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CHAPITRE YII

ij I. — DE LA CHALEUR A LA SURFACE DU SOLEIL, ET DANS L’INTÉRIEUR DE SA MASSE.

Température des diverses régions du globe solaire. — Radiation calorifique du centre et des bords de la photosphère, des facules et des taches.

L’énergie de la radiation calorifique du Soleil a pu être mesurée avec une certaine approximation, nous l’avons vu. Mais les données ainsi obtenues ne nous renseignent pas sur un point qui aurait une grande importance, je veux dire sur la température intrinsèque qui règne, soit à la surface de l’immense globe, soit dans les profondeurs de sa masse. Si ce problème parvenait à être résolu, on saurait s’il y a quelque analogie entre cette source si prodigieusement puissante et les sources de chaleur que nous produisons à la surface de la Terre, et dont l’origine est dans les actions Chimiques ou électriques.

Malheureusement on est réduit à des conjectures, parce que certains éléments font défaut. Il faudrait connaître le pouvoir émissif du Soleil, et tout ce que l’on peut faire, c’est de le supposer compris entre

certaines limites. C’est ce qu’a fait Pouillet, qui est arrivé à la conclusion suivante : en supposant le pouvoir émissif du Soleil égal à l’unité, sa température est au moins de 1 461°, c’est-à-dire à peu près celle de la fusion du fer ; elle pourrait être de 1 761°, si le pouvoir émissif du Soleil était analogue à celui des métaux polis.

Dans l’hypothèse proposée par M. Faye et qui considère la masse entière du Soleil comme gazeuse, la température des couches internes dépasse de beaucoup celle où les actions chimiques commencent à s’exercer. Mais, selon lui, quelle que soit cette température, le pouvoir émissif de la masse doit être très-faible etses radiations toutes superficielles, puisque chaque couche jouit d’un pouvoir absorbant spécial pour les rayons émis par les couches inférieures. « En fait, dit-il, la température à la surface du Soleil est loin d’être aussi élevée que sa température interne. Des mesures de M. Pouillet sur l’intensité actuelle de la radiation solaire, M. Thomson déduit que la chaleur émise n’est que de 15 à 45 fois supérieure à la chaleur engendrée dans le foyer de nos locomotives. »

Les observations spectroscopiques faites pendant l’éclipse totale du 18 août 1868, et depuis, ont appris qu’il existe, au-dessus de la pholosphère, une immense couche de gaz hydrogène à l’état d’incandescence, couche dont la hauteur moyenne est, d’après Lockyer, d’environ 8 000 kilomètres; audessus de cette couche s’élèvent de temps à autre les colonnes gazeuses de même nature qui constituent ce qu’on nomme les protubérances rouges. Si l’on peut appliquer à la combustion de ces masses

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