‹ Le socialisme intégral, Volume 1Chapitre 35 sur 123 · I. L'Age d'Or et le Communisme Sacerdotal · texte numérisé non relu

I. L'Age d'Or et le Communisme Sacerdotal

11 était de croyance générale dans l'antiquité gréco-romaine et même — avec des variantes de forme — chez tous les peuples, qu'une longue période d'égalité complète, de liberté joyeuse, de justice idéale, de communisme universel avait fleuri autour du

(1) Le mot socialisme fut créé, en 1838, par Pierre Leroux, pour être opposé (tinsi que cet écrivain nous l'apprend lui-même dans La Grève de Samare:() à tnémàmiismu qui commençait à avoir cours. L. Reybaud, dans son ouvrage fameux : i>5 Rcforwtâtntrs contemporains, VidoptA le néologisme de Pierre Leroux et lé popularisa si vite et si Wai qu'on l'en crut* Tauteur.

(2) Emile de Laveleye : Le Socialisme contemporain.

berceau de tous les peuples. Tous auraient été primitivement innocents et heureux ; auraient ignoré les fléaux de la guerre, de la servitude, de la misère et des iniquités de tout genre que, véritable boîte de Pandore, l'individualisme subséquent laissa tomber sur la pauvre espèce humaine.

Cette croyance, si longtemps rappelée par les Saturnales^ est trop universelle pour ne pas avoir un fondement historique (i) ; elle donne en tous cas un brevet de haute et antique noblesse au communisme qui fut ainsi tenu pour une forme sociale supérieure, que rendait seule impraticable la méchanceté des hommes (2). On le prenait tellement ainsi, que les prêtres de tous les temples initiatiques, les adeptes de toutes les grandes écoles philosophiques, vécurent toujours en commun, pour bien marquer leur supériorité intellectuelle et morale. 11 en fut ainsi notamment des prêtres initiés de Thèbes, de Memphis, de Sais, d'Héliopolis, de Neith, en Egypte; de Delphes, d'Eleusis, de Samothrace, dans le monde hellénique. Les gymnosophistes de

(i) Les récents travaux des ethnologues, des anthropoiogistes et des historiens ne permettent plus de mettre en doute l'existence 4'unc période confuse de communisme promisque, ayant précédé l'individualisme familial et propriétaire. Les sanglantes explosions et les excès de l'individualisme naissant, qui allait être Tobscur point de départ d'un état supérieur, mais qui ne fit d'abord qu'apporter plus de douleurs, en intensifiant la lutte, — purent donner du passé le vague regret qui, s'idéalisant plus tard, grâce aux poètes, devint la belle Légende de VAge d'Or. Il y a aussi à tenir con-:pte du fait affirmé ou relaté par les prêtres de Sais, par Homère, Hésiode, Euripide, Platon, Pline l'Ancien, Diodore de Sicile, Strabon, Elien, Tertullien, d'un grand continent abritant un peuple de civilisation avancée et qui aurait disparu dans un effroyable cataclysme géologique.

Divers auteurs modernes et notamment Orvicdo, Rudbeck, Latreillc, de Bo€r, Bailly, Mac CuIIoch, Fabre d'Olivet, Bory de Saint-Vincent, Toumefort, Rienzi, M"* Clémence Royer ont conclu à la réalité d'une Atlantide ensevelie dans les flots et ils la placent le plus généralement entre l'Europe et l'Amérique. Le nom d'Océan Atlantique n'aurait pas une autre origine.

Ajoutons que, si nous en croyons les Théosophes ou néo-bouddhistes, bien autrement affirmatifs, TAtlantide aurait été engloutie il y a seulement 1 1 500 ans ; mais cet affaissement aurait été précédé, bien des milliers d'années avant, de l'affaissement d'un continent plus vaste encore appelé Lémuria, dont V Atlantide n'était qu'un prolongement. A la science, par des fouilles sous-marines, de vérifier ces affirmations. Quoi qu'on poisse penser actuellement, ce sont évidemment ces traditions confuses et complexes qui ont donné naissance à la Légende de VAge d'Or, et nous devions les rappeler.

(2) Voir Hésiode : Les Travaux et les Jours ; Ovide : Les Métattiorptoses ; Lucien de Samosate : Dialogues et particulièrement les Epitrcs saturnales.

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