CHAPITRE XXIX La Gravité
i et 2. Il y a gravité véritable, lorsque, sans discorde aucune, toutes les affections de l'âme et ses puissances sont rassemblées en Dieu. Il s'ensuit que l'âme se retire de tout ce qui est vain, et qu'elle préserve ses sens de toute séduction. L'âme, au contraire, s'éloigne-t-elle de cette heureuse union, aussitôt la voilà prisonnière de beaucoup de vanités, puisque tout est vain ici-bas, comme le dit YEcclésiaste, ch. i, v. 2.
3. Les saints exemples de Jésus-Christ doivent nous conduire à la vraie gravité. Saint Augustin décrivait ainsi le caractère sérieux du Christ (1) : « Nous lisons bien dans les Evangiles que le Seigneur Jésus se plaignait, qu'il' a pleuré, qu'il fut
(1) Ce texte n'a pas pour lui l'autorité de saint Augustin ; il est probablement de Fulbert de Chartres, mort en 1029, ou d'un certain Ambroise Autbert. P.L. t. 39, col. 2133. On se représente difficilement Notre-Seigneur toujours en larmes. Il devait réjouir sa sainte mère et charmer ses apôtres par sa douceur et son excessive bonté ; ce qui n'enlève rien à sa gravité sereine et libre.