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exemple de révolution anti-fasciste. On pourrait prévoir que le front populaire allemand serait plutôt à l’image du front populaire espagnol que de celui de France.
À cause de son élasticité, le front populaire devient un instrument de la politique socialiste aussi approprié pour les périodes organiques et évolutionnaires de paix que pour celles de crise et de révolution. Au cours des événements, la devise « front populaire » peut devenir aussi générale et exercer autant d’attrait que celle des « soviets » en 1917-1919. Au printemps 1937, une circulaire de la censure japonaise interdisait à la presse l’emploi des mots : révolution et front populaire. Que ces deux mots soient rapprochés est aussi siomificatif que la peur des potentats asiatiques devant le front populaire et devant la force de son attrait. Contrairement à l’idée des soviets telle que les communistes la propageaient et la réahisaient en 1918-1919, le front populaire, même dans ses aspects révolutionnaires, n’est pas dirigé contre la démocratie ni fondé sur la scission du prolétariat. Au contraire. il défend la démocratie, favorise son déveplopement et fait de l’action d'unité prolétarienne son point de départ. Cette politique épargnera au prolétariat européen ses défaites comme en Allemagne celle de 1918-1919, ouen Hongrie, celle de 1919. Elle est d'autant plus importante pour la stratégie prolétarienne qu’elle aide aussi bien a défendre la démocratie qu’à employer de nouvelles méthodes offensives à l’époque de la révolution socialiste. C'est à une voie aussi différente du vieux réformisme que de la révolution russe d'Octobre. Sousune forme différente, combinant l'unité d’action et la politique du front populaire, luttant pour la démocratie par des moyens pacifiques ou par la voie des armes, passant de la défensive à l’offensive, le prolétariat espagnol et français a élaboré, au cours de ses batailles, de nouvelles méthodes de révolution socialiste en Europe qui pourraient permettre au socialisme d’exercer le pouvoir sans recourir à la guerre civile au sein des classes laborieuses ou à la dictatu-
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re d'un parti de la minorité du prolétariat, déchiré par
la scission.
Même les partis ouvriers qui repoussent formellement
Ja politique du front populaire se trouvent en face des
mêmes problèmes qu’ils tâchent de résoudre à leur façon. Ce sont les problèmes de l’élargissement de l'influence socialiste, de l'instauration de la direction socialiste dans la démocratie, de l'établissement de l'alliance des ouvriers et des payasans comme base de la politique socialiste. Les partis ouvriers scandinaves qui se développent organiquement dans des conditions pacifiques ont résolu cés questions par des méthodes réformistes. Le parti socialiste polonais dans une situation diamétralement opposée, luttant contre la dictature réactionnaire, essaie de créer un puissant bloc ouvrier el paysan. ee La droite ou la gauche socialiste battent des chemins nouveaux et font preuve d’un dynamisme politique rénové. Par contre, l'attachement à la politique de coalition d'ancien style ne mène qu'à l’immobilité et même au recul. Le parti ouvrier belge, grand, puissant, nrais enchaîné par la coalition nationale, risquant de perdre le rythme de: événements, n’a pas réussi à imposer le plan de de Man, cependant, adopté entièrement comme base de son action. Le plan de travail delayé ne pouvait pas devenir le puissant moteur politique du mouvement. La réalité de la politique coalitionniste l'a transformé en un plan financier au jour le jour, il n’incarne plus l’économie «le
«la période de transition qui était au centre des luttes
politiques. Par les concessions faites à la coalition d'union nationale le parti belge a compromis son orand essor de 1933-34.
Des temps nouveaux demandent de nouvelles méthodes. Ils exigent également le rétablissement de lidéoloœie socialiste. Le marxisme de notre temps devrait devenir la doctrine de l'époque des grands bouleversements : de la contre-révolution, de la guerre et de la révolution. La contradiction qui existe aujourd’hui entre la pratique
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et la théorie du mouvement ouvrier est plus aigüe qu'avant la guerre, pendant les années 1905-1914. I] régnait alors une idéologie révolutionnaire suivie d’une pratique réformiste et cela à l’époque d’un développement pacifique et évolutionnaire. Par contre, à présent, domine une idéologie réformiste dans une époque pré-révolutionnaire. Le mouvement ouvrier européen qui tend déjà, dans les faits, vers de nouvelles méthodes, ne s’est pas encore forgé une conception conforme à l’époque et ne possède pas encore de Stratégie à longue vue. Au moment où les idéologies ont fait preuve de leur énorme puissance politique, où les masses aspirent à des idées entrainantes et libératrices, où la guerre entre les idéologies est accompagnée d’une guerre idéologique entre les Etats, où la’ crise la plus profonde s'ouvre pour le réformisme périmé, guidé seulement par les intérêts économiques limités du jour, la renaissance du marxisme devient une nécessité politique de : premier ordre. Le prolétariat a besoin du marxisme comme d’une théorie universelle et d’un enseignement stratégique pour l’action. Le marxisme de notre temps sera actif, stratégique, constructif et non pas rétrospectif et passivement analytique.
La politique marxiste du mouvement ouvrier doit se dégager des trois courants de l’époque passée : le réformisme, le pacifisme passif et l’étroitesse nationale. Le réformisme en tant qu’adaptation au capitalisme et que {oi aveugle en la stabilité, la prospérité et la perfectibilité de l’ordre capitaliste, ne voit pas le bouleversement économique et politique du régime capitaliste, Il croit aux fantômes et laisse le prolétariat désorienté à une époque où la crise européenne est totale.
Le pacifisme passif dans le mouvement ouvrier n’arrive pas à comprendre le rôle de la violence à l'époque de l'offensive fasciste, des bouleversements internationaux et de lutte pour l’Europe : incapable d’assurer la paix. il ne pu pas non plus empêcher la guerre ni la gagner pour le socialisme lorsque le fascisme l'aura déchaînée