MOUVEMENTS PROPRES DES TACHES
§ I. — Résultats généraux.
La recherche du mouvement propre des taches est un travail immense; nous aurions bien voulu nous en occuper, mais, après l'avoir essayé, nous l'avons trouvé au-dessus de nos forces. Nous exposerons cependant les résultats obtenus par nous et par d'autres observateurs.
En examinant un grand nombre de taches observées au micromètre pendant l'année 1866, et calculées avec la plus grande rigueur, nous sommes arrivé aux conclusions suivantes, qui se trouvent également vérifiées dans la grande série de M. Carrington, ainsi que nous l'avons reconnu depuis :
i° Toutes les fois qu'une tache se divise, ou qu'elle subit un changement considérable dans sa forme, on observe toujours un mouvement brusque, une espèce de saut qui se fait invariablement vers la partie antérieure, c'est-à-dire dans le sens où croissent les longitudes.
20 Les grandes taches, même lorsqu'elles ont une longue durée, ne sont pas exemptes de ces mouvements brusques, et l'on remarque de temps en temps des recrudescences d'activité dans la force ou dans le mouvement qui les produit. (Exemple : tache du i4 au 26 mars, du 12 au 23 avril, du 1e1 au 12 juin, du 28 juin au 9 juillet.)
3° Les taches rondes cratériformes montrent une stabilité plus grande que les taches dont les bords sont déchiquetés, les noyaux multiples et irréguliers; elles font souvent plusieurs rotations.
4° Les taches petites et superficielles ont des mouvements très-irréguliers. Il en est de même des grandes taches, soit à l'époque de leur formation, soit au moment où elles sont sur le point de disparaître.
5° Toutes les fois qu'une tache change de forme, ou qu'il s'en produit une autre dans son voisinage, on remarque une perturbation ou un déplacement.
6° Les grandes taches, après s'être dissoutes, reparaissent souvent à une petite distance de leur position primitive, mais toujours vers la partie précédente. Ainsi la tache n° 43, après avoir disparu, se reproduisit une trentaine de degrés plus loin, sous la même latitude. Ces changements nous empêchent d'affirmer avec certitude que la seconde tache soit réellement due à la même cause qui avait produit la première : il ne faut donc pas avoir une confiance absolue et sans réserve aux coïncidences à longue période signalées par les anciens observateurs.
Pour donner au lecteur une idée de ces mouvements, nous apporterons ici quelques exemples de taches qui ont duré plusieurs rotations, et qui ont été calculées sur des mesures micrométriques faites au grand équatoriai du Collège Romain, d'après le système de formules de M. Carrington.
Ces phénomènes montrent qu'il est impossible de ne pas reconnaître aux taches des mouvements propres de transport sur la surface du Soleil
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