‹ Le socialisme et le fascisme se disputent l'EuropeChapitre 16 sur 28 · PTS · texte numérisé non relu

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du pays, qui est toujours demeurée vivante en France. Le fascisme est supérieur à la démocratie conservatrice et bourgeoise en concentration de forces ; mais la démocratie socialiste qui sait agiter les masses l'emporte politiquement sur les dictatures fascistes car le dynamisme révolutionnaire est plus réel et plus fort que le pseudo-dynamisme belliqueux du fascisme. Les gauches au pouvoir sont capables de renover les méthodes de la politique extérieure de la France. La diplomatie bureaucratique française a fait faillite: croyant qu’un gouvernement en égale un autre et que les paragraphes font loi, elle n’a pas su prévoir la politique fasciste de ruse et de violence et a mis la France plusieurs fois dans des situations dangereuses qui ont facilité le réarmement de l’Allemagne et ses actes

agressifs. Seuls les gauches peuvent liquider en France

Or F

la vieille théorie conservatrice et bourgeoise de la non-

intervention.

Le problème « socialisme et nation » est posé en France avec cette clarté qui à toujours été le propre de l’histoire politique française. C’est au socialisme français qu'incombe la tâche ardue de diriger la nation en temps de crise européenne extraordinaire : les éléments pro-fascistes assez

importants de la droite ne pouvant faire qu'une politrque franchement anti-nationale.

À l'aile droite de la politique française se forme une nouvelle Vendée qui tend la main aux ennemis de la France, mais la Vendée de la contre-révolution moderne est desti-

née à provoquer en France, selon ses traditions nationales, un mouvement d'un jacobinisme moderne, c'est à dire,

un jacobinisme socialiste.

Cela ouvre dans le nationalisme bourgeois français une crise sans issue ; sa position est ébranlée, la droite anti-nationale perd son meilleur atout et toute sa force d'attraction aux yeux du peuple. Voici ce que de Kerillis écrit sur cette crise de la droite pro-allemande : « Quoi ! c'est au moment même où le patriotisme montre tout son dynamisme qu'ils (les germanophiles de la droite)

s’en détournent pour devenir des: pacifistes: et des: amis de PAllemagne ! Ils perdent du coup leur plus grand moyen d'influence sur les masses. Ils se coupent les aïles ils se brisent les jarrets ; ils abandonnent toute possibilité de redevenir dans l'épreuve les guides du peuple français. Qu'est ce donc, en effet, qu’un parti de droite sans le patriotisme, sans le nationalisme, sans le grand élan qui enlève au-dessus des intérêts pour en faire le défenseur et l’apôtre de [a grandeur française ? »

Une politique ferme de sécurité nationale se tourne, par conséquent, aujourd’hur en France contre la droite el contre les classes possèdantes. « La France doit vivre dangereusement » écrit Pertinax qui, tout en étant:le porte-barole de la droite en politique étrangère n’a pas voulu capituler devant les ‘tendances germanophiles et profascistes. Vivre ‘dangereusement, ‘cela signifie non seulement assumer le risque de la guerre, mais aussi-se ralher au gouvernement socialiste et démocratique et défendre la France en alliance avec l'URSS par les méthodes de la guerre anti-fasciste. Le jacobinisme :français ne peut ressusciter que sous la force d’un ‘jacobimisme socialiste soutenu en premier lieu ‘par les masses prolétariennes. Clémenceau à été lé dernier jacobin bourgeois et impérialiste en France. Son :jacobinisme: a ramené: la victoire militaire, mais n'a résolu aucun problème européen et a frayé un chemin à üne deuxième guerre: mondiale.

Le nouveau jacobinisme socialiste sera par contre, éminemment européen et deviendra l’allié de FAflemagne socialiste de demain.

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Le SOCIALISME OCCIDENTAL et l'UNION SOVIETIQUE

Tandis que la contre-révolution faisait rage en Europe Gentrale. les forces socialistes étaient en croissance à l'Ouest et à PEst. En France, le parti socialiste mène le front populaire qui prend le pouvoir; en Angleterre, le Labour Party connaît de nouveaux succès; l’Union Soviétique poursuit sa consolidation économique et sociale. En Pabsence du socialisme allemand, les pihers de l'Europe fluture sont raïfermis en Occident et en Orient, où les puissants centres de résistance au fascisme agressif, trouvent

une vigueur nouvelle. Le socialisme démocratique

occidental et l’Union Soviétique, haïs et menacés tous

les deux par le Troisième Reich, constituent les forces

pohtiques décisives de l’époque. L'avenir du socialisme européen dépend de leur union et de leflicacité de leur

coaboration. À ses débuts, la révolution russe avant et pendant la hquidation de la guerre mondiale, a ranimé et rendu plus radical le socialisme occidental. Sous son

imfluence, les partis socialistes ont renoncé au soctal-patriotisme, le Labour-Party a remporté ses premiers succes et le mouvement ouvrier européen a engagé la lutte con-

tre d'intervention impérialiste en Russie. Mais peu après

eut lieu la rupture qui a duré presque quinze ans. L'Union

| soviétique s'est isolée de l'Occident et à rompu avec le so- | cialisme démocratique ; le socialisme français dut souffrir

pendant quinze ans d’une scission qui a empêché la classe

: ouvrière en France de jouer un rôle de premier plan.

