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à d'affirmer que la possibilité d'une politique européenne # constructive existe même aujourd'hui. Cette assertion
. ne correspond nullement à la réalité, elle ne sert qu'à préparer un accord avec les puissances fascistes. Le socialisme ne devrait pas se laisser séduire par l'illusion qu'un arrangement pacifique avec les Etats fascistes militarisés serait possible par voie d'accords économiques. L'Europe paiera assez cher sa factice montée économique déterminée par les armements, Ce serait une utopie que de Croire À une pospérité capitaliste de longue durée au moment où des dizaines de milliers d'avions de combat sont prêts à décoller. Une illusion semblable est permise aux cour- | tiers en bourse, mais non pas aux hommes politiques, 4 surtout pas aux dirigeants socialistes.
+ Pour que la reconstruction de l'Europe puisse commencer, elle doit être libérée, après de rudes combats, du fascisme et conquise par le socialisme. Ce but exigé un ajustement de la politique socialiste intérieure et extérieure, une coordination de la lutte pour le pouvoir dans
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+ | le cadre national que la crise européenne ne fera qu’'ac- | célérer et un éombat pour l'Europe sur le terrain inter- 1 national.
à Wenzel Jaksch, le jeune chef de la social-démocralie — allemande en Tchécoslovaquie, à raison d'écrire : « L’Internationale socialiste doit avoir le courage d’aborder le
problème de l'Europe. Elle doit compléter ses lignes directrices quelque peu abstraites par un programme positif de reconstruction politique et économique de l'Europe» Mais il est en retard lorsqu'il déclare « qu'il reste encore à découvrir le point où les forces de la paix et de la reconstruction européenne et allemande peuvent concentrer leur effort ». Depuis 1933, la répartition des forces en Europe est tout à fait claire, et le chemin à suivre par la politique socialiste internationale ne laisse plus aucun doute . Les grandes puissances révolutionnaires, socialistes et progressistes de l’époque sont le socialisme démocra-
tique occidental, l'Union Soviétique, les forces révolutionnaires en Europe Centrale et en Italie, les mouvements ouvriers et paysans de l’Est et du Sud-Est européen. Leur coalition constitue précisément le « point d’'Archimède » et le but s'appelle l’Europe socialiste. Ces puissances possèdent une supériorité matérielle, politique et morale (le véritable axe européen est Paris-Moscou), et si elles marchent unies elles peuvent diriger l’Europe.
[l n'y a aujourd’hui en Europe que des escarmouches de reconnaissance, que des solutions provisoires que le socialisme international ne devrait pas surestimer s’il veut considérer les perspectives politiques d’une façon réaliste et clairvoyante. L'avenir de l’Europe n'est point voilé d'un mystère, ses nombreuses possibilités se dessinent nettement et la ligne de son développement est encore plus visible qu’il y a trois ans. Il n’y a que deux variantes décisives : paix ou guerre. La grande coalition socialiste européenne groupée autour de l’axe Paris-Moscou est obligée de livrer bataille au bloc fasciste, soit avec des moyens politiques en temps de paix, soit avec des armes en temps de guerre. La menace de guerre projette actuellement son ombre sur toute la politique européenne et le premier but des socialistes est d'empêcher la guerre en exerçant une pression politique et en forçant les impérialismes fascistes à accepter la paix. C’est, en somme, une sorte de course de vitesse. La coalition socialiste-démocratique réussira-t-elle grâce à sa supériorité et au moyen d’une offensive politique à briser la volonté d'agression des puissances fascistes avant que ces dernières n’aient déclenché leur attaque contre l’Europe? Les agresseurs fascistes lanceront-ils la guerre avant que la coalition de paix européenne ne passe à l’action efficace pour empêcher la conflagration ? La période que nous traversons en ce moment est celle de la grande épreuve de la force d’action de la gauche européenne. Si elle ne réussit pas à paralyser la volonté de guerre des grandes puissances fascistes en décomposant leur hinterland et en
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organisant la résistance européenne, la guerre est inevitabile et le socialisme international doit envisager cette effroyable perspective. Le choix entre la guerre et la paix sera fait dans un délai relativement court, les délais de la crise européenne sont mesurés avec parcimonie.
La période suivante marquera ou bien la décomposition des dictatures fascistes en temps de paix, ou la décision dans la guerre par la force des armes. Si la paix est
assurée par les forces socialistes elle deviendra un puissant
instrument de la politique socialiste. Mais même dans ces conditions, le socialisme international devra déployer une action commune dans le combat pour l'Europe. L'intérêt suprême du prolétariat européen exige que la décomposition révolutionnaire des dictatures facscistes se passe le plus rapidement; ce serait la meilleure garantie de la paix et cela intensifierait la lutte des socialistes pour le pouvoir. Au moment de la chute des dictatures fascistes, le socialisme occidental aura la possibilité de marcher avec la révolution en Europe Centrale ce qui servira à un énorme accroissement de la force d'action du socialisme mondial. La rentrée du prolétariat socialiste allemand en tant qu’élement actif dans la politique européenne ouvrira devant cette dernière des perspectives nouvelles.
s# Mais si la démocratie occidentale fléchit, si sa politique extérieure reste faible, c'est la guerre qui apportera la grande solution. Dans ce cas le socialisme se trouvera devant le problème de la direction de la guerre, de Îa politique de la guerre et des alliances socialistes de guerre. Le combat pour l’Europe ne cesse ni en temps de paix ni en temps de guerre. Même pendant la guerre, le socialisme mènera la lutte sur un plan européen, poursuivant la tâche de la libération et de la reconstruction de l'Europe.
