‹ Le sommeil et les rêvesChapitre 109 sur 119 · LES REVES. CONCLUSION · texte numérisé non relu

LES REVES. CONCLUSION

les génies des inventeurs de l'écriture et de l'imprimerie, ces deux puissants auxiliaires de la mémoire, sinon dans ces milliers d'ateliers qui, sans relâche, contribuent pour une si large part à faire pénétrer la pensée et la vérité dans les pays les plus lointains et dans les intelligences les plus rebelles ? Et que deviendront les germes qu'ils sèment partout ?

Suppositions aventureuses et chimériques! s'écrieront certains esprits. Aujourd'hui , il nous faut des faits, nous voulons des faits! — Eh bien, soit! vous voulez des faits , le rêve vous les fournira. Le rêve — et ceci est ma dernière conclusion et , en même temps, la justilication du titre de cette étude — le rêve est une ouverture dérobée par où nous pouvons de temps en temps jeter un coup d'œil sur l'immensité des trésors que la nature amasse d'une main infatigable et parmi lesquels , à notre grande surprise, nous retrouvons parfois un lambeau d'une pensée insignihante et fugitive qu'elle n'a pas jugée, elle, indigne de figurer dans ses collections.

Le passé est un songe, disait Pénélope. Ah! combien il est plus vrai de dire que les songes sont le passé. Ils ne sont rien que le passé. Ils ne nous dévoilent pas l'avenir; mais, profitant de notre indifférence momentanée pour le présent, ils nous racontent le passé dans des pages fragmentaires, bien décousues , et d'aspect indéchiffrable. Mais qui sait? la Terre, elle aussi, a conservé précieusement ici une mcàchoire, là une vertèbre, ici, une empreinte d'une plume ou d'une écaille , là — le dirai-je? — une empreinte d'excrément; et la pa-

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