‹ Le solliciteurChapitre 3 sur 23 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CrEORGRS , avec une petite table, près le bureau «"„ i , CRIARDET ? en noir , avec une médaille } se promenant au bas de l 'escalier du fond ; ARMAND, Madame DE VERSAC, sortant du bureau à droite.

Mad. DE VERSAC.

Oui, mon cher Armant], vous avez beau dire, je parlerai pour vous , et je réussirai.

armvxd.

Je n'en doute point , ma jolie cousine ; mais pourtant je vous prie de n'en rien faire.

Mad. DE VERSAC.

Eh! pourquoi donc?. . . Quand on ne demande pas pour «oi, on est bien hardi. L'entrée de votre ministère m'avait

d'abord effrayée' -7 ces grandes portes , ce concierge , ces factionnaires.... Où va madame'} Que demande madame} Votre suisse a un air rébarbatif... Mais vos chefs de bureaux... c'est bien différent ! Quel air gracieux î... quel ton prévenant î . . . comme le son de leur voix s'adoucit quandils vous offrent le fauteuil obligé. . . C'est charmant de solliciter î ... Je ne n/étonne plus si tant de gens s'en mêlent.

ARMAND

Et vpilu justement ce qui me désespère.

Air : Il me faudra quitter l'empire.

Qu'un intrigant vante ses artifices, Prône en tous lieux et son zèle et sa foi, . Loin de parler de mes services ,

j H Eux seuls ici doivent parler pour moi.

/\ Oui , l'hounète homme qu'on oublie,

' Loin de se plaindre et de solliciter,

Met à servir son prince et sa patrie Le tems qu'un autre emploie à s'en vanter.

Mad. DE VEUSAC.

Entendons-nous , cependant : c'est fort bien d'avoir dti mérite 7 mais faut-il que le mérite parle. Air : Le premier Il faut parler.

Le talenr>çtle'zele A la faveur doiven4/?esrappeler :

Des pqotecteupSTa me'mïHre est rebelle, Et près des fti"ands , comme auprès d'une belle, Il faut parler.

Et si vous gardez le silence, le ministre ira-t-il deviner que vous êtes un officier distingué ? . . . que vous avez payé de votre personne sur le champ de bataille ? que depuis un an vous travaillez gratis dans ses bureaux ?. . .

ARMAND

Quoi ! vous voulez que j'aille demander moi-même ?

Mad. DE VERSAC

lSon7 rertes... Mais si je prends ce soin , qu'avez-vous à répondre ?

ARMAND

Je répondrai. . . que ce n'est pas le ministre qu'il m'importe plus de fléchir.

Mad. DE VERSAC.

Que voulez-vous dire ?. , .

AR,MaND.

au- ir ir*»irmiw.5^"*'* **^e+>~^'-

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bonheur !

eu ma faveur. / x ussite ,

du.

Mûd. DE VERSAC.

Comment! vous sollicitez quelque chose... de moi ?... Eli ï mais ; il fallait donc parler... Je suis comme le ministre , je n'entends pas les gens qui se taisent ; et ne peux accorder ce qu'on ne me demande pas.

ARMAND

Pouvez-vous blâmer mon silence?. . . Vous êtes riche! . . . moi ; sans état dans le monde , sans place. . .

Mad. DE VERSAC.

Raison de plus pour en avoir une. Votre chef m'a fait espérer aujourd'hui une audience du ministre.... Et j'étais si empressée à venir, que je n'ai oublié qu'une choses assez essentielle... c'esuvotre pétition que j'ai laissée sur ma toilette. .. Vousaviez raison , pour une solliciteuse , je n'ai pas une trop bonne tête... Mais il est encore de bonne heure , et je vais. . .

ARMAND

Vous avez le laissez-passer pour rentrer?

Mad. DE vep.sac.

Oh ! j'ai tout ce qu'il faut.

Air : Bonsoir , noble dame. ( Coin'le Ory. ) 'renez confiance [oi , j'ai l'assurance Que ce projet-la.

Nous réussira.

ARMANI

Sans peiïie on défie Le sort e\sesr coups.

Qua n d fe mVc jolie Veille ainsn sur nous.

Ha<L

Oui, c/est mon Oui Veille sur \ oi

Ensemble. I /

/ ARMAND

Quand femme jolie.

/Veille ainsi sur nous.

Armand conduit Mad. de Versac.)

de y

"SgEME- IL

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