PREMIÈRE SÉANCE
C'est à deux heures que s'ouvre la première séance, séance préparatoire.
Dans la salle, en plus des congressistes, de nouveaux assistants et un certain nombre de dames. La Presse est largement représentée : Jeanne, de la Croix; Damez, du Nouvelliste ; Momméjà, du Temps ; Leriche, du Petit Journal ; Rièthe, du Peuple français; de La Jugie de la Chapelle, du Journal des Débats ; Etienne Charles, de la Liberté; Javary, de la Libre Parole; Rousselot, du Soleil; le Journal de Roubaix; le Travailleur deBlois; Noël Gaulois, du Gaulois; Guirr, de V Agence Havas ; Bois, du Salut Public, de Lyon ; Kergal, de la Démocratie rurale^ ainsi que plusieurs confrères de la Presse étrangère.
l'ouverture des travaux
Victor Faron ouvrit la séance et invita le Congrès à nommer son président. A l'unanimité, Czulowski est acclamé président; Vannequé, Faron, assesseurs. M. Miguel est nommé secrétaire permanent du Congrès.
« Je ne vous ferai pas de discours, dit Czulowski
Je me contente de saluer les représentants des travailleurs de France et je donne immédiatement la parole à Pierre Biétry. »
Le Président de la Fédération nationale des « Jaunes de France « prend alors la parole et prononce le discours suivant :
discours de pierre biétrt
Mesdames, Messieurs, Chers Camarades,
« Au nom de mes camarades delà Fédération nationale des Jaunes de France, qui participèrent à nos travaux et à l'organisation de ce Congrès, je vous adresse à tous, ouvriers et patrons, les plus cordiaux souhaits de bienvenue.
Tout à l'heure, dans les séances qui vont suivre, emportés par les généreuses passions, nous discuterons chacun sur notre terrain; mais, j'en ai la ferme conviction, les congressistes seront animés par-dessus tout d'un grand souffle de justice, de la préoccupation d'être équitables et fraternels.
Sur le but à atteindre, les divers éléments ici représentés sont certainement d'accord, ils diffèrent seulement sur les moyens. — Ce n'est donc pas faire preuve d'un trop grand optimisme de croire qu'en ouvrant cette séance, par le cri qui demain retentira dans toute la France de : Vive V ouvrier émancipé 'par la propriété, ce cri aura été répercuté ici, non seulement par vos bouches, mais dans vos cœurs ; — je dis plus, c'est d'un même cœur que nous l'aurons poussé comme prélude de nos travaux. »