COMPARAISONS
En Allemagne, en Angleterre, etc., les syndicats sont puissants et non subventionnés . — Des chiffres éloquents.
11 était intéressant alors que les syndicats « rouges », en France, devenaient chaque jour plus internationalistes, de les comparer aux autres syndicats étrangers, qui, en conférences ou par la presse, nous étaient montrés comme faisant la même besogne syndicale et
internationale que les si/ndicats « rouges » français.
[jB Jaune s'employa de son mieux à mettre de la clarté dans ce débat, et il montra, par des documents irréfutables, qu'alors que le syndicalisme socialiste était dans notre pays une cause de ruine en même temps qu'une administration parasitaire, les Rouges allemands^ anglais, belges ou américains, même socialistes, suivaient une tactique absolument opposée à celle des « Rouges » français.
Nous n'emprunterons pas nos documents à des « bourgeois » ou à des « économistes », de crainte de les voir suspecter.
Nos renseignements sont pris intégralement chez des auteurs socialistes.
Voici, par exemple, un extrait de M. Edgard Milhaud, professeur à l'Université de Genève, rédacteur à V Aurore, qui publia une importante étude sur la Démocratie socialiste allemande.
Les syndicats ouvriers allemands sont partagés en plusieurs groupes. 11 y a les associations professionnelles Hirsch Bunker, les syndicats chrétiens, les syndicats indépendants, les « Jaunes » et enfin les syndicats démocrates socialistes.
Pour servir de point de comparaison, nous ne prenons à dessein que les syndicats démocrates socialistes, les « Rouges » allemands.
Les syndicats démocrates socialistes sont dirigés par une Commission générale qui est à peu près l'équiva-
lent de notre Confédération générale du Travail. Il est curieux déjà de noter, au point de vue de la protection du travail national, une différence essentielle entre sa tactique et celle des « Rouges » français.
Alors que nos syndiqués socialistes ouvrent nos frontières, prennent fait et cause, comme dans les événements de Longwy, pour les agissements des Belges et des Italiens contre la main-d'œuvre et l'industrie françaises, les syndicats socialistes allemands dépensent de l'argent pour éloigner de leur pays les travailleurs des autres nationalités.
« La Commission générale, dit M. Milhaud, a fondé un journal italien à l'intention des immigrés italiens, VOperaio Italiano.
La Commission générale est allée plus loin encore. La Commission syndicale d'Autriche, soucieuse comme elle d'arrêter la dépréciation de la main-d'œuvre indigène, ayant attiré son attention sur l'intérêt commun qu'il y aurait à porter la propagande parmi les ouvriers italiens dans l'Italie même et dans les provinces italiennes d'Autriche, elle lui accorde des subsides pour diriger cette propagande. Deux secrétariats ont été ainsi institués, l'un à Trieste, l'autre à Trente. A Trente, un foyer d'organisation et de propagande s'est formé. Un grand nombre de syndicats y sont actuellement réunis en une organisation générale, qui s'efforce d'éclairer la masse des travailleurs. Et comme Trente se trouve sur la route des ouvriers italiens qui vont en Allemagne ou en Autriche, c'est avant leur arrivée dans ces pays que beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui instruits des luttes qui s'y mènent et du tort qu'ils peuvent faire aux ouvriers parmi lesquels ils
viennent vivre, en livrant leurs bras pour un salaire moins élevé que le salaire courant.
Ce n'est pas tout : parmi les concurrents au rabais des ouvriers organisés, il en est un dont l'importance sur le marché du travail va sans cesse croissant, et qui en tout lieu exerce son action : c'est la femme, l'ouvriére. La Commission générale prête une grande attention à la propagande parmi les ouvrières. »
Plus loin, M. Milhaud expose en ces termes le développement de la Commission générale^ oii l'on ne découvre aucune des tendances de notre Confédération générale du Travail, préoccupée de faire de Vantirnilitarisme, de Vantipatrioiisme et de V anticapitalisme.