‹ Le socialisme et le fascisme se disputent l'EuropeChapitre 20 sur 28 · LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA REVOLUTION ALLEMANDE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE ETRANGERE DE LA REVOLUTION ALLEMANDE

En faisant exploser l’Europe, le Troisième, Reich fait sauter l'Allemagne elle même. Le super-Etat nationalsocialiste, l'empire fasciste pangermaniste est une dictature personnelle. Il s'égare dans les vastes étendues de l'Europe Orientale et Qud-Orientale en cherchant à conquérir de prétendues « frontières naturelles » de lAllemagne et il veut reprendre la lutte séculaire à la fois contre l'Orient et contre l'Occident. Le Reïch hitlérien représente une menace pour l'Europe et um danger de mort pour l'Allemagne elle-même qu'il mène à une catastrophe mettant en péril son existence nationale.

La politique anti-européenne de la dictature nationalsocialiste et ses préparatifs guerriers ont de nouveau posé le problème allemand dans le sens qu'il avait au XVIIIe et au XIXesiècles : il s’agit de l'existence du Reich, en tant qu’Etat, des formes de son organisation, de ses frontières. Après l’effondrement du national-socialhisme une crise sans précédent fera surgir toutes ces questions qu'il faudra régler d'avance pour pouvoir résoudre le problème européen. Le socialisme européen doit se préoeuper de l'avenir politique de l'Allemagne, car il s’agit là de son propre avenir.

| Parmi toutes les solutions possibles, celle du démembrement de l'Allemagne après sa défaite serait la plus terrible et la plus dangereuse. Il est possible que les puissances victorieuses détruisent l'unité de l'Etat allemand pour écarter une fois pour toutes le danger de l'agression et de la revanche de sa part. Ge serait un deuxième traité de Versailles mais plus brutal et plus destructif. Le dé-

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membrement menerait à une solution catholique-fédérahste ou plus exactement catholique-séparatiste, probablement sous l'égide des Habsbourg-Wittelsbach : une sorte de fédération allemande depuis Cologne jusqu’à Vien-

l’Allemagne de l'Est serait placée sous la tutelle polonaise. Dans ce cas l’Allemagne reviendrait à la situation qui existait avant 1803. Toute l’Europe Centrale retomberait dans le, marasme, l’économie allemande serait paralysée, la solution démocratique et révolutionnaire - du

historique et tout espoir d'avenir.

rait malheur à toute l'Europe, qui serait déchiréa du

l’Allemagne est done une solution anti-européenne :qui impliquerait aussi bien la défaite du socialisme allemand que celle du socialisme européen. Elle n’est guère possi-

et en Angleterre et elle renforcerait automatiquement

en particuher Îles régimes contre-révolutionnaires en Italie, en Pologne et en Hongrie, les forces cléricales fascistes en Europe Centrale et les petites dictatures.de. la périphérie, depuis la mer Baltique jusqu'aux Balkans. Il est probable qu'il en sortirait une nouvelle coalition des forces contre-révolutionnaires s'appuyant sur l'Europe Centrale morcelée qui alimenterait ainsi la réaction et: deviendrait une zone de dépression politique pour toute l’Europe et la cause du marasme persistant du continent. entier. Les émanations de petits Etats réactionnaires

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ne sous le contrôle des puissances occidentales, tandis que :

problème allemand serait rendue impossible et le prolé-: tariat germanique dont la défaite a commencé le 30 Janvier 1933 en se prolongeant à l'infini perdrait son rôle :

Mais cette solution catholique et séparatiste porte: fait même que l’Europe Centrale aurait été mise en pièces:

et la paix catastrophique succédant à la catastrophe de . la guerre empêchera son unité, Le démembrement de.

ble qu’au cas où la réaction serait victorieuse en France:

pour une période indéterminée, la réaction européenne,

aHemands soutenus par de :nombrenx. alliés: pourraient. empester l'atmosphère européenne et:leurs-effebs iréfastes:

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pourraient se faire sentir en Occident et devenir désastreux en premier lieu pour le sociahsme anglais et français. C’est pourquoi la restauration des «labsbourg en Autriche présente à l’heure actuelle un danger pour l’Allemagne de demain et l’Europe d’aujourd’hui : précisément parce qu’elle constituerait un noyau de la régression politique pour l'Europe.