La troisième période de la crise européenne sera l'époque des grands bouleversements révolutionnaires et, probablement, de la liquidation de la guerre.
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Que les dictatures fascistes soient liquidées en Lemps de paix ou par la guerre, dans les deux cas le chemin de la reconstruction européenne sera ouvert et le socialisme sera appelé à agir et à rassembler toutes ses forces unifées. [IF aura besoin d’un plan défini, aussi bien pour la reconstruction d'une Europe pacifique, que pour une liquidation de la guerre et il n’y a que lui qui serait capable, après tous les bouleversements, d'entreprendre l'œuvre d'assainissement et d'union du continent. Son travail de
nettoyage et de déblaiement sera immense, car les dic-
tatures fascistes ont empesté l'atmosphère moralement
et compliqué tous Îles problèmes politiquement.
La reconstruchon de l’Europe présuppose des conditions politiques et révolutionnaires et elle ne peut commencer que lorsque Île socialisme aura conquis et consolidé le pouvoir dans les principaux pays et aura saisi les leviers de commande. Le chemin de la renaissance européenne passe par la révolution allemande. L'Allemagne constitue l'élément indispensable pour toutes les solutions des problèmes européens et l’Europe Centrale est destinée à devenir la principale position du socialisme européen : si le socialisme est vainqueur en Allemagne, il triomphera dans toute l'Europe . Etant située à la fois dans leCentre, à l'Ouest et à l'Est de l’Europe, l'Allemagne occupe une position de clef et sa révolution exercera une grande influence sur les événements dans le bassin danubien à l'Est aussi bien qu'à l'Ouest. |
Ainsi seront réalisées les conditions préalables de la réorganisation de l'Europe par la grande coalition des Etats socialistes. La cause de l'Europe doit devenir la cause du socialisme, la réforme européenne ne restera pas entre les mains des snobs intellectuels, des capitaines d'industrie et des pacifistes bourgeois. Seul, le socialisme qui peut poser et résoudre par ses propres et nouvelles méthodes les grands problèmes actuels sera en état, après sa victoire, de bâtir la fédération européenne. |
Le socialisme aura à refaire toute l'Europe Occiden-
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tale. Les vainqueurs de Versailles ont essayé de créer un bloc des puissances impérialistes occidentales et de diricer l’Europe en assujettissant l'Allemagne mais 1ls tirent faillite. Les grandes puissances fascistes tentent d’organiser une nouvelle Sainte Alliance, un bloc capitaliste et autoritaire sur la base d’un pacte à quatre et d'un accord entre elles et les Etats capitalistes occidentaux : ils espérent que les puissances occidentales leur abandonneront
l'Est et le Sud-Est de l’Europe. Le socialisme devrait oppo-
ser à cette tentative sa propre solution : la renaissance de l'Europe qui n’est possible que par des moyens soclalistes, sur la base de la collaboration franco-allemande et de l’organisation du continent dans les cadres d’une économie européenne dirigée.
L'Est et le Sud-Est situé entre l'Europe Centrale et l’Union Soviétique est jeté par la contre-révolution dans le marasme économique et social : la production industrielle de la Pologne est au dessous du niveau de 1915, tandis que sa voisine, l'Ukraine Soviétique à quadruplé et quintuplé la sienne en comparaison avec lavant-guerre. Une ascension économique et sociale de la Pologne nest possible qu'au cas où elle serait étroitement liée aux deux grandes puissances, l'Union Soviétique et l'Allemagne socialiste. Le Troisième Reich considère la Pologne comme une grande colonie agraire qu'on devrait conquérir et exploiter. Par contre, l'Union Soviétique et PAllemagne de demain pourraient résoudre le problème des petits Etats du Centre, de l'Est et du Sud-Est de P'Europe d'une facon équitable : Pindustrialisation de leur économie et la socialisation de leurs industries exigent leur incorporation à l'économie organisée européenne dans les cadrès de laquelle louvrier allemand et le paysan est-européen peuvent utilement collaborer.
A l'Est du Rhin l'Europe socialiste va s'appuyer sur la coopération de deux grandes puissances: de l'Union Soviétique, pays agraire et industriel et de l'Allemagne, pays industriel. Là se trouve le centre de gravité de
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l’Europe continentale et cette coopération QUI va aug-
menter les forces productives de l'Europe ouvrira devant
son économie des possibilités infinies.
L'Europe socialiste ne pourra être organisée qu’en fédération pan-européenne : il ne peut y avoir des solutions limitées seulement à l'Europe Occidentale ou à une Europe continentale séparée et isolée. L'union avec l’Angleterre ouvrira à l’Europe socialiste l’accès aux quatre grands continents, l’union avec l'URSS lui montrera le chemin vers les profondeurs de l'Asie. Au sein de l'Europe continentale, Allemagne socialiste qui collaborera simultanément avec la France, l’Union soviétique et les pays de l'Est et du Sud-Est européen, assurera la cohésion des zones le plus importantes de la fédération européenne.
À lEurope. d'aujourd'hui, divisée, minée et prête à recourir aux armes, le socialisme devrait opposer la vision d’une Europe florissante, unie et organisée selon son plan, Au moment où le fascisme menace de ruiner l’Europe, le prolétariat socialiste doit proclamer ses droits à la direction du continent car seul il offre la dernière chance de salut à l’Europe.
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