‹ Le soleilChapitre 22 sur 66 · II · texte numérisé non relu

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et l'on marque les points où elle rencontre la circonférence à l'entrée et à la sortie; on peut toujours faire en sorte qu'elle passe assez près du centre. La corde ainsi o]3tenue doit être considérée comme parallèle à l'équateur céleste, car on peut évidemment négliger le mouvement du Soleil en déclinaison pendant le passage, mouvement qui est bien peu sensible dans un temps aussi court, et qui ne peut introduire aucune erreur appréciable dans un procédé graphique qui n'exige pas une précision aljsolue. On trace un diamètre parallèle à cette corde, puis on place sur la figure un cercle métallique gradué avec beaucoup d exactitude et dont les degrés sont numérotés dans le même ordre que ceux du cercle de position qui porte le spectroscope ; à l'aide de ce rapporteur, on reproduit facilement sur la figure la position des protubérances à mesure qu'on les observe. Les nombres inscrits sur le rapporteur ne sont point reproduits sur la figure, le zéro seul y est marqué; il vaut mieux conserver la liberté d'inscrire d'autres nombres en prenant un autre système de coordonnées, par exemple celui des latitudes héliographiques : nous verrons bientôt qu'il peut v a^oir à cela plusieurs avantages.

Ensuite on parcourt soigneusement tout le bord en marquant toutes les protubérances; lorsqu'on en a trouvé une, on amène la fente à être exactement tangente au point de la circonférence solaire qui lui correspond, ce qu'on peut faire avec une approximation supérieure à un degré, on raj)porte sa position sur la figure et on la dessine avec toute l'exactitude possible. On évalue les dimensions en hauteur par la grandeur de l'image que le cherchem^ de l'équatorial projette sur le carton (^o. i5i,p. 5 ; dans les cas plus importants, on les mesure avec le micromètre à lame de verre (p. 29). On évalue la base par l'arc compris entre- les deux extrémités.

l)';ij)ivs 1rs (liuKMisioiis de nos dossiiis. une li.iiitciir de i inilliiiu'lrc ro; r(v-.|)()ii(l il iiii an^lc de 7 .<). on, en n()inl>r(' rond, a 8 sccondi's : ponr la l)as(', ini d('j;i-(' corirspond ,1 ^\('i\ près à 16 secondes. I .es delails dignes d't'lr.' nole>. son! dessines à pari dans de pins grandes pro|)orlions.

l>ors(pi on a ain->i l'ail le Ion;- (\\i dis(pi' s)laire. on revicMif

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sur les points les pins importants pour les observer de nouveau ; Tattentio;! doit se porter principalement sni- le hord oriental allii de Noir si, pendant le travail précédent, il ne s'est pas produit (|nel(|ue phénomène digne d'attention. T.a durée de cette obs(M'vation dépend du nombre et de la complication (les protubérances; elle est d'ime beiu'e environ. J.a Jt g. 2o5 est la r(>pi-oducti()n du dessin e.vécuté le 2'3 juillet 1871 entre S'-So"' et (,\")5'".

Ces opérations terminées, on trace sur la figure l'axe de l'ellipse suivant laquelle se projette l'équateur solaire, en calculant sa position à l'aide de la table que nous avons donnée tome I, page 22; une droite perpendiculaire à la précédente donne la direction du méridien qui passe par les pôles du Soleil. La figure 2o5 est une réduction au tiers et demi, obtenue par la photograpbie : aussi ressemble-t-elle parfaitement à l'original. Ces dessins donnent une idée exacte de l'ensemble des phénomènes et de leurs dimensions par rapport au globe solaire. JNous allons donner une courte description de la figure précédente en commençant par le pôle nord. I.a droite ab représente la direction du mouvement diurne de la sphère céleste.

N" 1 . Dou])le protubérance de structure filaire, inclinée vers l'équateur. Les filets sont très-distincts à la base, mais au sommet un léger nuage relie les deux masses et rend leur structure intérieure moins nette. L'intensité lumineuse est faible.

N° 2. Protubérance composée de filaments, dirigée en sens contraire de la précédente. Les protubérances 1 et 2 sont reliées à leurs sommets par quelques bandes faiblement lumineuses. Vient ensuite un arc de chromosphère recouvert de poils inclinés vers l'équateur dans la première partie, vers le pôle dans la seconde.

iS° 3. Protubérance gigantesque. On distingue nettement à la base plusieurs jets filamenteux ; parvenus à une certaine hauteur, ils se croisent dans toutes les directions ; au sommet ils se diffusent et finissent par former un véritable nuage. La hauteur est de 2' 40" . La lumière n'est pas très-vive, si ce n'est à la l^ase du jet principal. Cette masse mit plusieurs jours à passer sin^ le contour apparent du Soleil : on commença à la voir le 22, et elle ne disparut que le 2-. A partir du 24, des arcs

(le stiucture rilamcntouse la réunirent à la j)rotubéranc(* n° 5. J.r y.-, sa hauteur avait consitlerablcnicnt diminué, lorsqu'on aperçut une taehc venant à sa suite. C'est le ?4 qu'elle atteli^nit son niaxinitiin ; sa hauteur était alors de 'V[o", environ dix lois le dianieire de la Terre. Sa lornie variait d'un jour à l'autre d'une manière très-h'appanle. Kn longitude, elle oe- (•U|)ait une étendue de ()5 degrés ; en latitude, sa plus grande largeur fut de "io degrés. Le i') juillet, on observa vers le sud-ouest une masse semblable, jdiis élevée et d'une structure plus comj)li([uée. La forme générale de cette protuliérance j)orterait à la comparer à un arbre, mais, en observant avec attention, on a pu s'assurer qu'il n'y avait pas de ramifications proprement dites ; les filets ne se subdivisaient pas comme les rameaux d'un arbre : il n'v avait que des ap])arences trom])euses dues à des jets enflammés, parfaitement distincts, qui s'entre-croisaient en se projetant les uns sur les autres. Le dessin a été exécuté à 8^ 40*".

