HEMISPHERE NORD
Fréquence.
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III MIM'Ill RE SLD.
Fréquence.
LES DEIX HEMISPHERES.
Fréquence.
G° Les variations des taches rappellent naturellement les obscurcissements du Soleil qui, au dire des historiens, se sont produits en plusieurs circonstances; mais il faut procéder avec beaucoup de discernement. Un grand nombre de ces phénomènes qui ont attiré l'attention du peuple ne sont que des éclipses mal observées et encore plus mal décrites ('). Dans d'autres circonstances, l'obscurcissement a été produit par des brouillards secs très-persistants; tel est probablement
(l) M. Roche, Comptes rendus des séances de l'académie des Sciences, t. LX.III, p. 384.
celui qui, au dire de Kepler et de Gemma-Frisius, eut lieu eu 1 54/ « Il n'est pas impossible que quelqu'un de ces phénomènes soit dû au passage d'un nuage de matière cosmique, ou à une quantité prodigieuse de petites taches, ou encore à une condensation extraordinaire de matière absorbante à la surface de la photosphère; mais nous ne saurions rien affirmer de certain à cet égard .
C'est ainsi que, d'après Virgile, qui s'est fait l'écho d'une tradition qu'on retrouve dans l'histoire, le Soleil s'est obscurci à la mort de César :
Me etiam extincto miseratus Cœsare Romani, Quum caput obscura nitidum ferrugine texit, Impiaque œternam timueruot sa;cula noclem.
En l'an 553 et en l'an 62G de 1ère actuelle, le Soleil resta obscurci pendant plusieurs mois; mais ces faits, d'ailleurs mal observés, et rapportés sans doute avec beaucoup d'exagération, se sont présentés à des époques qui paraissent complètement indépendantes les unes des autres, tandis que les variations que nous venons d'étudier offrent une régularité presque mathématique.
§111. — Recherches sur les causes de la périodicité des taches.
Une périodicité aussi bien constatée devait naturellement inviter les astronomes à rechercher les causes qui peuvent la produire. La seule présence des taches dans la région zodiacale avait fait soupçonner à Galilée une relation de dépendance entre les taches et la position des planètes (' ); mais il
(') Seconde lettre à Velser.
n'y a là qu'un soupçon qui n'est pas suffisamment justifié. Il nous est impossible de rien affirmer de certain sur cette question. La cause déterminante de la périodicité peut être intérieure au corps solaire, et dépendre de circonstances qui nous resteront à jamais cachées. Elle peut aussi être extérieure : elle peut être due à l'influence des planètes ou à l'action du milieu que traverse le Soleil. Cette dernière hypothèse est peut-être moins probable; il ne nous reste alors à examiner que l'influence des planètes.
D'après M. Wolf, leur attraction serait la cause réelle de la périodicité qui nous occupe, cette attraction produisant à la surface du globe solaire de véritables marées qui donnent naissance aux taches, et ces marées elles-mêmes avant des variations périodiques dues aux déplacements périodiques des astres qui les produisent. On avait même cru pouvoir affirmer que la période principale coïncidait avec la révolution de Jupiter; mais M. Garrington a fait voir que cette coïncidence, purement accidentelle dans une époque, ne se reproduit pas dans les périodes suivantes, et qu'on n'en peut tirer aucune conclusion sérieuse ('). L'action de Mercure et de Vénus serait peut-être plus efficace. Leur distance au Soleil est peu considérable, ce qui rend leur influence plus sensible; niais, d'un autre coté, leur niasse nous parait bien faible pour produire de semblables effets. On ne peut donc pas trancher cette question sans un examen sérieux; c'est aux astronomes mathématiciens qu'il appartient de l'étudier et de la résoudre par le calcul.
(') INous sommes vraiment surpris de voir souvent citer M. Carrington comme favorable à la coïncidence de la révolution de Jupiter avec la période des tacbes : c'est lui, au contraire, qui a démontré que cette coïncidence est purement accidentelle pour l'époque particulière qu'on avait examinée.
M. delà Rue et ses savants collègues, MM. Stewart et Lœvy, ont laborieusement étudié ce point de la physique solaire. Ils paraissent être arrivés à cette conclusion que les conjonctions de Vénus et de Jupiter ont une certaine influence sur le nombre des taches et sur leur latitude, et que cette influence est moins considérable lorsque Vénus se trouve dans le plan de l'équateur solaire. Et, de fait, un grand nombre des inégalités de la courbe reproduite plus haut {fig. 71) correspondent réellement avec des positions particulières de ces deux planètes.