Cependant,une semblable solution, barbare et réactionnaire, du problème allemand est peu probable.L’Europe ne pourra pas résorber une Allemagne démembrée. Le capitalisme occidental n’a pas assez de forces pour une opération violente de cette envergure que Clémenceau luimême n’a pas osé tenter en 1919. L’hégémonie des puissances occidentales comme dans la guerre de 1914 n’est pas possible, même après une victoire, car 1l existe le contrepoids de l’Union Soviétique. Mais il est pourtant nécessaire de connaître le danger et de l’écarter à temps. Le socralisme international peut l’éviter s’il prépare, d'accord avec les forces révolutionnaires allemandes, une solution positive, européenne et socialiste du problème allemand.

Un autre danger pour la révolution allemande peut venir du côté de la politique extérieure. Ce serait une orientation occidentale unilatérale. Il est possible que les classes possédantes allemandes, imitant la politique extérieure de Thiers en 1871, cherchent à s'entendre avec le capitalisme occidental, même au prix d’un second traité de Versailles, pour assurer une restauration capitaliste. Elles miseraient dans ce cas sur l’épuisement du prolétariat allemand sous la dictature national-socialiste et sur une attitude passive de l'Union Soviétique. Le capitalisme allemand pourrait prendre au dernier moment une orientation occidentale et s'appuyer sur le capitalisme de l'Ouest afin de paralyser les forces socialistes à l'intérieur du pays et de les empêcher de s’allier avec l'Union Soviétique. Mais il est fort peu probable, qu’à l'heure où on décidera du sort de l’Europe, la bourgeoisie impérialiste se trouve, comme en 1919 au pouvoir en France

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et en Angleterre, car le dynamisme politique de l'Occident est socialiste.

Cependant, il n’est pas impossible que le danger d’un front uni capitaliste Paris-Berlin-Londres ne naisse à certaines étapes de l’évolution de la crise européenne.

Une troisième solution. qui ne réglerait pas non plus le problème européen, serait l’orientation unilatérale de l’Allemagne vers l'Est qui chercherait à S appuyer passivement sur l’Union Soviétique. Elle. ne peut devenir inévitable qu’au cas où l'impérialisme occidental resterait au pouvoir et menacerait la révolution allemande et l’unité du pays. Mais si cette orientation persiste. elle n’entraînera que le déchirement de l’Europe, et un antagonisme néfaste entre l'Allemagne et les démocraties occidentales.

Il n’y a aucune fatalité historique qui condamne la révolution allemande à être menacée politiquement du dehors. Au contraire, ilest fort probable que cette révolution éclatera dans une situation européenne complétement différente de celle de 1918. La révolution allemande se brisa alors entre l’ennemi à l'Ouest représenté par l’impérialisme bourgeois des vainqueurs et la Russie Soviétique à l'Est qui était battue militairement et affaiblie par la famine, le blocus, la catastrophe économique et la guerre civile. En 1917-18 l'impérialisme allemand a remporté

‘la victoire militaire sur la révolution russe, écrasant ainsi | cette force qui était seule capable de protéger et de soutenir lAllemagne démocratique lors des négociations de . paix. La révolution allemande coupée de l'Orient, a été | séparée de la révolution russe : force lui a été de CapI- :tuler devant l'Occident. Les puissances occidentales ont affaibli et découragé la République allemande , mais elles ont protégé le Capitalisme allemand contre la révo- Jution. A présent, il ÿ 4, au contraire, des chancés pour que la révolution allemande — éclatant soit en temps de paix, soit en temps de guerre — se développe dans une situation européenne toute différente. Au lieu d’en-

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nemis elle trouvera peut-être des alliés aussi bien à l'Est qu'à l'Ouest : ce sera le socialisme démocratique au pouvoir en Occident et l'Union Soviétique en Orient. Cette dernière ne sera pas l'Etat révolutionnaire vaincu de l’année 1918, mais la plus forte puissance nuihitaire et économique du continent qui, en cas de guerre, aura écrasé le fascisme allemand. L'Union Soviétique et le socialisme démocratique occidental peuvent agir comme garantis de la révolution allemande et de l'unité de l’Allemagne. La politique extérieure de la révolution allemande est ainsi déterminée d'avance : elle peut poursuivre une pohtique d’alliances socialistes à longue échéance et l'histoire de la seconde république allemande ne commencera plus dans la forêt de Compiègne.

