SCÈNE PREMIÈRE
"ne petite table, près le bureau n« , ,
GHIARDET , en no, r , avec une médaille , se promenant * r escaher du fond; ARMAND, Madame DE
VMdAL , sortant du bureau à droite.
MAD. DE VERSAC
Oui , mon cher Armapd , vous avez beau dire, je parlerai pour vous , et je réussirai. r
ARMAND
Je n’en doute point , ma jolie cousine ; mais pourtant ie vous pne de n en rien faire. J
MAD. DE VERSAC
Eh! pourquoi donc?.. Quand on ne demande pas pour sm, on est bten hard,. L entrée de votre ministère m’avait d abord effrayée ; ces grandes portes , ce concierge , ces fac tionnaires.... Ou va Madame ? Que demande Madame? Votre* smsse a un air rébarbatif.... Mais vos chcfsde bureaux... e’est b.cn différent ! Quel a lr gracieux !... quel ton prévenant . comme le ison i de leur voix s’adoucit quand ils vous offrent le tauteud obligé.... Cest charmant de solliciter !... J e ne m’étonne plus si tant de gens s’en mêlent.
ARMAND
Et voilà justement ce qui me désespère.
Air : IL me faudra quitter l'empire.
Qu’un intrigant vante ses artifices ,
Prône en tous lieux et son aèie et sa foi ,
Loin de parler de mes services ,
Eux seuls ici doivent parler pour moi.
Oui, i’honnétc homme qu’on oublie,
Loin de>se plaindre et de solliciter,
Met à servir son prince et sa patrie Le temps qu’un autre emploie à s’en vanter.
MAD. DE VERSAC
Entendons-nous , cependant : c est fort bien d'avoir du mérite, mais il faut que le mérite parle.
Air : Le premier pas.
Il faut parler:
Le talent et le zélé A la faveur doivent se rappeler :
Des protecteurs la mémoire est rebelle ,
Et près des grands , comme auprès d’une belle ,
Il faut parler.
Et si vous gardez le silence , le ministre ira-t-il deviner que vous êtes un officier distingué ?... que vous avez payé de votre personne sur le champ de bataille ? que depuis un an vous travaillez gratis dans ses bureaux?...
ARMAND
Quoi ! vous voulez que j'aille demander moi-même ?
MAD. DE VERS AC
Non , certes.... Mais si je prends ce soin , qu’avez-vous à répondre ? ^
ARMAND
Je répondrai.... que ce n’est pas le ministre qu’il m’importe le plus de fléchir.
MAD. DE VERSAC
Que voulez-vous dire ?
Air à' Agnès Sorel.
II est une personne encore Qui peut bien plus pour mon bonheur !
Vous la connaissez, mais j’ignore Si vous voudrez parler en ma faveur.
Loin de croire à la réussite,
Tout espoir est pour moi perdu,
Depuis un an , hélas! je sollicite.
Et n’ai rien encore obtenu.
MAD. EE VERSAC
Comment! vous sollicitez quelque chose.... de moi?... Eh! mais il fallait donc parler.... Je suis comme le ministre , je n’entends pas les gens qui se taisent , et ne peux accorder ce qu’on ne me demande pas.
ARMAND
Pouvez-vous blâmer mon silence?... Vous êtes riche!... moi , sans état dans le monde , sans place....
MAD. DE VERSAC
liaison de plus pour en avoir une. Votre chef m’a fait espérer aujourd’hui une audience du ministre.... Et j’étais si empressée à venir, que je n’ai oublié qu’une.chose assez essentielle.... c’est votre pétition que j’ai laissée sur ma toilette... Vous aviez raison , pour une solliciteuse, je n’ai pas une trop bonne tête.... Mais il est eneorc de bonne heure , et je vais....
ARMAND
Vous avez le laissez-passer pour rentrer?
MAD. DE VERSAC
Oh ! j’ai tout ce qu’il faut.
Air ; Bonsoir, noble dame. ( Comte Ory. )
Prenez confiance ,
Moi , j’ai l’assurance
Die
Que ce projet-là Nous réussira.
ARMAND
Sans peine on délie Le sort et ses coups,
Quand femme jolie Veille ainsi sur nous.
MAD. DE VERSAC
Oui , c’est mon génie Qui veille sur vous.
ARMAND
Quand femme jolie \. Veille ainsi sur nous.
( Armand conduit madame de Ver sac. )