‹ Le soleil (volume 2)Chapitre 35 sur 50 · GS · texte numérisé non relu

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ci. 17 1 r

Moyenne. . .

Les chiffres de la dernière colonne proviennent Je deux sources différentes : ceux de la première et de la troisième ligne résultent de nos observations thermométriques, ceux de la deuxième sont déduits des données de Bouguer. Les résultats inscrits dans la troisième et la quatrième colonne ne sont pas constants, comme ils devraient l'être; ceux qui correspondent aux valeurs 0 = 43°35' et 0 = G8°49' diffèrent presque d'un tiers: cette différence est par trop grande. Il faut en conclure que les lois admises pour l'atmosphère de la Terre ne s'appliquent pas à celle du Soleil. La rapidité avec laquelle se produisent les variations auprès du bord nous avait déjà conduit à la même conclusion, et nous devons penser plus que jamais que l'absorption se produit en très-grande partie dans des couches relativement très-basses, mais douées d'un pouvoir absorbant très-considérable.

Malgré cette difficulté, il y a des conclusions très-frappantes qui demeurent toujours vraies, bien que les nombres ne soient qu'approchés ('). Telles sont les suivantes : i° au centre du disque, c'est-à-dire perpendiculairement à la sur-

(') M. Plana a démontré dans les Astron. Nachr., n° Si 3, que d'une petite erreur dans les données il résulte une assez grande erreur dans les conclusions. De plus, une erreur négative influe sur les résultats plus qu'une erreur positive. Voir aussi Laplace, Mécanique céleste, Livre X, Chapitre XIII.

face de la photosphère, l'absorption arrête les f- environ, ou plus exactement les -~ de la force totale ; 2° l'action totale de cette enveloppe absorbante sur l'hémisphère visible du Soleil est tellement grande , qu'elle ne laisse sortir que les —^ de la radiation totale, le reste, c'est-à-dire -~, étant absorbé. En d'autres termes, si le Soleil était dépouillé de son atmosphère absorbante, il nous paraîtrait huit fois plus chaud et plus brillant qu'il ne parait actuellement.

Cette influence surprenante de l'atmosphère solaire a l'avantage d'empêcher une dispersion trop grande et trop rapide de la chaleur solaire. La force vive des radiations reste ainsi emmagasinée dans l'atmosphère du Soleil, et contribue à conserver sa haute température. L'absorption ne produit aucune perte réelle ; elle ne détruit point les radiations qu'elle arrête au passage; elle empêche une dispersion qui serait inutile et ^mème nuisible pour les planètes. Que deviendrait, en effet, notre globe sous une radiation huit fois plus grande que celle qui se produit actuellement? L'expérience prouve que, dans les climats où le ciel est pur, on ne peut pas impunément rester exposé aux rayons du Soleil si l'on double leur puissance par une simple réflexion sur un miroir plan; si donc le rayonnement devenait huit fois plus considérable, aucune créature ne pourrait plus vivre sur notre planète.

Il faudra tenir compte de cette absorption atmosphérique lorsqu'on voudra essayer d'évaluer la température du Soleil, car les calculs qu'on ferait sans en tenir compte donneraient évidemment un résultat huit fois trop faible.

Du reste, il n'est pas surprenant qu'une atmosphère si considérable possède un grand pouvoir absorbant, car l'atmosphère terrestre, qui nous paraît si transparente, absorbe suivant la verticale un quart des rayons qui tombent sur sa surface supérieure.

L'atmosphère solaire possède-t-elle une absorption élective et une thermochrose spéciale? Melloni nous adressa lui-même cette question, et pour y répondre nous avons eu recours à un grand nombre d'expériences ; nous avons fait passer les rayons solaires à travers différentes substances : l'eau, le verre, le quartz enfumé, etc., mais nous n'avons obtenu aucun résultat bien certain. Cela tient évidemment à ce que, à l'influence de l'atmosphère solaire vient s'ajouter celle de l'objectif et de l'oculaire, influence bien suffisante pour dépouiller les rayons qu'on observe des éléments déjà connus comme étant les plus thermochroïques.

Nous verrons plus tard que les radiations solaires ne sont pas homogènes, même lorsqu'elles nous arrivent suivant la verticale , et qu'il existe sans doute une thermochrose ; mais cette étude demanderait des instruments plus délicats que ceux dont nous disposons.

La belle expérience de M. Tyndall sur la calorescence, c'est-à-dire sur la transmission isolée des rayons obscurs à travers une dissolution d'iode dans le sulfure de carbone, est un fait qui prouve l'existence d'une véritable thermochrose. Nous en parlerons plus tard en discutant la composition de l'atmosphère solaire; pour le moment, qu'il nous suffise d'avoir constaté l'existence de cette atmosphère, et d'avoir montré l'énorme pouvoir absorbant qui en résulte.

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