Pour que la politique extérieure de la révolution allemande soit couronnée de succès, il faut que deux conditions indispensables soient remplies. Il est nécessaire d'extirper radicalement et d’abattre avec une intransigeance jacobine la trinité : fascisme, féodalisme et industrie lourde qui constituent les fondations du Troisième Reich et qui est responsable de la contre-révolution

allemande et des préparatifs de guerre européenne. Le point

le plus faible de la politique pacifiste de Ia République de Weimar c'était qu’elle n’était pas suivie d’une poli-

tique démocratique énergique à l’intérieur. Sa capitulation

devant les forces contre-révolutionnaires était en même temps la capitulation devant les forces du militarisme allemand. Continuant à l’intérieur la tradition du Reich impérial, la République de Weimar portait de ce fait la responsabilité de la guerre et assumait un lourd fardeau dans la politique extérieure. Le rétablissement des anciennes forces réactionnaires, animées par le national-socialisme, signifiait que la revanche va devenir fatale. En mutilant et en violant la révolution allemande les puissances occidentales ont préparé leur propre désastre : la contrerévolution allemande et la revanche allemande. La République de Weimar suecomba la première, puis ce fut

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le tour de la paix européenne.

la révolution allemande écrase 1 accOmplira une œuvre de libérat temps elle exécutera une

Si dans un proche avenir es lorces du fascisme elle ion nationale et en même sentence européenne. Pour

mener une politique extérieure féconde la révolution

allemande devra faire un nettoyage à fond dans le pays et souder l’Allemagne à l'Europe, en premier lieu, au front populaire français et à l’Union Soviétique. Ce sont aussi les raisons de la politique extérieure qui interdisent à la révolution allemande tout compromis libéral et toute demi-mesure opportuniste.

La politique étrangère de la révolution allemande et c'est là la deuxième condition -— devra avoir une ligne directrice poursuivant des buts nouveaux avec de nouvelles méthodes. Après la chute du nationalisme contrerévolutionnaire allemand, il Y aura un vide en Europe, que la politique extérieure active de la révolution devra essayer de combler; elle ne continuera pas simplement Weimar. La politique étrangère de Weimar était une synthèse du pacifisme modéré et du nationalisme mesuré, dénuée de toute véritable conception européenne. Elle était suffisamment pacifiste pour 1rriter les nationalistes et suffisamment nationaliste pour rendre ses propres bases Incertaines et vacillantes. Elle n’a pas su se distinguer nettement et résolument du nationalisme et il n'y a pas eu de différence essentielle entre la politique étrangère de Hermann Müller et celle de Stresemann, entre la politique étrangère de Stresemann et celle de Brünaing, entre la politique de Brüning et celle de Papen et enfin entre la politique de Papen et celle de Hitler, l’une découlant de l’autre, et cela jusqu’au glissement vers la catastrophe européenne.

La politique étrangère de Weimar à été déterminée par l’Europe capitaliste — ce qui lui donnait une certaine détermination tragique — et ne valait que pour cette Europe capitaliste.

La politique extérieure socialiste peut donner à l’Al-

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lemagne plus encore que la paix et la sécurité. Elle sera un facteur intégral de ia transiormation politique et sociale de l’Europe et elle aura la même orientation que toutes les forces progressives et révolutionnaires de lPEurope, elle sera tournée vers le grand bloc Est-Ouest qui a été réalisé par la collaboration franco-soviétique et qui a groupé tous les éléments capables d’opposer une résistance au fascisme allemand. Cette politique de l’Allemagne socialiste sera déterminée par son alliance avec le socialisme occi- | dental démocratique et l'URSS et par la situation qu'elle occupe au centre de l’Europe, situation politiquement favorable.

Il s’agira de la reconstruction socialiste de FEurope et non pas simplement de la politique de la sécurité, de l'équilibre entre l'Est et l'Ouest, d’une combinaison diplomatique de Rapallo et de Locarno, comme sous Stresemann. Ce sera une politique d’alliances européennes entièrement nouvelle, avec des tâches, valeurs et possibilités nouvelles qui rompra avec toutes les traditions de la vieïlle diplomatie allemande et marquera une séparation nette avec Bismark, Bülow, Stresemann et Hitler. Elle sera déterminée par la position du pays entre Est et l'Ouest et par l'échange politique, matériel et culturel qui aura heu entre l'Allemagne socialiste d’une part et, d'autre part, le socialisme occidental et l’Union Soviétique.

