‹ Le socialisme intégral, Volume 1Chapitre 66 sur 123 · V. Les Partis ouvriers · texte numérisé non relu

V. Les Partis ouvriers

Toutefois ce ne fut qu'une transformation. En montrant jusqu'où pouvait aller la haine des classes, la répression versaillaise avait porté un coup terrible à l'idéalisme dans le cœur ulcéré des prolétaires. Aussi, dans les Partis ouvriers qui succédèrent à

Goosie

\ Internationale^ le matérialisme historique et économique de récole marxiste triompha-t-il sans contestation désormais.

Les considérants du parti socialiste allemand inaugurèrent la nouvelle phase théorique, avec toute la précision désirable :

« Considérant, est-il dit dans le programme unioniste de Gotha, encore en vigueur, considérant que le travail est la source de toute richesse et de toute civilisation, et attendu que le travail utile n'est possible que par la société, le produit du travail tout entier appartient ii la société, c'est-a-dire tous ses membres, sous la condition qu'à chacun incombe le devoir du travail. Dans la société actuelle, tous les moyens ou instruments de travail (Arbeitsmittel) ont été monopolisés par la classe capitaliste ; de là, la dépendance de la classe ouvrière, la cause de toute misère et de tout esclavage... Pour émanciper le travail, il faut que les moyens ou instruments de travail deviennent la propriété commune de la société.

« Le parti ouvrier socialiste de l'Allemagne demande comme de réalisation immédiate et possible même au sein de la société actuelle... »

Ce fut une sorte de thème, que paraphrasèrent invariablement tous les partis ouvriers qui s'organisèrent dans la suite :

« La terre est la mère, le travail le père de tous les produits matériels et intellectuels, disent les Considérants du parti ouvrier socialiste hongrois ; tous deux sont donc la source de toutes richesses, de toute production. Tant que le sol et les instruments de travail appartiendront à une minorité, toute culture et toute augmentation de richesse ne profitera qu'à cette minorité qui restera maîtresse de l'autre partie de la société, du peuple non possédant.

« Les propriétaires des instruments de travail, les possesseurs du sol et les capitalistes sont de plus, par leur situation économique, les détenteurs du pouvoir politique.

« La division de la société en possédants et non-possédants, en riches et pauvres, en dominants et dominés, n'est pas dans la nature des choses.

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