LA CONCORDE
malgré les menaces de mort ou la perte des richesses. Par exemple, Tobie n'hésita pas à continuer d'ensevelir les morts, contre la défense du roi Sennachérib, qui lui avait enlevé tous ses biens et avait même ordonné de le faire mourir (Tobie, cb. i,v.22). Daniel, non plus, ne cessait de prier (Dan., cb. 6, v. 10). Et les apôtres, après la résurrection du Christ, ne manquèrent pas de prêcher le nom de Jésus, malgré les supplices et la menace de mort : «Jugez vous-mêmes, disaient saint Pierre et saint Jean à ceux qui s'opposaient à leur prédication, jugez s'il est juste devant Dieu de vous obéir plutôt qu'à Dieu » (Actes, cb. 4, v. 19). « On doit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes », déclaraient saint Pierre et les autres apôtres (cb. 5, v. 29).
5. S'écarter du chemin de la justice à cause de la faveur des hommes ou pour un gain quelconque, c'est une preuve d'inconstance. Ainsi Balaam, pour l'amitié de Balac et ses présents, consentit à maudire le peuple d'Israël, contre l'ordre du Seigneur (Nombres, cb. 22, v. /7 et 18). Ou encore, ce jeune homme, par crainte de perdre ses richesses, s'éloigna, tout triste, du Seigneur Jésus qui lui conseillait la perfection. . . parce qu'il avait de grands biens, et il les aimait (Matt. cb. 19, v. 22). Les apôtres, pour éviter la mort, abandonnèrent leur cher Seigneur, et prirent tous la fuite (cb. 26, v. 56). Au contraire, Mathathias, plein de mépris pour les honneurs et les présents que lui promettaient les
envoyés du roi Antiochus, laissa tout ce qu'il possédait et s'enfuit dans les montagnes, afin d'observer la loi du Seigneur. Rien ne put le détourner de la voie droite, ni le désir de garder ses amis, ni la peur de perdre ses richesses (/er livre des Macbabées, cb. 2, v. 28). Et saint Etienne, la mort le trouva constamment juste, les yeux fixés au ciel, accablé par les jets de pierres, il demeura ferme dans le Christ {Actes, cb. 7, v. 55). Saint Paul aussi avait la vertu de constance, lui qui s'écriait : « Pour moi, je suis prêt non seulement à porter des chaînes, mais encore à mourir à Jérusalem, pour le nom du Seigneur Jésus » (cb. 21, v. 1 f).