VI PREFACE
tends par là ce doute libre, au fond peu sincère, par lequel l'intelligence essaie de se prouver à elle-même que sa plus ferme croyance pourrait être erronée. Telle est la marque de l'esprit en pleine possession de lui-même.
Pour expliquer la mémoire , c'est-à-dire l'impression indélébile , dans la matière organisée et sensible, des traces des événements, j'ai dû critiquer les axiomes relatifs à l'intégrité permanente de la matière et de la force. Cet examen m'a permis de découvrir le principe de la fixation de la force, et par contre-coup le véritable siège de l'énergie, lequel n'est pas le mouvement, mais le défaut d'équilibre.
Ce principe, la science a déjà commencé à l'accueillir, et je suis persuadé qu'il finira par y prévaloir.
Les applications en sont fécondes, et, tout récemment, je m'en suis aidé dans mes études sur la matière brute et la matière vivante , études qui , publiées dans la Revue philosophique , paraîtront bientôt à part. J'ai montré déjà, et un jour je le montrerai mieux encore, qu'il a aussi sa place tout indiquée dans la question de la liberté.