‹ Le soleil de ma Bretagne dramevaudeville en trois actesChapitre 11 sur 39 · LOUISETTE, ÉTIENNE · texte numérisé non relu

LOUISETTE, ÉTIENNE

louisette. Etienne ?

Étienne, ri pari. Grand. Dieu! que lui dire?

louisette. Je me suis échappée de chez monsieur le bailli ; j’ai voulu vous revoir, vous dire que c'est bien malgré moi que je suis marraine de ce vilain bateau qui vous cause tant de chagrin. •

Étienne. A moi?... vous vous trompez, Louisette.... vous n’avez pas d'eicuse k me faire... et je ne vous en veux pas... Adieu!

louisette. Comment! adieu!... Que signifie, Étienne.... mon ami... qu’avez-vous donc? ce trouble... cette pâleur... Oh! parlez, répondez-moi. Je veux tout savoir.

Étienne. Eh bien, Louisette... je ne voulais pas vous le dire; vous n’allez plus me 1 comprendre peut-être... et pourtant.... (A pari.} Oui, oui, c’est cela. {Haut.) J'étais trop pauvre, trop obscur pour être digne de vous... .

LOUISETTE. Que voulez-vous dire ?

Étienne. Je veux vous dire qu’en me parlant d’honneur et de gloire, le recruteur vient de ma donner des idées que je ne croyais jaaqais avoir. . . Le récit de nos combats merveilleux sur mer a exalté ma tête... , J’ai rougi de n’Clre encore qu’un pauvre pêcheur en pensant qu’un peu de courage lait quelquefois d'un matelot un capitaine... d'un capitaine un amiral... Enfin, Louisette, je ' n’ai pas voulu que votrc.époux fût misérable, 1 ignoré... Je suis ambitieux... et pour n’avoir pas à revenir sur ma résolution , je me suis engagé...

louisette. Engagé... vous! engagé?

Étienne. Oui, votre père va revenir pour vous protéger et vous défendre... et moi... . moi, je pars...

louisette. Vous parlez, Étienne... 6 mon Dieu! mon Dieu ! vous partez...

tTtEHSE.

Ai k de la Bretagne, a La mer m'attend, je vais partir demain.

Je suis Breton, j’ai vingt an», je suis brave,

Marin français, démon devoir esclave,

Sar l'océan je ferai mon chemin.

* Louisette, Étienne.

LOOIIKTTC.

Mais si tu par», mon frère.

Ici, que vais-je faire?

Toute ma vie a moi, '

Tu saia bien que c'est toi,

Ab I ne va pas loin de notre berceau.

Reste avec moi. ta steur et ta compagne;

On est heurcus A la montagne.

Et de notre Bretagne '

Le soleil e»t si besut...

Étienne. Louisette, ne cherche pas à m’ft- ■tor tout le courage dont j'ai besoin.

louisette. Ah! je comprends..,, je devine tout à preseut. Vous avez appris le déguisement du comte, son amour pour moi....

vous avez cru que je le partageais... c’est ht jalousie qui vous a fait prendre cette fatale résolution...

Étienne, étonné. Le déguisement du comte... comment! que dites-vous?

louisette. Oui, le comte de Florac, que vous avez reconnu sans doute sous les habits du recruteur... mais je ne l'aime pas. . . je ne l'aimerai jamais.

* étieNne Le comte de Florac?

louisette. Et c’est bien mal à vous, monsieur, d'avoir douté de mon cœur.

Étienne , ri part. Ali ! malheureux 1 que viens-je d’apprendre !

louisette. Etienne , il faut aller trouver k- comte... rompre ce fatal engagement..

Étienne , à lui-mémt. Le rompre ! mais son père qui gémit dans un cachot..’, qui sans inoi y mourra peut-être! •

louisette. Que dites-vous?

Étienne. Je dis qu'il est trop tard, que c’est impossible, Louisette.

louisette. impossible! ainsi vous m’abandonnez... et votre ambition est plus forte

que votre amour Oh ! c’est affreux ,

Étienne, et jamais je ne vous pardonnerai.

Étienne. Jamais! [A part.) Eh! qu’importe ! avant tout, je dois sauver son père.

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