REVUE MENSUELLE
Directeur : M. EDMOND DEMOLINS
Les fondements de la science sociale ont été établis par Le Play, après vingt-cinq années d'observations et de voj^ages entrepris dans les divers pays de l'Europe et de TAsie.
Malheureusement, le cadre et la méthode adoptés par ce savant éminent n'étaient pas assez rigoureux. C'était seulement le premier effort de la science.
C'est l'honneur de M. Henri de Tourville d'avoir précisé et complété la méthode de l'observation sociale. Grâce à ses travaux et à ceux de seséminents collaborateurs, les procédés d'étude des sociétés humaines ont été complètement renouvelés; ils possèdent aujourd'hui la puissance de
démonstration et Tcxactitude scientifique qui leur manquaient.
La première application de la nouvelle méthode fut faite, il y a sept ans, au Cours d'Exposition de la Science sociale professé par M. Edmond Demolins. Elle eut pour effet de donner immédiatement à l'exposé de la science un caractère méthodique et rigoureux qui frappa tous les auditeurs et assura le succès croissant de cet enseignement (1).
C'est pour porter ces résultats devant le public, pour l'initier à ces études si nouvelles et le tenir au* courant de leurs progrès successifs, que la Revue, La Science sociale, a été créée en janvier
En tète de chaque livraison, la Science sociale publie un article, Questions du jour, traitant, diaprés la méthode scientifique, les problèmes actuels qui préoccupent le plus Fopinion (2).
Elle contient ensuite la reproduction m extenso des Cours de science sociale; des Descriptions mé-
(1) L'enseignement de la Science sociale a lieu dans l*Hôtcl de la Société de géographie^ 184, boul. Saint-Germain. Il comprend un Cours d'Exposition et un Cours de Méthode, ïl groupe chaque année un nombreux auditoire appartenant principalement à nos grandes écoles.
(â) Princip\les Questions du jour traitées : I/épuration des fonctionnaires dans les gouvernements bureaucratiques; -^
thodiques des différent s pays y destinées à expliquer leurs mœurs, leurs coutumes, en un mot leur organisation sociale ; — des Études sur les divers métiers, montrant l'action différente que chacun d'eux exerce sur les populations qui s'y livrent ;
— des Études historiques, qui permettent d'apprécier rigoureusement les lois de l'évolution des sociétés humaines dans le passé; — des Études littéraires et artistiques, destinées à préciser l'infîuoncc de l'état social sur la littérature et sur l'art ; — des articles variés, sur les relations étroites et très peu aperçues jusqu'ici, qui existent entre
I.rs juifs ; — Los revendications ouvrières; — La déwdcncc du fiM'inafïo ; — Le surmenage intellectuel ; — Les causes endémi- (jues du nihilisme russe; — La (jucstion Corse; —Les causes de la diminution de la natalitéen France; — La (]ucstion de la inonarcliie; — Les décorationset le sentimenl public; — La reli;,Mon est-elle responsable de l'étal social? — Ia magistrature française peut-elle être indépendante?— L'Empire allemand ;
— Le rôl(^ de l'Kcole à propos des discours de distributions de prix; — L'esclavage africain; — La réforme du gouvernement local en Angleterre;— Les exercices physiques; — Nos hommes politi(iues; — Le Transcaspien et le Transsaharien; — La révolution agraire en Irlande; — L'expérience du suffrage universel;
— Le caractère acîtuel des partis politiques en France; — Le Malidisme et sa nouvelle évolution. — La liberté de la Presse ;
— Le conflit anglo-portugais ; — La Révolution brésilienne;- Laqnestion des grands magasins;— Les bills Mac-Kinley; — Le réformateur américain Henry Georges; — La politique de l'Kglise et les temps nouveaux; — L'échec de la colonisation française; — L'abolition de la Censure; — La séparation de l'Kglise et de l'État, etc., etc.
le monde social et le monde physique, végétal, ou animal; sur Torganisaticn du travail, du salaire et de l'épargne; sur les pouvoirs publics et les conditions variables de leur fonctionnement, etc., etc.
Celte Revue s'adresse donc à toutes les catégories de lecteurs, car elle traite toutes les questions qui touchent à l'homme et aux sociétés.
La Soienoe scoiale parait depuis le mois de Janvier 1886, par livraisons mensuelles d'une centaine de pages et forme, par an, deux magnifiques volumes imprimés avec luxe.