‹ Le socialisme intégralChapitre 7 sur 108 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les

Apologie de la libre recherche. — II. Avantage des élaborations parallèles. — III. Caractère et limitations nécessaires de la condensation réaliste dans le socialisme. — IV. Enoncé des principales directions de la pensée socialiste. —

V. Évolution des quatre institutions cardinales de la pensée humaine. —

VI. Le sentiment dans le socialisme. — VII. Efficacité novatrice des forces morales.

« Définissez tout d'abord les termes », disait Voltaire. Ainsi procéderons-nous .

Nous entendons par socialisme intégral, le socialisme envisagé sous tous ses aspects, dans tous ses éléments de formation, avec toutes ses manifestations possibles.

Ainsi compris, le socialisme est l'aboutissant synthétique de toutes les activités progressives de l'humanité militante et il doit bénéficier en conséquence, non seulement des progrés politiques et économiques, mais encore, et dans toutes les directions humaines, de tous les efforts de science, de philoso-

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phie, d'amélioration sociale, d'application pratique. Cela sans perdre de vue cependant que parmi ses facteurs, les plus importants et les plus agissants, il convient de noter en première ligne :

i° Les nécessités nouvelles de la production et de l'échange;

2° L'entrée dans la lice du prolétariat moderne pour la refonte de l'Etat et de la Commune, la socialisation du capital et l'organisation du travail .

Mais cette réserve admise, nous posons en fait que le socialisme ne peut être raisonnablement envisagé que sous la forme intégraliste.

Comme le christianisme des temps de Tertullien, il pénètre irrésistible les cerveaux et les institutions ; aux partisans du vieil ordre, il ne laisse pas même « leurs Temples » qui retentissent souvent, tout comme les Parlements, et même tout comme les Académies, des hérésies humanitaires de prophètes du passé qui — obéissant malgré eux aux inspirations d'un invisible esprit de progrès — bénissent, quand ils voulaient la maudire, la pensée novatrice du siècle, et s'écrient, nouveaux Balaam devant les tentes d'un nouveau peuple : « Que je vive de la vie des justes et que ma vie soit semblable à la leur : » (i).

Une situation si grave et si haute impose aux socialistes de suprêmes devoirs : sortir des brumeuses régions de l'utopie, débarrasser son cerveau des intolérances de sectes, des étroitesses de coteries, se défaire de tout exclusivisme d'école, se dépêtrer des misérables intrigues , des haines desséchantes qui stérilisent et déshonorent les partis, et, cela fait, ouvrir leur pensée à toutes les investigations, à toutes les lumières ; leur cœur à toutes les justices, à toutes les bienveillances ; leur volonté à toutes les bonnes activités libératrices ; car leur devoir est de marcher sur la voie du progrès, d'une volonté ferme, sans jamais s'arrêter, sans jamais détourner leurs regards des premières lueurs de la vérité supérieure de demain.

Le poète a dit :

Marchez, l'humanité ne vit pas d'une idée. Elle en allume une autre à l'éternel flambeau,

(i) Le texte biblique porte : « que je meure de la mort des justes, que ma mort soit semblable à la leur »

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