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Un simple coiij) d'cril jeté sur les taljloaiix prérrcloiils nous pcrmcltra de Taire {[iiel([iies remarques intéressantes.
I.a taelie n" 32 parut le 8 mai; ses coordonnées étaient 3'*4^' <l<' latitude, i()j°,2'| de longitude. Au houl de deux jours, elle était divisée en deux parties ayant pour coordonnées, l'une 7° 9' de latitude et ()7", yS de longitude, l'autre 6°22' de latitude et 91", i/i de longitude. T.a longitude du prenn'er noyau va en augmentant, tandis cpi'elle reste stationnaire j)()ur le .second; quant aux latitudes, on ne reconnaît pas de mouNcment i"(''gulier.
Cette tache reparait le i'''juin (n°36); le second novau a disparu, il ne reste que le premier. La latitude va en dimiluiant progressivement pendant que la longitude augmente. Au !*"'■ juin, le diamètre était de 3" 5' ; le 9, il est réduit à i°'5c)'. Le 4 jiiiii, il y ^ évidemment un saut brusque de i degré et une grantle diniimition dans l'étendue.
Nous avons inscrit sous le n" 40 la troisième rotation de la même tache (32 et 36). Nous y trouvons une latitude o.scillante tandis que la longitude va toujours en croissant. Le diamètre décroit jusqu'au 5 juillet, puis il augmente de nouveau en faisant des mouvements brusques qui annoncent sa dissolution prochaine : en effet, cette tache n'a [)lus reparu.
Sous les n°* 39 et 43 se trouvent deux rotations d'une autre tache. Du 20 au 2G juin sa latitude diminue, tandis que sa longitude va en croissant. Pendant sa .seconde rotation, elle possècU' lui mouvement en latitude très-prononcé, tandis que sa longitude est très-stable et son diamètre constant.
Les variations de ce geiu'c ne sont pas des nouveautés : on en retrouve de semblables dans toutes les discussions de taches anciennes. Si nous nous appuyons ici sur nos observations personnell(»s, c'est pour convaincre le lecteur que les variations signalées par les anciens ne résulUMit pas d'erreurs
dans leurs mesures, ou de défauts dans leurs instruments comme on l'a cru pendant longtemps. Ces variations sont bien réelles, car nous pouvons garantir et l'exactitude de nos appareils et le soin avec lequel nous avons pris les mesures.
En partant de ces données, on trouve que les déplacements des taches sont très-considérables et qu'ils s'exécutent avec une très-grande rapidité. M. Laugier a trouvé qu'elles doivent parcourir jusqu'à 1 1 1 mètres par seconde dans des cas qui ne sont pas très-extraordinaires ( ' ).
]N~ous ne parlons pas seulement des variations de la longitude; le mouvement en latitude peut aussi être très-considérable et très-rapide. Ainsi Bianclii a observé une tache dont la latitude a pris successivement les valeurs suivantes :
Première révolution
Deuxième révolution . . .
Troisième révolution ....
Quatrième révolution . . .
.. io"55'
Cinquième révolution. . . .
Des changements aussi considérables doivent paraître suspects, car il peut arriver qu'on ait affaire à des taches nouvelles. On explique ainsi plusieurs anomalies contenues dans les résultats de Cassini et de la Lande. Cette explication n'est cependant pas toujours suffisante ; ainsi il n'est pas rare de remarquer des variations en latitude de deux ou trois degrés dans la demi-rotation qui s'exécute sur l'hémisphère visible du Soleil, et la continuité des observations montre cependant avec certitude que ces différentes positions appartiennent bien à la même tache.
Nous pourrions multiplier ces exemples; mais l'essai que
(' ) Comptes rendus des séances de l'académie des Sciences, t. XV, p. /[Q!.
— liO —
nous v(Mîons de iaire siiKîra pour iiiontror au lecteur quelles sont les (liffieultés que |)réseute la théorie de ces mou\enients. Il n'y a peut-c'trc aucune t iche dont la révolution représ(Mite avec exactitude la rotation solaire; comme nous ne savons pas (pielles sont celles (pii s'en r;ipj)roclient le |)lus, nous devons nous servir des données les plus disparates : aussi la correction définitive ne peut être que le fruit d'un travail très-lonii; et très-pénihle ^1. Favc a cependant réussi à trouver quelques règles très-intéressantes. En discut uit les ojjscrvations de Carrington et celles des nôtres qui se rapportent à des taches plus persistantes, il est parvenu aux conclusions suivantes :
Lorsque les taches persistent pendant ])lusieurs rotations successives, elles présentent^ non pas un mouvement progressif, mais des mouvements oscillatoires dont l'amjilitude est de plusieurs degrés et dont la durée dépasse de beaucoup celle <le la rotation du Soleil; c'est donc une simple oscillation périodirpie donnant naissance à des courbes sinusoïdales trèsalloniïées.