N° 4. Flamme inclinée vers le pôle nord : c'est la direction générale de tous les filets lumineux dans cette région.

N** 5. Masses de flammes semblables à la précédente; la principale est dirigée vers le pôle nord ; il v a un jet secondaire dirigé en sens opposé. Entre ces deux protubérances, on aperçoit un nuage isolé composé de filaments dont la direction est contraire à celle des protubérances elles-mêmes. Ces filaments se détachent d'une masse plus vive qui forme comme ini centre de radiation duquel s'échappent une multitude de filets incandescents.

N° 6. Petites flammes qui s'élancent dans toutes les directions, entourées de chromosphère recouverte de jets nombreux.

N"^ 7. Autre nuage complètement isolé, de structure filaire parfaitement nette. Sa hauteur est de 80 secondes environ.

A sa base, on voit un |H'lit monticule composé de filets parallèles au Jjord.

•jVTo g J>i^{^s clii pôle sud, protubérance composée de filets parfaitement séparés les uns des autres, prescpie perpendiculaires au bord du Soleil. Lumière très-faible. Du n" 8 au n*^ 9, lachromosplière est très-peu élevée.

N" 9. Autre protubérance filaire très-basse: les (ilets sont inclinés et ils se terminent jiar un petit nuage filaire qui surmonte une masse cumuliforme. Ces deux masses demeurent à la même place pendant plusieurs jours à cause de leur proximité du pôle.

N^ 10. Flammes inclinées, très-belles, de structure filaire, composées à la base de trois jets distincts qui se confondent au sommet.

IN'^ 11. Groupe composé de trois flammes : celle du milieu est cumuliforme ; les deux autres, de directions opposées entre elles, tendent à la recouvrir.

j\^To j2 Taclie cpii s'approche du bord. Jets nombreux, peu élevés, mais très-vif>: deux d'entre eux sont recourbés et inclinés vers le pôle sud, suivant la diiection la plus commune dans cette région.

N" 13. Masse très-vive, d'où s'échappe ime trainée plus brillante cjui passe évidemment au devant des pointes des flammes moins élevées (9^10™). La base de cette masse s'incline vers l'écpiateur ; son sommet a une direction opposée, comme s'il était renversé par l'action d'un courant énergicjue. La raie C était sensiblement diffuse, ce qui tient à la variation de réfrangibilité. La raie du sodium était renversée ; on n'examina pas les autres raies. A 5 heures, il ne restait j)lus que cjuelcjues jets lumineux j^eu étendus et à peu près insignifiants.

]X° 14. Deux jets inclinés en sens opposé et qui s(^ ci'oisent

à leur partie siipérioure, où ils sont (Mitraînôs par un courant de grantk' intensité. Ils se trouvent sur le contour d'une tache voisine du bord. Un peu plus loin, au-dessus des faculcs, on voit des flannnes petites, mais trrs-ljrillautes.

N** 15. Nuage léger, incliné vers l'équateur, suivi de deux autres flammes plus petites.

N"^ 16. Très-beau svstème de jets filaires inclinés vers le nord et recourbés au sommet. Il se trouve à la limite des granulations indiquées par une ligne sinueuse qui va du n° 16 au n° 1 .

N" 17. Groupes de jets filaires presque verticaux. Leur direction est incertaine, ce qui témoigne de l'influence d'un courant peu intense. Ces protubérances polaires ont subsisté pendant plusieurs jours.

Le lecteur voit dans cet exemple mi spécimen des dessins qui nous ont servi à établir nos discussions; mais il ne suffit pas de faire des dessins et d'en examiner avec soin les plus petits détails : il faut ensuite faire un travail de synthèse, travail qui ne se fait bien que sur des nombres. Voici comment nous procédons pour arriver à des résultats numériques.

\près avoir tracé sur le disque la ligne des pôles du Soleil, à 1 aide du rapporteur et d'une règle graduée, nous déterminons pour chaque protubérance : sa distance angulaire sur le bord au pùle nord ('), sa hauteur, sa largeur. Os chiffres sont inscrits dans un tableau; on y ajoute une courte description, l'indication de la direction des jets, et le produit numérique de la hauteur par la longueur de la base. Nous obtenons ainsi un tableau de six colonnes qui sert de point de départ à tous nos travaux futurs.

('} A la rijjiicur, la distance prise ainsi n'est pas la tlistance au pôle solaire, mais bien à sa projection; mais comme cette projection tombe toujours très-près du bord, la différence de position ne devient jamais considérable.

Enregistrement des protulxh-anres observées le 28 juillet 1871 de 8'' 3o"' à 9'' 55'" (voir/ij. 2o5).

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