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RÉFLEXION DU SON

Dans ce cas, le son est non-seulement renforcé, mais encore altéré ; en effet les réflexions sur les parois , par suite de la faible vitesse du son, prennent un certain temps et prolongent le son d'une façon plus ou moins sensible. Si la chambre est petite, cette prolongation n'est pas importante et peut être négligée. Mais quand la pièce a de vastes proportions, comme par exemple un théâtre, chaque note parlée , chantée ou jouée, peut se prolonger notablement ; elle se confond avec la note suivante et ce phénomène de résonnance peut devenir extrêmement désagréable si l'on n'y porte remède. La chose se produit dans tous les grands locaux clos et vicies, où la réflexion s'exerce librement. Il n'y a qu'un moyen pour remédier à cet inconvénient, c'est d'interrompre la continuité des grands murs. Les balcons d'un théâtre, les décorations entre les balcons, les galeries, les tentures, ne servent pas seulement à la commodité des spectateurs et ne relèvent pas seulement la beauté intérieure de la salle ; ils ont un but beaucoup plus important, celui d'empêcher les résonnances désagréables. C'est un des problèmes les plus difficiles pour un architecte que la construction d'une salle acoustique, c'est-à-dire, d'une salle où le son soit notablement renforcé, sans dégénérer en résonnance, et l'on peut dire que, dans un petit nombre de théâtres seulement, le problème a été résolu d'une manière satisfaisante.

La réflexion du son a été utilisée de différentes manières. La nature et l'art se sont donné la main pour résoudre quelques problèmes qui ne manquent pas d'intérêt. On connaît la célèbre oreille de Denys, où le plus petit bruit se change en une rumeur assourdissante. Les grandes coupoles de l'église de Saint-Pierre à Rome et de Saint-Paul à Londres sont construites de façon que deux personnes placées en des points opposés de la galerie interne, située sur le tambour de la coupole, peuvent se parler à voix trèsbasse. Le son se transmet de l'une à l'autre le long de la

courbure de la coupole. Des phénomènes semblables se rencontrent fréquemment sous les grandes arches des ponts, viaducs, etc., et il y eut une époque où les problèmes de ce genre étaient très-recherchés et souvent résolus par les architectes. Dans les vieux palais on rencontre souvent des chambres parlantes, des conduits de communication, etc. On peut démontrer d'une manière élégante la réflexion du son à l'aide de deux miroirs paraboliques MN, M'N

fig. 16.

(fîg. 16), placés l'un en face de l'autre, de façon que leurs centres soient situés sur la droite AA'. Si on place un corps sonore en un point spécial F, dit foyer, les ondes sonores vont heurter le miroir, sont renvoyés par réflexion vers le second miroir, et de là concentrés sur le second foyer F'.

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