Pour reconnaître avec plus de précision ces coïncidences et l'importance qu'il convient d'y attacher, M. de la Rue a fait un dernier travail dans lequel il a analysé séparément différents groupes de taches, s'attachant principalement à celles qui ont donné lieu à des séries d'observations plus continues et plus complètes, surtout lorsque les observations correspondent à la partie de la révolution la plus centrale. Après avoir étudié 794 groupes différents, il est arrivé aux conclusions suivantes :
i° Si nous menons un méridien passant par le milieu du disque solaire et représenté par un diamètre perpendiculaire à l'équateur, on trouve que la grandeur moyenne des taches n'est pas la même par rapport à ce méridien. Il parait certain que la correction de perspective ne suffit pas pour expliquer cette différence , et qu'il faut introduire un autre élément pour obtenir que les dimensions apparentes des taches soient les mêmes de part et d'autre. L'explication de ce fait n'est pas encore bien certaine ; voici la plus probable : les taches sont entourées d'un bourrelet saillant qui semble disparaître en partie pendant le trajet. Ce bourrelet est plus relevé sur le bord antérieur que sur le bord postérieur; il en résulte que les taches doivent paraître plus pe-
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tites lorsqu'elles sont dans la partie orientale du disque, plus grandes lorsqu'elles sont dans la partie occidentale ; car, dans la première position, la vue rencontre un obstacle plus élevé qui cache une partie de la tache elle-même.
2° M. de la Rue a étudié particulièrement les taches observées à l'époque où les planètes inférieures, Vénus et Mars, se trouvent à des distances héliocentriques de la Terre égales à o, 90,180,270 degrés; comme les taches qui correspondent à ces époques sont nécessairement peu nombreuses, il y a ajouté celles qui correspondent à des positions peu différentes, et il est arrivé à ce résultat : les taches sont plus grandes dans la partie du Soleil qui est opposée à Vénus et à Mercure, elles sont plus petites du coté de ces deux planètes. On obtient le même résultat, soit avec les figures de Carrington, soit avec les photographies de Kew.
3° Cependant on ne remarque pas que Jupiter ait une semblable influence. La révolution de cette planète est de si longue durée qu'on n'a peut-être pas encore fait un assez grand nombre d'observations. Cette influence devrait être facile à remarquer, car si l'on calcule l'action des planètes comme on le fait pour les marées, en la regardant comme directement proportionnelle aux masses et inversement proportionnelle au cube des distances, l'influence de Jupiter l'emporte de beaucoup sur celle de Vénus.
Quoi qu'il en soit, on doit avoir une haute estime pour ces travaux si éminemment propres à nous éclairer sur les relations qui existent entre les taches et la position des planètes.
M. Wolf croit apercevoir une certaine influence de Saturne; mais, on nous permettra de le dire avec franchise, il est trop facile de se faire illusion dans la manière de grouper et de combiner les nombres pour que nous puissions admettre ce dernier résultat.
M. de la Rue a remarqué que les grandes taches sont généralement situées aux extrémités d'un même diamètre. Cette même loi s'applique aussi bien souvent au développement des grandes protubérances. Cette coïncidence s'accorderait bien avec l'hypothèse d'une action analogue à celle qui produit les marées.
Quel que soit le degré de probabilité de ces explications, nous ne devons pas nous dissimuler que nous sommes encore loin d'une démonstration rigoureuse. Si nous considérons avec attention les variations périodiques des taches, nous ne tarderons pas à nous convaincre qu'il est impossible de les relier directement avec une fonction astronomique quelconque, car les taches se présentent d'une manière soudaine et irrégulière qui contraste trop manifestement avec l'action continue et progressive des perturbations de la Mécanique céleste. 11 n'y a qu'une réponse à faire à cette objection. Les taches et leurs variations seraient des manifestations visibles de l'activité périodique du Soleil, activité qui dépendrait ellemême de l'action des planètes et de leurs positions relatives. La cause ainsi définie de l'activité du Soleil peut être très-régulière ; cette activité elle-même peut varier d'une manière continue sans que les phénomènes qui en résultent possèdent les même continuité et la même régularité. C'est ce que nous voyons sur la Terre dans la succession périodique des saisons. La position du Soleil, et par conséquent sa manière d'agir sur notre globe varient avec une continuité remarquable, et cependant les phénomènes météorologiques qui en résultent sont irréguliers et capricieux. Nous verrons bientôt que les savants inclinent de plus en plus à croire que les taches ne sont que des effets secondaires produits par des causes plus importantes et plus radicales.
Qu'il y ait là quelque mystère caché, c'est ce qui résulte
avec évidence de ce fait très-curieux que la période undécennale de la variation des taches coïncide d'une manière aussi inattendue que certaine avec la période des variations du magnétisme terrestre. Nous nous contentons d'indiquer ce fait important, nous réservant d'en parler en détail lorsque le moment sera venu.
Quelle que soit notre ignorance relativement aux causes qui peuvent produire les variations de l'activité solaire, nous pouvons du moins tirer une conclusion des remarques précédentes : c'est que le Soleil est loin d'être parvenu à un état de calme et de tranquillité; il est, au contraire, le siège d'une immense activité; cette activité est sujette à de nombreuses variations périodiques qui doivent, à leur tour, influer sur l'intensité de ses radiations calorifiques et lumineuses, et réagir ainsi sur les planètes qui reçoivent de lui la chaleur, la lumière et la vie.