‹ Le soleil de ma Bretagne dramevaudeville en trois actesChapitre 14 sur 39 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ZÀ1DA, NELLORA, FATMÉE, ZULÉMA,

et autres Femmes du Sérail .

Au lever du rideau les Sultanes sont couchées sur des divans.

zaida. Ainsi, mesdames, c’est entendu, tous promettez de ne pas abandonner ma cause; cet état de choses ne peut durer longtemps.

TOUTES. C’est impossible !

zaida. Une atenturière a usurpé, à Bagdad, le pouvoir des califes... elle s’est faite souveraine.

fatmêe. Elle a aboli l’emploi des favorites.

NELLORA. Mais elle s’est réservé le droit de créer celui des favoris.

zaida. Quand le dernier calife , le grand Abdoul-Assan, m’accorda sa haute faveur, je

n’abusai jamais, vous le savez, de mes droits et de ma puissance , je n’ai eu qu’un tort , celui de protéger cette étrangère , qui , d’abord, me déposséda de mon titre de favorite, et qui, plus tard, eut assez de puissance sur l’esprit du calife mourant pour se faire nommer souveraine de Bagdad.

fatmêe. Tu as fait un beau chef-d’œuvre.

zaida. Le marché fut bientôt conclu , je payai môme sur mes épargnes... et je fis don de l’esclave française au calife.

FATMÊE. Six mois après tu étais cil disgrâce, et aujourd'hui...

nellora. Aujourd’hui elle est reine I zuléma. Comment en est-elle venue là T je vous le demande.

zaida. Comment? ça ne lui a rien coûté.

fatmêe. Rien ?

zaida. Cela vous étonne ? eh bien ! mesdames, c'est comme je vous le dis.

MAGASIN THEATRAL

Finis.

Am de Céline.

Oublieux de notre tendresse,

Abiloul-Assan, notre maître et seigneur,

Nous dédaignait, mais sa bautesse Do la Française adorait la rigueur.

Quand nous perdions nos soins et notre sèlc,

La vertu même, oui, notre premier bien, L'ingrat adonne tout à celle Qui ne lui donna jamais rien.

Uélas! il donna tout, etc.

NF.LLORA. Mais patience! que son premier ministre consente seulement b nous seconder. ..

zaida. Je l’attends... il va venir, et s’il veut prendre part b la conspiration que nous avons formée contre la reine... la partie n’est pas encore perdue...

fatmêe. Le voici 1 .. . silence !

toutes. Silence ! silence !

Page 1