PREFACE IX
sent point d'exercer la grande influence qu'elles ont eue durant toutes les révolutions contemporaines (1) ; et la majorité des chefs des partis socialistes appartiennent à ces classes moyennes.
La notion de classe s'applique fort mal a la petite bourgeoisie ; Pecqueur, en 1838, avait parfaitement reconnu ce fait (2) : € La classe moyenne, disait-il, n'est pas, à vrai dire, une classe ; elle est une lice, un concours pour tous ». 11 y a un mouvement incessant d'ascension et de descente des individus à travers les positions moyennes ; les groupements sont presque toujours temporaires; des courants très instables agitent cette masse ; son influence est de sens très variable et de là dérive la principale source des contingences que > Ton trouve dans l'histoire contemporaine. Pour pouvoir raisonner sur l'avenir, les social-démocrates procèdent par abstraction : ils iont disparaître le hasard et suppriment pour cela les classes moyennes.
Pour étudier le mouvement politique des temps modernes, l'histoire se préoccupe de connaître les courants principaux d'opinion qui se forment dans la société. Les groupes à distinguer sont parfois très nombreux ; et pour procéder scientifiquement, il faut opérer comme
(1) Marx (Révolution et contre révolution dit que la petite bourgeoisie, en 1848, eut un rôle décisif en Allemagne.
(2) Des intérêts du commerce, de l'industrie, de l'agriculture et delà civilisation en général sous V influence des opjplications de la vapeur ; tome II, p. 207.