Le revirement fut déterminé par la politique extérieure. À la suite d’un rapprochement plein de promesses, on cherche à surmonter les différences idéologiques et tactiques au nom d'une politique européenne commune, Lebloc de-la paix, formé par l'Angleterre: la France et l'Union

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Soviétique, reste sur la défensive mais c'est l’attibude des plus forts qui peut se transformer facilement en une puissante contre-offensive. Dans ces conditions, l’Union Soviétique et le socialisme occidental étaient arrivés à une trêve qui a préparé la collaboration ultérieure. Pour la gauche anglaise, comme pour les pacifistes anglais à mentalité européenne, l’Union Soviétique est une grande puissance au sein de la Société des Nations, un facteur de paix de haute importance. Lord Cecil, Attlee et Litvinov, parlent le même langage. L'idée de la sécurité collective pous-

se la gauche anglaise vers une politique continentale ac- - tive et vers la conviction que cette dernière n’est pas possible sans une collaboration anglo-russe. Le Labour-Party

est arrivé à la conclusion que la lutte de classe se poursuit aussi sur le terrain de la politique extérieure et il note que certains milieux conservateurs ont recours dans leur lutte contre le socialisme à une politique anti-euro-

: péenne, germanophile et pro-fasciste. En adhérant au front anti-fasciste européen le Labour-Party travaille pour . l'alliance avec l’Union Soviétique. Le socialisme français considère l’Union Soviétique comme un élément décisif

et indispensable à [a sécurité de la France et à sa politique européenne ; la ferme volonté de l’Union Soviétique de tenir tête aux grandes puissances fascistes commence a exercer son eliet sur le front populaire français.

Le fait politique actuel le plus important est la formation de l'entente Paris-Londres-Moscou qui sera décisive pour l’avenir de l’Europe et du Socialisme.

Ce bloc de l'Est et de l'Ouest n’est cependant pas encore achevé, il n’est pas encore réalisé sur le terrain de la politique extérieure et n’est pas devenu une union formelle.On ne peut pas encore en parler comme d’un bloc d'Etats compact, en tant que coalition socialiste aussi longtemps que les conservateurs anglais sont au pouvoir et qu'il lui manque un accord de principe et d’unité entre l’Union Soviétique et le socialisme occidental. Mais tout de même

e bloc de paix — Paris-Londres-Moscou — se développe

dans toutes les directions et évolue vers une entente socialiste. Les liens qui unissent ses membres se resserrent ; l'alliance anglo-française d’une part et franco-soviétique de l’autre, se raffermit, ce qui prépare le terrain de collaboration dans le secteur anglo-soviétique du grand bloc. Au sein de la nouvelle Entente, les forces socialistes deviennent de plus en plus importantes ; en France le socialisme est au gouvernement ; en Angleterre le Labour-Party est candidat au pouvoir ; le dynamisme politique de FEurope Orientale est socialiste. L'action d'unité prolétarienne qui relie Paris à Moscou non pas seulement sur le plan de la politique extérieure montre Îa voie de la construction socialiste de la nouvelle Entente. Elle doit activer les alliances socialistes internationales et vice-versa. La grande entente socialiste est en voie de formation et ses fondements solides sont déjà posés.

Elle n’a rien à faire avec la triple Entente smpérialiste de 1914. Les profondes transformations politiques et Ssociales qui ont été réalisées pendant les derniers vingt ans par la révolution russe et l’ascension au pouvoir du socialisme occidental tracent une ligne de démarcation entre le bloc Paris-Londres-Moscou qui se construit sous la direction socialiste et l’union que le Tsarisme russe a jadis conclue avec les puissances bourgeoises, démocratiques et impérialistes d'Occident.

Le nouvelle Entente n’est ni impérialiste ni anti-al- | lemande. Elle est soutenue par les forces du socialisme ascendant et elle est la future alhée de la révolution alleman- : de. Elle constitue également la base du front populaire

et du rassemblement des forces révolutionnaires de l'Europe.

*e grand rassemblement socialiste et démocratique est rendu possible grâce au revirement décisif des Soviets dans la politique européenne, qui n'est plus dirigée contre l'occident et contre la démocratie mais est orientée vers leur défense. L'Union Soviétique soutient les puissances occidentales dans leur lutte pour la paix et la sécurité, leur offre des garanties très importantes en Europe Orien-

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