L'Allemagne socialiste pourra avant tout assurer à l'Occident une paix durable. L'Occident aura besoin de l'Allemagne comme d’un associé dans l'organisation de la paix. Mais pour que cela arrive, il est absolument indispensable que la Révolution allemande victorieuse se stabilise à l’intérieur. L'Occident est donc intéressé au succès total de la révolution anti-fasciste et anti-féodale qui détruirait en Allemagne les torces de guerre. L'Allemagne socialiste pourrait garantir aux puissances occidentales l’organisation de l'Europe continentale. Le troisième Reich barre le chemin à l'Europe Centrale. Orientale et Sud-Orientale aux puissances occidentales,

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il établit une sorte de blocus de l’Europe et empêche toute solution d’ensemble européenne. L'Allemagne socialiste, au Contraire, aurait relié l'Occident au bassin danubien et à l'Europe Orientale et jouerait un grand rôle dans l'établissement d’une économie européenne dirigée. Une solution du problème franco-allemand ne serait pas possivle sans la collaboration socialiste de deux puissances dans un cadre de coopération européenne économique et culturelle et, scule, une Allemagne socialiste pourrait y arriver.

L'Allemagne socialiste renforcera puissamment la position et le dynamisme du socialisme démocratique occidental qui est menacé aujourd’hui par les préparatifs de guerre et par la campagne anti-démocratique du nazisme allemand, elle lui assurera sa sécurité politique. La révolulion allemande déclenchera un grand mouvement de rénovation européenne et donnera au prolétariat occidental une forte impulsion politique. Le socialisme ne peut pas être arrêté à la frontière du Rhin : la révolution sociale à Berlin entrainerait l'effondrement de la société bourgeoise et capitaliste de l'Occident, écrit de Ktrillis. L’Allemagne vivra son 1793 retardé et passera par une révolution anti-féodale et anti-conservatrice, ayant un contenu socialiste. Le socialisme français y verra une affirmation de sa propre tradition jacobine, et l'alliance avec cette Allemagne ardente fera perdre au socialisme anglais ses traits conservateurs. En s’alliant au socialisme allemand, le socialisme occidental renforcera son propre hinterland situé en Europe Centrale.

L'Occident démocratique et socialiste peut donner à l'Allemagne révolutionnaire la sécurité de la paix, il peut lui garantir son unité et, en cas de guerre, il peut empêcher que la conflagration ne se termine par la tragédie d’un second traité de Versailles et que l’Occident, profitant de Ia faiblesse provisoire de l'Allemagne socialiste, ne tente de la menacer et de l’étrangler comme en 1918.

L'Occident démocratique dirigé par les socialistes

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peut aider l'Allemagne socialiste à se débarasser de l’autarchie et à se réintégrer dans le système économique mondial tout en lui prétant l'assistance financière pour la reconstruction socialiste de l’économie nationale.

Au point de vue politique, l'Occident va renforcer le courant du socialisme démocratique au sein de la révolution allemande. Après la chute de la dictature national-socialiste, l'Allemagne se trouvera au carrefour. L'alliance avec le socialisme démocratique occidental permettra au prolétariat allemand de s'inspirer de ses valeurs et facilitera l’évolution de l’Allemagne vers une démocratie socialiste.

Cette alliance activera le rattachement de l'Allemagne à la civilisation occidentale si riche, si variée, si éprise de liberté et si anti-autoritaire. Des conditions politiques et révolutionnaires sont indispensables pour la renaissance de la culture allemande. Quand le germanisme barbare aura été abattu et qu’on aura balayé tout le mélange de charlatanisme, de dégénérescence intellectuelle et de résurrection des fantômes moyenâgeux qui forme la sauvagerie national-socialiste, l’Allemagne puisera de nouveau aux sources de la culture occidentale. L'ancienne culture allemande, pure, classique et universelle, renaitra - alors pour créer les éléments d’une nouvelle civilisation

socialiste, la main dans la main avec les acquisitions eul- # turelles du mouvement ouvrier et les recherches philoso- | phiques et sociologiques modernes qui dans l'Allemagne de Weimar étaient les plus profondes de notre temps et que le national-socialisme avait ensevelies sous les décombres.

