SIRÈNE DE CAGNIARD LATOUR
fois que les trous du disque mobile se placent sur les trous du disque fixe, l'air passe; il est, au contraire, arrêté quand les trous du disque mobile coïncident avec les intervalles pleins du disque fixe. Il s'ensuit que l'air doit sortir de la sirène sous la forme de petites bouffées, qui seront d'autant plus fréquentes que le nombre des trous sur l'un et l'autre disque sera plus grand, et que la vitesse de rotation du disque mobile sera plus forte. Supposons, par exemple, que chaque disque ait vingt-cinq trous, comme c'est le cas de ma sirène (le dessin n'en indique que huit, mais le nombre est arbitraire). Supposons de plus que sa vitesse de rotation soit d'un tour par seconde. Dans ce cas, chaque trou du disque supérieur laissera passer vingt-cinq bouffées d'air par seconde. Si le disque mobile fait 2, 3, 4, etc., tours par seconde, pour trouver le nombre des bouffées d'air produites par chaque trou nous devrons multiplier le nombre des trous, qui est de 25, par 2, 3, 4, etc., et en général par le nombre de tours que le disque fait à la seconde.
Yous entendez ce qui se produit quand je mets la sirène en mouvement. C'est un son très-net , grave en commençant, quand le disque tourne lentement, de plus en plus aigu à mesure que croît la vitesse du disque. Le son se produit parce que l'air extérieur au-dessus de l'instrument est heurté régulièrement par les bouffées d'air sortant de la sirène. Ces chocs périodiques produisent dans l'air extérieur des vibrations, dont le nombre correspond évidemment au nombre des chocs reçus. Nous pouvons donc, en chargeant la soufflerie à volonté, produire le son que nous voulons, grave ou aigu ; nous pouvons en même temps calculer le nombre des vibrations correspondantes, pourvu que nous ayons un moyen de déterminer le nombre de tours que l'instrument fait en une seconde.
Ce but est rempli par un compteur très-simple, qui se trouve à la partie supérieure de l'instrument et est représenté fîg. 23. Au disque mobile G F est attaché un arbre
d'acier vertical A a, lequel porte à sa partie supérieure quelques spires S d'une vis dite vis sans fin. Sur cette vis engrènent les dents d'une roue dentée E H, laquelle se déplace d'une dent par chaque tour de l'arbre et du disque mobile. A l'axe de la roue dentée est fixé un index, comme dans les horloges (voir fîg. 21) ; une graduation permet d'observer ses mouvements, et par suite, aussi ceux de la roue dentée. Chaque petite division correspond à une dent de la roue, ou à un tour du disque mobile de la sirène. La roue dentée a cent dents ; par suite , la graduation sous l'index a cent divisions disposées sur un cercle complet. Une seconde roue dentée G, avec un second index et une seconde graduation, est disposée de manière qu'à chaque centaine de tours exécutés par la première roue, la seconde avance d'une dent, et son index d'une division. Les divisions de cette seconde roue donnent donc toujours les centaines de tours, pendant que celles de la première marquent les tours simples.
Ce système permet de déterminer facilement le nombre des tours que fait la sirène dans un temps donné, quel que soit ce nombre. Pour faciliter la tâche , les roues dentées peuvent se rapprocher et s'éloigner à volonté de l'arbre principal au moyen du bouton a (fig. 21), lequel permet un petit déplacement latéral ; les roues ne se mettent donc en mouvement que si on le veut et lorsqu'on le veut.
Je vais maintenant montrer par un exemple comment on manie l'instrument. Je prends un diapason et je détermine le nombre de vibrations correspondant au son qu'il émet. L'opération se réduit à ceci :
1° Reproduire avec la sirène le même son, de façon à le maintenir constant pendant un certain temps.
2° Le son obtenu , mettre en mouvement un chronomètre à secondes et le compteur de la sirène, et déterminer ainsi le nombre de tours faits en une seconde.
Ces deux opérations se font facilement ; la première en