LA PERSEVERANCE
Sans la persévérance, aucune vertu, aucune action n'est digne de récompense. Sans la persévérance, toute perfection est réduite à néant. A quoi bon, pour Judas, apôtre, mais traître, d'avoir été choisi et tiré du monde par Notre-Seigneur? A quoi lui a servi la longue familiarité avec Jésus-Christ? Et les saintes prédications qu'il avait souvent entendues? Inutiles, les exemples, les vertus et les miracles dont il avait été témoin ! A quoi lui a servi la société des apôtres, et la grâce, à lui donnée, pour prêcher et faire des miracles ? A lui aussi en même temps qu'aux autres apôtres Notre-Seigneur avait dit : « Allez, annoncez que le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, et chassez les démons » (Matt., cb. 10, v. y, 8).
4. Il a la preuve de la vraie persévérance, celui que rien ne détourne de la justice : ni l'amour de cette vie, ni la crainte de la mort, ni menaces ni promesses. Ainsi, Suzanne, qui n'avait pas peur de mourir, disait : « Si je fais cela (le péché), c'est la mort pour moi » (Daniel, cb. 13, v. 22). Et Mathathias : « Quand bien même toutes les nations obéiraient au roi Antiochus, — chacune abandonnant le culte de ses pères — , et se soumettraient à ses ordres; moi, mes fils et mes frères, nous obéirons à la loi de nos pères. Que Dieu nous soit propice » (Ier livre des Macb. , cb. 2, v. 19-20).