‹ Le son et la musique : (volume 2)Chapitre 61 sur 100 · PROPAGATION DES SONS · texte numérisé non relu

PROPAGATION DES SONS

le nom de son; mais ils n'entendent pas, c'est-à-dire leur oreille n'éprouve pas la sensation du son ; ils perçoivent le son par les nerfs de la peau, par une sensation particulière de bruissement. Les limites entre lesquelles sont compris les nombres de vibrations que l'oreille perçoit comme son dépendent aussi de sa construction particulière.

Lorsque la sirène tourne lentement, lorsque les pulsations de l'air se succèdent lentement , vous n'entendez aucun son. Lorsque la sirène tourne de plus en plus vite, rien ne change dans la nature des ébranlements de l'air. Ainsi, en dehors de l'oreille, rien de nouveau ne s'ajoute au phénomène. Ce qu'il y a de nouveau, c'est la sensation de l'oreille qui commence seulement en ce moment à être affectée par les ébranlements de l'air, et c'est pour cela que nous donnons un nouveau nom aux vibrations plus rapides, en les appelant des sons. Si vous aimez les paradoxes, vous pouvez dire que le tremblement de l'air ne devient son qu'au moment où il affecte l'oreille.

Je vais vous expliquer maintenant la propagation du son dans l'air. Le mouvement de l'air, au moment où un son le traverse, fait partie d'un genre de mouvements très-importants en physique, des mouvements ondulatoires. Outre le son, la lumière est un mouvement de ce genre. Ce genre de mouvement tire son nom des ondes que nous voyons à la surface de nos eaux, et c'est le mouvement de ces ondes qui vous fera le mieux comprendre les particularités du mouvement de l'air pendant le passage du son.

Lorsque nous ébranlons un point de la surface tranquille des eaux, par exemple, en y jetant une pierre, le mouvement ainsi produit se propage en ondes circulaires qui se répandent sur la surface de l'eau. L'onde circulaire grandit de plus en plus, même lorsque le point où elle a pris naissance est retombé au repos ; à mesure que les rides s'éloignent du centre, elles deviennent moins hautes et disparaissent peu à peu. Dans un mouvement de ce genre, on

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aperçoit des parties élevées au-dessus de la surface, des montagnes, d'autres plus basses, des vallées.

L'ensemble d'une montagne et d'une vallée porte le nom d'onde, et nous mesurerons sa longueur du sommet d'une montagne au sommet le plus voisin.

Pendant que l'onde avance à la surface du liquide, entraîne-t-elle les particules d'eau qui la constituent ? Nous pouvons nous rendre compte de ce qui se passe en faisant nager sur l'eau un petit brin de paille. Les ondes qui l'atteignent relèvent et l'abaissent ; mais, après leur passage, il s'est à peine déplacé d'une manière visible.

Mais un petit corps léger nageant à la surface de l'eau suit tous les mouvements des particules d'eau voisines. Nous en concluons que celles-ci n'ont pas suivi l'onde, mais qu'elles sont revenues à la même place après quelques oscillations. Ainsi, ce que nous voyons voyager à l'état d'onde, ce ne sont pas les particules d'eau, ce n'est qu'une forme de la surface, forme qui se construit continuellement à l'aide de nouvelles particules d'eau. Les chemins parcourus par ces particules d'eau sont plutôt des orbites circulaires verticales, dans lesquelles elles se meuvent avec une vitesse constante, aussi longtemps que des ondes passent sur elles.

La ligne noire ABC de la figure 38 représente une sec-

tion de la surface de l'eau sur laquelle se propagent des ondes dans la direction des deux flèches placées au-dessus

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