‹ Le SoleilChapitre 5 sur 35 · Voir la Revue des Deux-Mondes du 15 avril · texte numérisé non relu

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INFLUENCES DU SOLEIL

plusieurs fois signalé dans le Véda en termes expressifs..,. Quand ils allumaient le bois du foyer, ils savaient qu’ils ne faisaient que le « forcer» à rendre le feu qu’il avait reçu du Soleil. Quand leur attention se porta sur les animaux, l’étroit lien qui unit entre elles la chaleur et la vie leur apparut dans toute sa force : la chaleur entretient la vie ; ils ne trouvaient pas d’animaux vivants chez qui la vie existât sans la chaleur; ils voyaient au contraire l’énergie vitale se déployer dans la proportion où l’animal participait à la chaleur et diminuer avec elle.... La vie n’existe et ne se perpétue sur la terre qu’à trois conditions, c’est que le feu pénètre les corps sous ses trois formes, dont une réside dans les rayons du Soleil, une autre dans les aliments ignés et la troisième dans la respiration qui est l’air renouvelé par le mouvement. Or, ces deux dernières procèdent chacune à sa manière du Soleil (sûrya) ; son feu céleste est donc le moteur universel et le père de la vie : celui qu’il engendra le premier, c’est le feu d’icibas ( agni ), né de ses rayons, et son second coopérateur étemel est l’air mis en mouvement, qu’on appelle aussi le vent ou l’esprit ( vâyu ). »

Enfin « nulle part la pensée ne se manifeste sans la vie. De plus, elle ne se voit que chez les êtres où la vie se rencontre à un degré supérieur d’énergie, chez les animaux. Or, quand un animal est atteint par lamort, ses membres fléchissent, il tombe à terre, devient immobile, perd la respiration et la chaleur; avec sa vie, sa pensée se dérobe. Si c’est un homme, tous ses sens étant anéantis, il n’est plus possible de tirer de sa bouche pâle et glacée aucune parole, de sa poitrine affaissée aucun son exprimant la joie ou

la douleur; sa main ne presse plus celle que lui tend un ami, un père, un enfant ; tout signe d’intelligence et de sentiment a cessé. Bientôt son corps se décompose, se fond, s’évapore, et il ne reste sur la terre qu’une tache noire et des os blanchis. Quant à la pensée, où est-elle ? Si l’expérience la montre indissolublement attachée à la vie, de telle sorte que là où la pensée cesse la vie s’éteint, on peut croire que la pensée a la même destinée que la vie, ou plutôt que le principe qui pense est identique au principe vivant et ne forme jamais avec lui une dualité; mais la vie, c’est la chaleur, et la chaleur tire son origine du Soleil. Le feu est donc à la fois le moteur des choses, l’agent de la vie et le principe de la pensée. »

‘ Sans nul doute, les auteurs de ces spéculations sur les premiers principes des choses ne concevaient point leurs propres idées 'avec cette clarté que permet, dans l’état actuel des connaissances, le tour analytique de l’esprit moderne. Mais n’est-ce pas néanmoins chose merveilleuse de voir le cercle ouvert, il y a des milliers 'd’années, par l’intuition, fermé aujourd’hui par la science?

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