LA PENITENCE
à la pratiquer vraiment, car, au dire de Notre-Seigneur.sans elle il n'y a pas de salut :« Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous >* (Luc, cb.13, v. 5). « Aucune iniquité, petite ou grande, ne peut être impunie » (S. Augustin) (1). Aussi Dieu a-t-il imposé à David une pénitence pour son péché, parce qu'il avait fait le dénombrement de son peuple : il aurait à supporter ou bien sept années de famine dans le pays, ou trois mois de vengeance de la part de ses ennemis, ou encore trois jours de peste. Et David choisit pour lui-même et pour son peuple la plaie commune de la mort (IIe livre des Rois, cb. 24, v. 10-16). Cela veut dire que nécessairement tout homme sera puni de ses péchés : en enfer que signifient les sept années de famine, ou au purgatoire figuré par les trois mois de violence des ennemis, ou par une peine temporelle que désigne la peste de trois jours. Il nous est donc utile de choisir la pénitence la plus légère et qui passe rapidement.
4. Mesurer justement la peine à la faute, c'est une preuve de la vraie pénitence. La gravité du châtiment et sa quantité correspondront à la gravité de la faute ; l'amertume de la peine sera proportionnée à la jouissance du péché, l'une doit durer autant que l'autre, et les châtiments seront aussi nombreux que la multitude même des péchés, con-
(ij Sur le Ps. 58. P. L. t. }6, col. 701.
2l6 LE PARADIS DE fAME
formément à cette parole de Jean-Baptiste : « Faites de dignes fruits de pénitence » (Matt., ch. 3, v.8). Les maladies du corps n'ont-elles pas, chacune, leur remède? et aucun traitement n'est tellement efficace qu'il guérisse toutes les maladies ; de même chaque espèce de péché a une pénitence spéciale. On ne corrige pas directement l'orgueil par l'aumône, ni la rancune ou l'envie par la prière, ni l'avarice par le jeûne, ni l'impureté par les veilles, etc. iMais, directement, c'est par l'humilité qu'on se punit de son orgueil, c'est par d'abondantes aumônes qu'on répare l'avarice; l'impureté s'expie par les cilices et les disciplines qui châtient le corps, le jeûne satisfait pour la gourmandise, la prière pour les bavardages, la charité et le pardon des injures réparent l'envie, et on satisfait directement en rendant ce que l'on a pris ou ce que l'on possède injustement, etc.
Si Vous ne pouvez observer parfaitement cet ordre dans la satisfaction pour vos péchés, alors Dieu accepte, par bonté, n'importe quelle réparation. Vous est-il impossible de restituer des biens que vous possédez injustement, dans ce cas le jeûne a valeur de satisfaction; vous ne pouvez pas jeûner, la prière est efficace ; la maladie vous empêche de prier, il suffit à Dieu de votre bonne volonté (saint Jean Chrysostome).
5. Le Pape Innocent II indique les marques de la fausse pénitence : « Elle est fausse, la pénitence de