longtemps indul-, gente à l'égard de Hitler, ne glisse sans le vouloir, dans la guerre. En cas de conflagration elle pourrait facilement se muer en seconde édition de l'entente 1917-1918 qui s’est terminée par le traité de Versailles dont les méthodes impérialistes et capitalistes pour liquider la guerre ont ouvert le chemin à un nouveau conflit mondial. Tienton à avoir une fois de plus une « dernière guerre », un second traité de Versailles et les prodromes d’une troisième guerre mondiale. ?
Sous le gouvernement de Front Populaire la classe ouvrière a fait une expérience sérieuse dans le domaine de la politique étrangère. Le prolétariat peut gagner une bataille dans la politique intérieure mais la perdre dans la politique internationale. Le prolétariat français a obtenu une victoire électorale qui a amené le front populaire au pouvoir mais il a dû battre en retraite dans la politique étrangère et surtout dans la question espagnole.
Le socialisme français a été le témoin de la façon dont la droite bourgeoise a exercé avec succès une forte * pression sur la politique étrangère. Il est à craindre qu'en cas de coalition entre la France, l’Angleterre et les Etats Unis la démocratie socialiste française ne soit dominée par le capitalisme anglo-saxon. Le danger d’une influence du cabinet conservateur anglais sur la politique extérieure du gouvernement de Front Populaire est notoire. Est-l permis de faire de ce cabinet Chamberlain larbitre de l'Europe ?
Le sort du socialisme français va se décider sur le Eerrain de la politique extérieure qui va résoudre le grand
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problème : l’Europe va-t-elle devenir socialiste ou fastrste ? Si le socialisme qui représente la plus grande force politique du pays doit reculer sous la pression de l’adversaire, dans la politique extérieure, 1l sera par contre coup affaibli en tant que parti gouvernemental. Il a besoin d’une politique étrangère qui pourrait le re à l’inres du pays et lui rendre la direction politique de FEurope. La droite essaie de disqualifier le front populaire en prétendant que son gouvernement a affaibh et paralysé la France dans le monde. En réalité, c’est le contraire : k démocratie socialiste française est capable d'offrir à la France une sécurité plus grande que n'importe quelle autre force politique et d’ établir sa politique européenne sur des bases solides. Mais pour cela elle devrait adopter de nouvelles méthodes.
Sa politique d’alhances peut assumer un caractère nouveau. Cela n'implique nullement Ia perte de Famité des pays anglo-saxons, au contraire, elle pourrait dans une large mesure influencer leur politique européenne.
Le rapide développement de l’Angleterre et des Etats- Unis comporte la lutte de deux tendances qui sont à la fois capitalistes et anti-capitalistes, conservatrices et progressistes, pacifistes et impérialistes. Le mouvement ouvrier américain voit en Angleterre l'exemple d’un puissant Labour-Party, le mouvement ouvrier anglais se trouve entre le front populaire français et la transformation sociale aux Etats-Unis. La France donne le ton. De même que le traité avec l'Union soviétique a renforcé la gauche française et contribué à l'ascension au pouvoir du front populaire, l'alliance de la France avec l'Angleterre et les Etats-Unis aidera les éléments socialistes et avancés de ces deux pays. Pour assurer son influence mondiale, Île front populaire français devrait rester au pouvoir et mener une politiqué européenne hardie.
Le sociahsme qui a sa politique étrangère propre peut aussi créer son propré système d’aHrances et mettre sur pieds une puissante coalition européenne, C'est à que
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