II. 3i
autour d elle. Y aura-t-il une cause quelconque dont l'action doive alors rétablir les choses dans leur état primitif? Nous ne saurions le dire. Le monde n'a pas toujours existé, et rien ne nous prouve qu il doive exister toujours.
ÎSous avons trouvé que la constitution du Soleil doit être en grande partie gazeuse. Ceci nous explique les phénomènes que nous observons à sa surface. La partie qui reste extérieurement exposée à la radiation vers les espaces célestes est continuellement renouvelée par une circulation intérieure très-compliquée Cette couche est le siège de vastes opérations chimiques, physiques et mécaniques. Des éruptions rejettent de l'intérieiu^ à l'extérieur des masses énormes de gaz métalliques et donnent ainsi naissance aux taches. Ces masses vaporeuses, plus obscures et plus absorbantes, nous interceptent la plus grande partie des ravons lumineux qui émanent de la photosphère gazeuse et complètement dissociée.
Au-dessus de la couche lumineuse qui constitue la limite apparente de l'astre se répand Fatmosphère formée de vapeurs transparentes qui s'élèvent, selon leurs poids s|>écifiques, à différentes hauteurs.. De toutes ces substances, l'hydrogène est une des moins denses; aussi flotte-t-il à une grande hauteur, formant des colonnes et des nuages qiii constituent les protubérances roses observées autour du Soleil pendant les éclipses. Parmi les matières qui forment les taches, le sodium, le magnésium, le fer et le calcium sont les plus abondantes entre celles qui sont éruptives.
Cette atmosphère du Soleil, ordinairement invisible, excepté dans les éclipses, est très-vaste; elle s'étend à une distance qui est bien supérieure au rayon solaire ; elle a une forme comprimée, son élévation étant moins grande aux pôles qu'à l'équateur. Dans les régions équatoriales, et surtout dans celles où se présentent les taches, on observe une
activité jihis grande qu'aux pùles, activité qui se manifeste par un éclat plus grand, et par une liauteur plus considérable de la couche atmosphérique elle-même.
Le spectroscope, en nous révélant la composition chimique (lu Soleil, nous a montré que les substances dont il est formé souL identiques avec celles qui constituent les corps terrestres, qui sont non-seulement ])ropres à notre système, mais aussi aux autres systèmes stellaires. Mais nous sommes encore l)ien loin de connaître la nature de toutes ces substances.
Telles sont, résumées dans im aperçu général, les connaissances que nous possédons sur l'astrcMlu jour. Ces connaissances sont bien incomplètes, il est vrai-, cependant, si nous considérons la rapidité avec laquelle les découvertes se sont succédé, nous serons fiers d'appartenir à une génération qui, à elle seule, a plus avancé dans cette voie que toutes celles qui l'ont précédée. Le dernier mot n'est pas dit, mais on peut bien espérer que les découvertes à venir, loin de détruire aucune des parties de l'ccuvre actuellement accomplie, continueront le travail déjà commencé, le compléteront et résoudront les nombreux problèmes dont nous avons indiqué l'énoncé dans cet Ouvrage. Le travail patient de l'observation, les expériences habilement dirigées pour contrôler les théories et les hvpothèses finiront par éclaircir ce qui est encore douteux ou incertain.
Il nous reste beaucoup de choses à apprendre, car la nature est inépuisable dans ses merveilles; lorsque l'on croit arriver au terme, on n'est encore qu'au début, et l'histoire même du Soleil nous fournit une preuve frappante de cette vérité.
Le champ serait bien plus vaste et plus inépuisable si nous voulions nous occuper des influences merveilleuses que cet astre bienfaisant exerce sur la Terre, puisque ses rayons.
doués du pouvoii' d'éclairer, d'échauffer et d'agir sur les molécules des coi'ps, sont la cause première d'où découlent, sur toutes les planètes, et la force et la vie. Lorsqu'on se borne à considérer le Soleil comme le centre géométrique des orbites que décrivent les planètes, on se fait une bien pauvre idée de l'action qu'il exerce dans le monde et de son importance dans la création. Mais, lorsque l'on considère son influence physique, chimique et physiologique, on se trouve en présence d'une foule de questions mystérieuses et de problèmes non résolus, dont l'étude suffira, sans doute, à exercer l'activité de bien des générations. Les forces qu'il met en jeu sont d'un ordre plus élevé que l'attraction ellemême, et leur nature intime est tout aussi inconnue que celle de la gravitation. Nous n'avons pas pu entrer dans l'étude spéciale de ces relations, mais nous ne devions pas les laisser complètement de coté. La nature de cet Ouvrage nous a pei'mis à peine d'en dire quelques mots; peut-être un jour pourrons-nous traiter ces questions d'une manière plus sérieuse et plus approfondie.
FIN DE LA SECONDIi ET DERNIEUE PARTIE.
li9G Tans - Imprimerie Ue G.VU I Ull-.U-Vll.l.AKS, r.uai dos AugUflins,
pôiASci.