CHAPITRE UNIQUE
§ I. — Rapport de notre Soleil as^ec les étoiles.
Le Soleil qui nous éclaire n'est que Tune des nombreuses étoiles qui peuplent les espaces célestes, n'ayant rien qui le distingue de ces astres, si ce n'est la distance, relativement insignifiante, qui nous sépare de lui. S'il se trouvait transporté à la distance des étoiles les plus voisines de nous, c'est à peine si nous pourrions, à l'œil nu, l'apercevoir comme une étoile de cinquième ou de sixième grandeur ; son diamètre serait tout à fait insensible, car de Neptune déjà il ne sous- tend qu'un angle de 64 secondes, et les étoiles les plus voisines de nous, même en supposant leur parallaxe annuelle égale à i seconde, seraient à une distance au moins égale à 206265 fois le demi-grand axe de l'orbite terrestre. Cette distance est encore trop faible, puisque les parallaxes annuelles les mieux connues sont loin d'atteindre i seconde; et cependant, à cette distance, la lumière emploierait trois ans et quatre-vingt-trois jours à nous arriver; elle emploie douze ans à franchir l'espace qui nous sépare de l'étoile 61 du Cygne, dont la parallaxe
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est o'', 34 ; et cependant, pour arriver du Soleil à la Terre, il lui suffit d'un demi-quart d'heure (huit minutes quinze secondes).
Ces éléments peuvent donner une idée de l'immensité de l'espace sidéral, et montrer comment les astres sont assez éloignés les uns des autres pour que les différents systèmes soient indépendants dans leur action. L'étoile qu'on regarde comme la plus voisine de nous ne saurait agir d'une manière appréciable sur la planète la plus reculée du centre d'action, c'est-à-dire sur Neptune, car elle en est 6876 fois plus éloignée que le Soleil, et comme l'action varie en raison inverse du carré de la distance, en supposant que les deux centres d'attraction aient des masses égales, l'étoile agira sur Neptune avec une force 47 279 376 fois plus faible que celle du Soleil. Jusqu'à présent l'étoile qu'on regarde comme étant la plus voisine de notre système est a du Centaure, étoile double de Thémisphère austral, dont la parallaxe serait o'^jBB (i), et la distance 234 4oo fois la distance de la Terre au Soleil, et 7813 fois celle de Neptune.
I^s étoiles qu'on appelle communément y£re5 ne sont pas absolument immobiles. Les observations ont prouve qu'elles possèdent toutes des mouvements propres, toujours très-petits à nos yeux, mais très-sensibles pour les astronomes ; il en est qui décrivent des arcs de quelques secondes seulement en un siècle, et cependant il n'en faudrait pas davantage pour changer avec le temps la face du ciel et la forme actuelle des
(i) Ce nombre est déduit des observations de Maclear, Mœsta et quelques autres astronomes.