‹ Le socialisme et le fascisme se disputent l'EuropeChapitre 22 sur 28 · LES TRANSFORMATIONS SOCIALISTES · texte numérisé non relu

LES TRANSFORMATIONS SOCIALISTES

Une politique extérieure socialiste, nouvelle et active, exige également une politique intérieure nouvelle. La force du prolétariat dans la politique européenne dépend de sa puissance dans chaque pays et de la mesure dans laquelle il prend part, sous une forme ou sous une autre, au pouvoir dans les grands Etats. Mais le prolétariat a-t-il, dans le cadre national, une politique correspondante à notre époque de grands bouleversements internationaux ? En vingt ans, pendant le cycle des révolutions européennes de 1917-1918 l'expérience politique du socialisme s’est énormément enrichie surtout après les urandes défaites de 1933 et de 1934. Cette expérience est fort variée : nous savons depuis 1918 comment on perd une révolution socialiste ; nous savons depuis 1933 et 1934 comment on perd une démocratie et comment le fascisme devient vainqueur. Mais les événements ultérieurs nous apprennent aussi comment on défend eïticacement la démocratie et comment on remporte les victoires socialistes.

La situation actuelle est totalement différente de celle de 1918 ou de 1933, les deux grands tournants du mouvement socialiste.

Tout d’ahord, il n’existe plus dans le mouvement ouvrier de luttes autour de la démocratie ou detendances antidémocratiques importantes. La démocratie n’est plus attaquée à gauche, comme à l’époque où les partis commu nistes menaient une offensive contre elle ; aucun parti ouvrier n’essaie plus de la saboter ou de la miner. Au -ontraire, les partis communistes la défendent activement et reconnaissent sa valeur. La nouvelle tactique électo-

rale des communistes français assure la démocratie, rend possible la victoire du front populaire et contribue à l’essor du socialisme. Le prolétariat devenant résolument le porte-drapeau de la liberté, manifeste une torce politique irrésistible et l'attrait du socialisme s’accroît dans la lutte pour la liberté. Cette lutte commence par la défense de la démocratie pour ouvrir la voie à la contreoffensive socialiste. En vouant toutes ses forces à la cause de la démocratie, le socialisme contribue à son évolution ; la renaissance de la démocratie va avec la montée du socialisme. À cette nouvelle étape de la lutte entre le socialisme et le fascisme, la démocratie ne représente plus un facteur conservateur, elle n’est plus celle qu’elle a été au temps des compromissions de 1921-1933, entre la première stabilisation capitaliste et la grande victoire fasciste. En France, la démocratie s’est révélée une arme puissante de la prise du pouvoir et de l’affranchissement social du prolétariat, elle a entrepris la première tentative de réduire la domination des classes possédantes. En Espagne la démocratie est devenue l’organisme d’Etat de la révolution. En Allemagne, en Autriche, en Italie agissent les partis illégaux du socialisme révolutionnaire et démocratique. En Europe Orientale, entre la Mer Baltique et les Balkans, on ne peut reconquérir la liberté que par des moyens révolutionnaires, mais seules les révolutions démocratiques peuvent obtenir une victoire sur le fascisme. Pour la première fois dans l’histoire de l’'Europe Centrale et Orientale, la révolution populaire est à l’ordre du jour. Engels disait que le temps des révolutions faites par de petites minorités est passé, et ses paroles s’appliquent parfaitement à notre époque.

L'organisation de la défense commune contre le fascisme revèle les premièrs pas pour franchir la scission prolétarienne : le changement de tactique des partis communistes.

Le parti communiste français qui évolue sur un terrain démocratique devient le troisième grand parti ouv-

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