II. S
tcinont incandescentes, la raie C prendre une forme sinueuse ou brisée comme on le voil en a, b [fig. i<)5 .
]Nr. Lockver a constaté des mouvements et des indexions jtien exti'aordiiiaires, en o])ser\ant les protuiierant^'s. Ainsi
Fig. 195.
d a \ Il Jig. \(){] I la raie F s<^ prolonger en deliMis du disque en une masse hrillante avant la forme d'une (lamme ondidée.
hcs/ig. 197 a 201 représentent les aspects successifs d'une même protubérance observée dans la raie Y ; comme la précédente, elle se prolongeait en dehors du disque solaire en présentant des formes bizarres et capricieuses. Lorsqu'on observe avec une fente large, ces mouvements rapides donnent aux protubérances brillantes Taspect d'une masse confuse trèsuistable et difilcile à comprendre ^Jtg. 196). En général, ces formes sont très-fugitives : lorsqu'on observe attentivement
- ii:i -
un jii l;iiu'('" avec \ ii,'iii'iir. on lioiixc dans sa (oiistitiiiioii (|ii(l<jii(' cliosc (Icconliis ; les lllcis (|ni le coinpîJS»'!!! semblent (lilliis et auitcs siii' leurs lior'ds ; ils pi-csciilriil le mriuc asncci (juc si les nivons liuiiiucnx ti-avcrsaicul un < ouiant d aii" cil uid. On serait tente, au prcnner ahoid. d allriliucr ces ap- |)arenc<\s à une ai;itati()n de l'aii- arinosplieiicjue ; mais ou ne tard»' pas à ri-conuaitre (|U il est injpo^siMe dadnietlre ci'tte explication, car cette agitation nCxisti' point dan-, les autres parties d<' l'iinai^e solaire, et Ton distinL,Mie lres-nettein;'nt les
Fifj. ir)8.
Fi;'. 20 1
plus j)etits détails: eu rétrécissant la fente, on voit que les raies de riivdrosrène sont dilatées et mal terminées sur un de leurs bords.
Ces apparences ofbvnt à lobservateur un intérêt tout j)articulier. et elles peuvent conduire à des conséquences de la. dernière importance : dans les observations spectrales, il ne faut négliger aucun détail. Lorsque ces phénomènes furent aiuioncés pour la première fois, ils soulevèrent chez nous, connue chez beaucoup d astronomes, une très-grande défiance ; même après les avoir vérifiés, nous étions peu disj)osé à les regarder comme ré(ds, et nous nous sonnnes demande pendant longtemps si nous n'étions j^as \ietime d une dlusion due à des
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(léf;uils (le rinslrunuMil, à rni;il;ition de l'air on à (jiK^lquo Mitre cause.
Il ost inroiitostablt' mic certaines a[)j)ar(Micos analoguos à relies (iiie nous venons de deei'ire peuvent être dues à des illusions. Su[i|)<)sons, par exemple, (ju'il s'agisse de siuiples indexions des raies spectrales, elles peuvent provenir des différenc-es d'éclat que présentent les diffén^nts points d'une même protubérance; en effet, la fente ayant nécessairement une certaine largeur, se projette pour l'observateur sin- ime série de points inégalement brillants (pii ne sont pas rigoureusement alii;nés {/ig. 202); on verra donc, de part et d'autre de la li£;ne centr;de, des points plus ou moins éclairés : on sera
Firr. 202.
porté par là à attribuer à la raie spectrale une sinuosité qu'elle ne possède j)as. De même, il suffit que les prismes ou l'oculaire ne soient pas rigoin^eusement mis ;ui point pour que les raies j)araissent doubles ou diffuses. L'air cliaud qui est en contact avec la fente peut aussi, par les réfractions qu'il occasionne, produire une agitation apparente de l'image.
Toutes les circonstances que nous venons d'exposer peuvent se présenter : elles peuvent donner naissance à certaines déformations des raies ; mais il ne faut pas en conclure que toutes les déformations observées soient nécessairement dues à ces causes ou à d'autres semblables. Ainsi, lorsqu'on voit inie raie spectrale d'une manière très-distincte, les différentes parties de l'appareil étant mises au point d'une manière trèssatisfaisante, si l'on a|)erçoit tout à coup l'image devenir extrêmement trouble, se doubler ou se diffuser sur l'un de ses bords, se déplacer même dans une portion de la longueur à
droite ou à g;aucli(', il est impossible d allrihiiorccs apparences à un (lelaut dans la mise au point, surtout lorscpie ce phénomène, a|)rès avoir duré (piel([ues instants, eesse aussi ])rus(piemciit (|n d a\ait eniiinicneé. Quant à Tagilalion de l air, <'ll(' peut exister et prddiiirc eerlaincs illusions; mais son action doit aloi's s'exercci" sur tous les ol)|('ls Nisibles dans le ( liamp de linstrumenl ; par consécpieut, lorscpTon est témoin de ces <lilalations et de ces déloi'mations, on doic d'ab(jrd se demander si les appar(Mices (pie Ton <)l)ser\<' peu\'ent être attiil)uées à (pielcpiune des causes accidentelles (pie nous ^enous (reiimnérer.Si Ton ac(piierl la con\ iction ([ue t(jutcs ces explications sont insuffisantes, il laudra chei'cher ailleurs la cause de ces singuliers phénomènes. Or des (observations uoml)reuses nous ont convaincu que, dans b(\iucoup de cas, ces déformations existent sans qu'il soit possible de les attrilnier aux imperfections des instruments : il s'agit donc de phénomènes ayant une réalité objective et non de simples a])parences produites par des jeux de lumière ; ces phénomènes ont une cause réelle qui doit avoir son siège dans le Soleil, et c'est cette cause qu'il s'agit de rechercher et d'étudier maintenant.
§ AI. — Explication des pliénomènes décrits dans le paragrapJie précèdent.
Ces pliénomi''nes peuvent se résumer en un seul mol : variation dans la réfrangibilité des rayons lumineux. Quant à l'explication théorique, il nous sendjle que l'on ne peut adopter que Tune des deux suivantes : i" une même raie peut être due à des rayons dont la réfrangibilité varie a\ec la température du corps qui émet ces rayons ; 2*^ le mouvement du