C’est alors que l'unité brisée de la culture germano-

| romaine sera rétablie sur une base socialiste. | L'Allemagne socialiste fournira également une base | nouvelle à la politique allemande dans l'Est et enlèvera à l’Union Soviétique toute menace à l’'Ouset. La menace de guerre du Troisième Reich a arrété le rythme normal du puissant développement économique de l'URSS qui a

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été forcée d'investir des sommes énormes dans les armements et cela au détriment des autres branches industrielles, notamment de celles des produits de consommation courante. La paix que la révolution allemande pourrait apporter dans l’Est, permettrait un nouvel essor économique de FURSS.

L'Allemagne socialiste ouvrirait à l'Union Soviétique un accés direct à l’Europe. Le Troisième Reich coupe l'Union Soviétique de l’Europe et la rejette dans la périphérie européenne.

Le poids politique de URSS ne se fera sentir entièrement qu’au moment où l'Allemagne lui offrira un pont vers l'Occident. La révolution allemande remplira une grande mission européenne en servant de trait d'union entre l'Est et l'Ouest.

Au point de vue économique, l'Allemagne socialiste pourra fournir à l’Union Soviétique ses immenses ressources d'organisation, de technique et de travail qualifié dans le cadre de la coopération socialiste. Les besoins de VPURSS dans ce domaine sont illimités car cet énorme pays est capable d'accélérer encore plus le rythme de son industrialisation, en particulier dans l’industrie légère.

L'Allemagne socialiste pourrait également exercer sur l’Union Soviétique une influence politique favorable, en y reniorcant les tendances démocratiques, en la rapprochant du socialisme prolétarien de l’Europe et en offrant aux masses russes le spectacle attrayant d'une démocratie socialiste. |

L'Allemagne socialiste sera orientée vers l’Union Soviétique et vice-versa. L'alliance avec l'URSS constituera la tâche la plus importante de sa politique nationale. L'Union Soviétique pourra et devra agir comme garant de l'unité de l’Allemagne révolutionnaire et la protéger contre l’impérialisme occidental au cas où il serait au pouvoir. L'influence de l'Union Soviétique dans la coation anti-hitlérienne sera mise à profit par l’Allemagne socialiste.

L'Union Soviétique pourra fournir à l'Allemagne

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socialiste des matières premières et rendre impossible son blocus ; céla veut dire que même aux moments les plus critiques la Révolution allemande possèdera une sécurité économique. La collaboration russo-allemande pourrait également résoudre le problème des nouveaux territoires que le fascisme veut trancher par la guerre, mais qui peut être réglé par une entente socialiste. Cette même collaboration tirera l'Allemagne de lisolement, de son autarchie et lui ouvrira la porte de l'Europe Orientale et de l'Asie. Hitler à proposé à l'Allemagne la perspective d’une lutte pour la conquête de l'Ukraine, de l'Oural et de la Sibérie mais les ouvriers, les techniciens et les ingénieurs

‘allemands peuvent les obtenir sans la guerre en partici-

pant à l’œuvre internationale et planifiée de collaboration

socialiste. Quand la coopération économique russo-alle-

mande sera organisée ils prendront part à lindustrialisation de l’Asie, contribueront à l’essor économique de vastes contrées, dirigeront des entreprises puissantes.

Dans deux domaines l'alliance avec l'URSS sera de la plus haute importance pour lAllemagne socialiste, La révolution allemande va profiter de la grande expérience faite par l’Union Soviétique dans l’économie d'Etat et l’économie dirigée, elle va éviter ses erreurs, elle va utiliser ses acquisitions. L’édification du socialisme en Allemagne sera plus aisée qu’en URSS et ne demandra pas de sacrifices immenses pour l’industrialisation du pays. Les éléments matériels de l’ordre socialiste existent en Allemagne, son instauration sera une tâche purement politique et d'organisation et non pas matérielle ou technique. De plus, l'édification socialiste en Allemagne va com-

mencer à un degré technique et culturel incomparable-

ment plus haut que celui de l’Union Soviétique au début de sa reconstruction économique en 1918-1928.

En second lieu, l'alliance avec l’Union Soviétique poussera l'Allemagne de demain aux décisions révolutionnaires. L'Union Soviétique a accompli la plus grande

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