Les longitudes j)résentent une oscillation j)ériodiqu(,' de même durée.
La combinaison de ces deux mouvements fait décrire à la tache, autour de sa position moyenne et dans le sens de la rotation solain^ une ellipse dont le grand axe est dirigé vers les pôles.
Les dimensions de ces ellipses et les durées de révolution varient d'une tache à l'autre, et de plus ces phénomènes ne se manifestent d'iuie manière évidente que pour les taches qui persistent pendant plusieurs révolutions (').
Nous regrettons vivement que ]\L Fave n'ait pas donné
(.') Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, l. LXFI, p.3GS.
plus d'étendue à ses recherclies. Dans les questions de ce genre, on ne p(nit pas attacher iine grande importance à quelques faits particuliers; aucune conclusion ne peut être certaine que si l'on a vu se reproduire un grand nombre de fois le phénomène sur lequel repose le raisonnement.
§ II. — Conclusions qui résultent des faits précédents et questions di^'erses.
Le lecteur aura sans doute remarqué a^ ec surprise le peu de concordance qui existe entre les différents résultats que nous venons d'exposer, et il en aura déjà tiré cette conclusion que nos observations ne portent point sur la partie solide du Soleil, mais seulement sur son atmosphère fluide. En effet, lorsqu'un corps solide est animé d'ini mouvement de rotation, il est évident que tous ses points doivent posséder la même vitesse angulaire et qu'ils doivent mettre le même temps à exécuter une révolution entière. Nous avions donc raison de dire, en nous appuyant sur les changements de formes des taches et sur les mouvements dont elles sont le siège, que la couche photosphérique, dans laquelle se passent tous ces phénomènes, est mobile comme les nuages qui flottent dans notre atmosphère.
Plusieurs questions se présentent maintenant à nous : 1° Quelle est l'épaisseur de cette couche mobile? "2° Cette fluidité est-elle particulière à la couche photosphérique, ou bien s'étend-elle au corps solaire tout entier ? 3" En d'autres termes, existe-t-il dans l'intérieur du Soleil un noyau solide? l\° Ce noyau n'est-il pas le siège d'actions physiques dont les taches ne seraient que des manifestations? Toutes ces questions sont importantes, mais les astronomes sont loin d'être d'accord sur la solution qu'il convient d'y apporter. Il nous est impossible
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(le les rcsoiuliH' des nj;iiiil('ii;iiil : nous exposerons seulement les (liff(M*entes ojiinions; nons 1<s disenterons sommairement, nous réser\ant de dii-e. d.ins une autre partie de cet Ouvrage, (juelle est la solution «jui nous pai'ait ressoi'tir de l'c^xamen (les faits
1*^' \ous avons (K'^jà dit f|uo les anciens astronomes regardaient la profondeur d(\s taches comme mesurant lépaisseur de la couche photosph(''ri(pie. Cette opinifju pouvait (ïtre admise lorsfpi'on ne se préoccupait pas de la nature de la chaleui". l()rsf[u'on pon\ait sup|)oser cprinie couche trc's-minee lût capahle de produire, ou plutôt d'émettre, en la tirant du Jieant, rimmense quantité de cliahun' (pie le Soleil perd par le ravonnement. Otte hyp()thès(; est eu contradiction formelle avec les idées admises aujourd'hui par les physiciens; le corps entier du Soleil doit prendre part à cette émission de chaleur, ce qui ne permet plus d'admettre l'existence d'un noyau obscur, solide et d'une température peu élevée, situé a luie faible distance de la surface extérieure, comme l'indiquerait la profondeur des taches.
On se rappelle que, d'après les recherches de Carrington, la \ itesse de rotation n'est pas la même sur les différents parallèles; jM. Z(")llner a voulu expliquer ce fait en j)artant de l'hypothèse d'un noyau solide^ recouvert d'une couche fluide peu éj)aisse exerçant un frottement contiN' la surface du noyau. Il est arrivé ainsi à la fcjrmule suivante :
A — B sin^ X